Rien à dire. Non, n'insistez pas, je n'ai rien à vous dire. Bon, je sais que ça fait une semaine que je n'ai rien écrit ici, et cela après trois semaines d'absence, mais je n'ai toujours rien à dire. Certes l'actualité n'est pas pauvre, mais quel commentaire est utile devant la brutalité des faits? (je parle du Liban, pas de Zidane). Je ne vois qu'un seul point très positif dans l'actualité, il est d'ordre météorologique. Vu que nous n'avons pas eu beaucoup de mistral en juillet, il n'y a pas eu beaucoup d'incendies. Dommage pour Var Matin qui ne peut pas augmenter son tirage avec des unes pleines de flammes et un gros titre "ah les salauds" comme ils avaient fait lors du grand incendie des calanques il y a plus de quinze ans. Le genre de une à donner des vocations d'incendiaire à la pelle.

Je sais, vous allez encore dire que je m'en prends encore au journalistes, parce que je n'ai rien d'autre à dire. C'est un peu vrai. mais quand même! Admettez que la publicité qu'ils font aux pyromanes et aux pédophiles sous couvert du droit à l'info est quelque part malsaine et qu'elle suscite des imitations! Et comme en plus aujourd'hui, à l'heure où j'écris, il n'y a ni incendie ni crime pédophile à la une, mon reproche est mal venu et n'est que du remplissage de blog faute d'une meilleure inspiration.

Bon. J'arrête sur les journalistes.

C'est pas pour me vanter mais il fait chaud. Le plan canicule est en place. Très bien. C'est louable. Nous n'aurons peut-être pas le désastre d'il y a trois ans. Quel désastre? Beaucoup de vieux sont morts. La plupart seraient morts de toute façon un peu plus tard. Le ministre de l'époque, Mattéi, le seul ministre de la santé potable qu'il y ait eu en France depuis Michèle Barzac, a sauté à cause de ça. Or la plupart des victimes sont mortes certes de la chaleur, mais surtout de leur isolement social. Il semblerait, si j'en crois les journalistes (ça m'arrive! si!) qu'il y ait eu une prise de conscience à ce niveau et que les familles des vieillards isolés soient plus vigilantes. Si c'est vrai, l'essentiel est fait. la principale maladie du vieillard est la solitude.

Vous avez remarqué, personne ne dit plus vieillard. On parle du troisième âge. De la même façon on ne dit plus aveugle mais non-voyant, on ne dit plus sourd mais mal-entendant, on hésite à dire juif ou arabe on dit plutôt israélite ou maghrébin (ne pas confondre avec les habitants de Vitrolles qui ont été un temps des mégretbins), on a une pudeur avec les mots qui est censée adoucir la destinée de ceux que l'on nomme. On couvre les choses d'un voile pudique. C'est pourtant parfois si beau un vieillard (j'aurai un faible pour un vieillard maniaque, mais mon alcoolisme n'est pas dans le sujet). Un vieillard. Une enveloppe qui se lézarde et se fissure, dont la vie semble se retirer peu à peu, et souvent un regard où la vie se concentre de plus en plus dans une sorte de lumière magique. Mais on n'admet plus aujourd'hui que la mort fait partie de la vie. On ne reconnaît plus le droit à la mort naturelle d'exister. Si je savais créer un lien musical (si quelqu'un peut m'expliquer comment faire, il est le bienvenu) je lierais à ce billet deux chansons. Certes "Les vieux" de Jacques Brel, mais surtout "Bonhomme" de Georges Brassens. Une merveille.

Aujourd'hui, j'ai rendu visite à mes parents. Ma mère va avoir 84 ans demain. Et c'est cette lumière que j'ai trouvé dans ses yeux. Elle n'est plus qu'une enveloppe décharnée posée sur un fauteuil roulant, elle ne parle plus, mais le regard qu'elle m'a donné, décoré d'un sourire magnifique, donne une véritable idée du "beau". Elle est comme une chandelle dont le suif s'épuise, qui va s'éteindre bientôt faute de combustible. Elle est la vie.

Une photo de ma mère adolescente, avec ses deux frères, tous deux disparus :

Maman_et_ses_fr_res