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20 janvier 2020

Le climat vu par Jean-Claude Bourret

Réchauffement climatique :

Encore entendu ce matin, une députée (?) , expliquer l'importance de la taxe carbone, pour lutter contre la montée du niveau des mers...

Oubliant un léger détail, que je ne cesse de répéter ici, tant je suis effaré par l'inculture de certains responsables politiques :

L'Homme n'est pas responsable de la variation du niveau des mers.

Le niveau de CO2 dans l'atmosphère , a toujours varié au cours des cents derniers millions d'années.

Et le niveau des mers aussi : de moins 150 mètres à plus 250 mètres, soit...400 mètres de variation en cent millions d'années !

Alors quand j'entend la pub pour acheter une voiture hybride qui n'émet "que" 70 grammes de CO2 au km, je me demande combien de gogos, vont accepter d'investir dans de nouvelles technologies pour "sauver la planète"..;et les bénéfices de ceux qui nous dirigent et des gouvernements, via la taxe carbone ?!

 

https://www.dreuz.info/2019/12/19/europe-le-regne-des-charlatans-de-lecologisme/?fbclid=IwAR2sfdtLjpIjhrGz5kDLzh9zmHTXiW_35ixKAxs2YUSjm7PtzdmWbVXewyw

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Réchauffement climatique :

Prends bien conscience de l'arnaque.

1- La réchauffement climatique est réel, mais il est modeste (+ 0,7 en 120 ans) et surtout...il est NATUREL.

*Beaucoup de nos concitoyens confondent le réchauffement (naturel, et contre lequel nous ne pouvons rien...depuis des milliards d'années) et la pollution , dont nous sommes totalement responsables.

2- Ceux qui nous dirigent, propriétaires des grands médias, matraquent à longueur de journée ,l'équation bien connue :

Réchauffement climatique = dû à l'Homme qui émet trop de CO2 avec ses voitures.

Donc, il faut acheter de l'électrique. La preuve ? Pas une pub, sans qu'on te bassine avec le nombre de grammes de CO2 émis au km..;et le montant du "malus" qui va avec.

Et ça marche...de plus en plus.

Les pubs pour les voitures électriques - ou hybrides - se multiplient, tandis que le Diésel, le plus économique et le moins polluant, est considéré comme une atteinte à la vie même de la planète (alors que les Diesel, majoritaires partout, tournent depuis...plus d'un siècle !

Donc, en bon petit soldat au cerveau manipulé par les médias, tu as vendu ton Diesel (qui tourne maintenant en Afrique pour quarante ans) , et tu roules fièrement en électrique.

Bon, ça coûte cher à l'achat, mais dix fois moins en carburant...Super (c'est le cas de l'écrire)

Ben voilà...si tu veux voir un type - ou une nana- qui s'est fait avoir, t'as qu'à lire ça :

https://lesvoitures.fr/ionity-tarif-recharge-voitures-electriques-explosent/?fbclid=IwAR20nMzZvPZkUQkNDCKWLOZhG1jJg1fYRoI8NcO6YUMVLzv0OpQLZuSYvPE

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18 janvier 2020

Facebook : la censure

Je suis à nouveau exclu de Facebook pour un certain temps, pour avoir publié ça :

 

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Nous n'avons plus le droit de dire sur les réseaux sociaux que les migrants sont un problème et que nous soutenons ceux qui s'opposent à cette invasion.

Si un de mes lecteurs veut partager ce post sur mon blog sur Facebook je l'en remercie, je ne peux pas le faire, étant tricard chez eux pour quelque temps.

À Facebook, l'influx nerveux doit prendre l'escalier car ce n'est que maintenant qu'ils censurent une publication de novembre dernier.

 

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16 janvier 2020

Tramadol : danger ou pas danger?

L'analyse du "Monde" me parait correcte, le principal effet secondaire étant effectivement l'addiction et la dépendance. Celà concerne aussi les anxiolytiques de type benzodiazépines, qui ont en plus l'inconvénient de faire des dégats sur la mémoire.

Le Tramadol doit être évité le plus possible comme antalgique au long cours. Par contre son efficacité est souvent remarquable, évitant le recours aux vrais opiacés. Il est souvent mal toléré (10 à 15% des sujets), avec vertiges, nausées, malaises. Ces effets secondaires sont bénins, régressent très vite à l'arrêt du traitement et surviennent le plus souvent dès la première prise. Si vous l'avez supporté une fois, il ne vous embêtera plus.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/16/l-agence-nationale-du-medicament-place-sous-surveillance-le-tramadol-un-medicament-opiace_6026029_3224.html

A partir du 15 avril, les patients traités avec du Tramadol devront faire renouveler leur ordonnance tous les trois mois, contre douze mois jusque-là. Publiée mercredi 15 janvier, cette décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pour objectif de limiter les risques de dépendance et de surdosage liés à une consommation non maîtrisée de cet antalgique à base d’opiacés.Commercialisé sous différentes marques comme le Topalgic, sous forme de génériques, il peut être associé à du paracétamol (Ixprim, Zaldiare) ou à un anti-inflammatoire (Skudexum). Ce médicament est de loin l’opioïde le plus prescrit en France : en 2017, 6,8 millions de Français en avaient consommé au moins une fois dans l’annéeL’ampleur du problème est sans comparaison avec ce qui se passe aux Etats-Unis, où la surconsommation d’antalgiques opioïdes a causé près de 218 000 décès en moins de vingt ans. Mais les autorités s’inquiètent de la forte hausse des hospitalisations liées à un mauvais usage de ces médicaments – elles ont presque triplé entre 2000 et 2017 – et des décès par overdose – au moins deux cents par an.« Les médecins connaissent mal la molécule et les patients ne reconnaissent pas toujours les signes de dépendance », déplore Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments antalgiques et stupéfiants à l’ANSM. « Nous souhaitons débanaliser la prescription du Tramadol, notamment à la sortie de l’hôpital, où l’on donne souvent des ordonnances pré-imprimées aux patients », poursuit-elle.Les médecins le prescrivent pour soulager des douleurs importantes – après une intervention chirurgicale, par exemple –, mais la durée de prescription doit être la plus courte possible, car le Tramadol se révèle très addictif.« Certains patients présentent des symptômes de dépendance après seulement un mois », explique le professeur Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie et du centre de la douleur du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.« En outre, le sevrage est complexe, car le Tramadol agit à la fois comme un antidouleur et un antidépresseur », ajoute ce médecin, qui dirige l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA). Ainsi, certains de ses patients continuent d’en consommer pour soulager leur stress et leur anxiété, alors même que leur douleur a disparu.Les plus dépendants n’hésitent pas à faire du doctor shopping(nomadisme médical) pour obtenir de nouvelles ordonnances, quand ils ne les falsifient pas en ajoutant une ligne pour le Tramadol. Cet antalgique est, après la codéine, celui qui se retrouve le plus fréquemment sur les ordonnances falsifiées, constate l’ANSM. Le docteur Authier se souvient d’un patient venu le consulter après avoir atteint une consommation quotidienne de dix-huit comprimés. « Il avait fini par se faire prendre par l’Assurance-maladie et achetait son Tramadol par boîte de 100 sur Internet, raconte-t-il. La douleur liée à son accident de moto avait disparu, mais il l’utilisait comme anxiolytique. »

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14 janvier 2020

Génériques : obligation quasi-totale depuis le 1er janvier

Les médicaments génériques sont un énorme problème de santé publique. Voici ce que j'ai écrit à leur sujet dans un livre à paraître :

L’économie en matière de médicament semble passer par la généralisation des génériques. Les autorités et l’assurance maladie sont de plus en plus coercitives à l’encontre des médecins et des patients pour imposer le recours aux génériques. Les médecins sont parfois sanctionnés, lourdement, lorsqu’ils utilisent régulièrement la mention « non substituable » sans pouvoir la justifier aux yeux de l’assurance maladie. Les derniers cas signalés montrent des amendes de trois mille euros. Les patients qui exigent le médicament princeps à la pharmacie ne peuvent plus bénéficier du tiers payant pour cette prescription et subissent une pénalité financière.

Les génériques posent-t-il des problèmes ? Oui.

Ce n’est pas toujours la même chose. Il peut y avoir une tolérance de 10 à 15% sur la quantité de principe actif. L’excipient est libre, souvent peu soigné et allergisant. Une de mes patientes faisait des allergies cutanées importantes avec le captopril générique et n’en faisait pas avec le médicament princeps, le Lopril.

Les productions de masse du sud-est asiatique sont souvent frelatées, au mieux inefficaces, au pire toxiques, comme le montrent les exemples récents du Valsartan et du l’Irbesartan dont beaucoup ont dû être retirés rapidement du marché compte tenu d’un effet cancérigène avéré. Corollaire : impossibilité de trouver le produit pendant des mois. Depuis l’été 2018, des traces d’impuretés potentiellement cancérigène - plus précisément de la N-nitrosodiméthylamine (NDMA) et de la N-nitrosodiethylamine (NDEA) - ont été détectées dans des lots de médicaments contenant du Valsartan. Il en a été de même avec l’Irbésartan des laboratoires Arrow.

Les médicaments originaux, le Tareg et son co-marketing le Nisis pour le Valsartan, l’Aprovel pour l’Irbésartan n’ont jamais posé de problème, mais sont devenus indisponibles face à la demande accrue, n’étant quasiment plus fabriqués. Les génériques avaient tué leur production. Je me souviens aussi d’une forme de Metformine dont le comprimé réapparaissait intact dans les selles du patient ! Bonjour l’efficacité. Au moins il n’y avait pas d’accident lié à l’intolérance ! Sauf peut-être des blessures d’hémorroïdes.

 Et puis surtout il y a une méconnaissance ahurissante de la part de ceux qui réglementent et légifèrent, à l’égard du rapport entre le patient et son médicament :

« Vous prenez quel traitement ? »

« C’est une petite pilule rouge dans une boite blanche et bleue. »

« Il s’appelle comment votre remède ? »

«  Je ne sais pas, et puis maintenant avec les génériques les noms sont très compliqués, je n’arrive pas à me les rappeler. »

« Et vous le prenez pour soigner quoi ? »

« Le docteur me l’a donné en disant qu’il ne fallait pas que je l’arrête. »

Si le patient n’a pas son ordonnance sur lui, c’est un coup de fil à son pharmacien qui me donnera la réponse.

C’est ce genre de choses trop ignorées qui a fait que j’ai eu un mort aux génériques. Un de mes patients prenait trois comprimés par jour d’un produit à visée circulatoire et de l’aspirine. En raison de troubles du rythme cardiaque faisant courir le risque d’un accident embolique, j’ai dû arrêter l’aspirine et prescrire un anticoagulant. À la pharmacie on lui a donné son anticoagulant, et on a remplacé son médicament à visée circulatoire par un générique. Malheureusement le comprimé du générique ne ressemblait pas du tout ni en forme ni en couleur au produit dont il avait l’habitude. Par contre l’anticoagulant était de la même couleur que son médicament habituel. Le patient, bien que le pharmacien lui ait expliqué clairement le mode d’administration en lui donnant ses médicaments et en marquant la posologie sur la boite, a inversé les posologies, avec un comprimé au lieu de trois de son médicament habituel et trois comprimés au lieu d’un de son anticoagulant. Le jour du contrôle biologique de son anticoagulation, trois ou quatre jours plus tard, il a présenté une hémorragie digestive massive et fatale. Depuis je fais attention à bien prescrire des médicaments non substituables lorsqu’ils ont un aspect particulier en forme ou en couleur, surtout chez les personnes âgées.

À noter que les médecins doivent normalement prescrire en dénomination commune et non en nom commercial. La compréhension de son traitement par le patient est-elle favorisée lorsqu’on remplace « Hytacand » par « Hydrochlorothiazide-Candésartan » ou « Augmentin » par « Amoxicilline-Acide Clavulanique » ?

Il y a une riposte intéressante des laboratoires pharmaceutiques. Les génériques leur posent un gros problème, car le brevet est souvent pris au début de la phase de recherche clinique et lorsque le médicament sera commercialisé il ne restera pas toujours beaucoup de temps pour le rentabiliser. Retarder la prise du brevet est risqué, la molécule n’est alors pas protégée et peut être copiée. Beaucoup de laboratoires produisent alors eux-mêmes sur la même chaine de fabrication le médicament original et le générique qui sont rigoureusement identiques et sont simplement commercialisés sous des noms différents, avec également un nom de laboratoire différent, le générique étant commercialisé par une filiale. Pour certains produits vraiment vitaux, comme le Clopidogrel, soit je prescris le médicament original, le Plavix, avec la mention « non substituable », soit je m’assure que le pharmacien dispose bien du générique adéquat. Il n’empêche que si on n’a pas l’information précise – et elle n’est quasiment pas accessible au grand public – il est impossible de connaître la provenance d’un générique, même produit par un laboratoire français ou européen. Il peut être importé d’un pays douteux d’Asie du Sud-est, ce n’est pas du tout transparent. Le seul moyen d’être rassuré est de prendre un générique produit par une filiale du laboratoire qui fabrique l’original. Les publicités télévisées de fabricants de génériques qui lavent plus blanc que blanc et sculptent des joyaux en guise de médicaments avec comme seul obsession le souci de votre santé sont proprement mensongères et scandaleuses. Ils importent des produits douteux du sud-est asiatique comme les autres.

La politique du générique est une recherche d’économies qui risque d’être très coûteuse.

En ce qui me concerne, chaque fois qu'un patient avait des difficultés pour identifier ses médicaments, je mettais la mention "non substituable" pour éviter les erreurs. Je ne peux plus. Depuis le premier janvier 2020, sauf cas listés exceptionnels le patient devra payer, tiers payant refusé, et être remboursé sur la base du générique, souvent une vingtaine d'euros d'écart sur une boite. 

Il y aura des accidents, souvent mineurs, allergiques.

Il y aura des morts par confusion du patient.

 

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Hôpital : sabordage organisé

1200 praticiens hospitaliers dont beaucoup de patrons démissionnent collectivement. L'insuffisance de moyens est criante.

https://www.bfmtv.com/societe/plus-de-1000-medecins-hospitaliers-ont-envoye-une-lettre-de-demission-collective-a-agnes-buzyn-1840164.html

Ce qui n'est pas dit, c'est qu'elle est voulue et programmée.

Le but des grands financiers qui dirigent et guident les marionnettes qui nous gouvernent est de saborder l'hôpital public, qui coûte cher et ne rapporte rien au profit de l'hospitalisation privée qui rapporte un max à la grande finance. L'hôpital sera désormais destiné à prendre en charge ce qui ne rapporte pas d'argent : cas sociaux, urgences surtout chez les insolvables qui ne bénéficieront plus bientôt des soins que leur état requiert, et surtout, le moins possible de plateau technique, le moins possible de ce qui coûte le plus cher (la masse salariale). Vous pouvez râler, protester, démissionner, c'est programmé. Et n'oubliez pas que TOUS les mé(r)dias ou presque appartiennent à ceux qui ont défini ce programme!

Toute personne qui a voté Macron, la marionnette principale chez nous, ou n'a pas voté contre lui, est complice de ce qui arrive.

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08 janvier 2020

Climat : la démonstration

Cette conférence brillante de Vincent Courtillot date de 2011.

Elle est soigneusement ocultée car elle démontre que :

- Il n'y a plus de réchauffement depuis la fin du XXè siècle

- Le CO2 ne peut pas être mis en cause

https://www.youtube.com/watch?v=dPpMdr9VqUY&feature=youtu.be&fbclid=IwAR2WnSSywPlN-W0TcPWPjmLX4u9sWvU7d2skG1WpvTw4NpcsygajJsK0_eU

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06 janvier 2020

Médiator. Servier toujours aussi pourri

Le procès Médiator reprend. Voici les dernières nouvelles qui montre comment ce laboratoire est vraiment pourri, mêma après la mort du "Maître".

Je rappelle qu'en ce qui me concerne :

- Je n'en ai jamais prescrit

- J'ai toujours demandé à mes patients qui en prenaient de l'arrêter

- Lorsque leur médecin leur re-prescrivait le produit malgré mon avis, je leur disais de changer de médecin. Ce n'était pas très déontologique mais leur peau était en jeu.

- Je n'ai jamais, jamais, jamais, pu obtenir le dossier toxicologique complet du produit auprès de Servier, il manquait toujours la "toxicité de groupe" qui signe la nature amphétaminique du produit.

Voici la dernière actu en date sur le sujet :

Mediator : Servier accusé de double discours

Alors que le procès du Mediator reprend ce lundi, plusieurs associations dénoncent les méthodes du laboratoire pour réduire l'indemnisation des victimes.

Le 11 décembre dernier, Hervé Témime avait créé la surprise en présentant solennellement les excuses du groupe Servier à l'une des victimes du Mediator, un coupe-faim toxique que le laboratoire pharmaceutique a commercialisé pendant plus de trente ans en le présentant comme un médicament contre le diabète. L'avocat personnel de Jacques Servier, qui continue de représenter le groupe fondé par cet ancien pharmacien décédé en avril 2014, avait demandé pardon à Cathy Kolozsvari, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Face à cette femme de 70 ans, qui exposait à la barre les graves problèmes de santé contractés après avoir consommé du Mediator pendant neuf ans et pris, précédemment, un autre produit dangereux des laboratoires Servier : l'Isoméride, retiré du marché en 1997, les regrets formulés au nom de l'accusé semblaient signifier une reconnaissance des fautes commises par les mis en cause.

Réduire les indemnisations

À l'heure où reprend le procès du groupe pharmaceutique, de quelques-uns de ses dirigeants, mais aussi de l'Agence du médicament et d'une poignée d'experts qui ont contribué à mettre sur le marché ce dérivé d'amphétamine accusé d'avoir tué autour de 2 000 personnes, plusieurs associations d'usagers, de patients et de victimes de cette molécule dénoncent publiquement le double discours du groupe Servier. La plupart des associations signataires de ce document participent au conseil d'orientation de l'Oniam (l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux) qui instruit les dossiers des victimes du Mediator.

Telle France Association Santé qui rassemble divers mouvements représentants des malades, l'Association nationale de défense des intérêts des victimes d'accidents des médicaments (AAAVAM), l'Association des malades, aidants et transplantés en raison d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP France). Mas aussi Le Lien et l'association d'aide aux victimes de l'Isoméride et du Mediator (Avim) et le Conseil Aide & Défense des usagers de la santé (Cadus). L'UFC-Que Choisir est également cosignataire du communiqué où ces organisations indiquent avoir « pris connaissance avec indignation d'un courrier adressé le 18 octobre 2019 par les avocats du laboratoire Servier au directeur de l'Oniam. » 

Dans ce document, le laboratoire Servier conteste vigoureusement les outils d'évaluation du déficit fonctionnel des victimes du Mediator opérées à cœur ouvert. Et notamment la méthode suivie par le collège d'experts de cette instance pour calculer les indemnisations d'un peu moins de 9 500 victimes. Cette réaction du laboratoire Servier semble dictée par le souhait du groupe de minorer le préjudice subi par les victimes du Mediator et, par voie de conséquence, de réduire le montant des sommes versées pour réparer les dommages endurés. Interrogés sur ce point, ni le groupe Servier ni l'Oniam n'ont répondu à nos demandes d'explication à l'heure où sont écrites ces lignes.

Les outils d'évaluation critiqués par Servier permettent de déterminer, à partir d'un barème indicatif datant de 2003, le niveau d'indemnisation des dommages subis par les malades. « (Ils) sont indispensables pour éclairer l'examen au cas par cas des irréversibles conséquences découlant des blessures cardiaques causées par le Mediator et guider des prises de décisions harmonisées et cohérentes », souligne le communiqué commun des associations.

« Ce sont des larmes de crocodile »

Celles-ci dénoncent le cynisme du groupe Servier qui « estime (…) que les victimes ayant subi une chirurgie cardiaque, consistant en l'amputation des valves cardiaques remplacées par des prothèses palliatives, devraient se satisfaire de cette réparation et revoir leurs prétentions indemnitaires à la baisse » ! Les victimes rappellent que ces lourdes interventions à cœur ouvert « entraînent un handicap lourd et définitif pour ceux qui survivent à cette opération à haut risque ». L'audition des victimes du Mediator reprend le 6 janvier.

Bien que le PDG du groupe Servier, Olivier Laureau, ait déclaré, à l'ouverture du procès pénal historique du Mediator le 23 septembre 2019, éprouver des regrets devant les conséquences du Mediator, les victimes doutent de plus en plus de la sincérité de cette déclaration. « Ce sont (…) des larmes de crocodile qui sont versées tandis que, parallèlement à la tenue du procès, se poursuivent sans relâche contestations, minimisations et insinuations diverses de la part de la firme face aux demandes légitimes de réparation formulées par des milliers de victimes de ce coupe-faim mortel, maquillé en anodin adjuvant du diabète. Il est inacceptable que ces victimes doivent encore se battre pour juste se faire respecter lors de ces démarches », pointent-elles en exprimant « leur révolte face au double langage du laboratoire Servier et de ses dirigeants et espèrent que le procès pénal en cours permettra de mettre enfin un terme à un déni sans fin ».

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Épiphanie c'est aujourd'hui

L'Epiphanie c'est le 6 janvier, et non le premier dimanche de janvier comme le calendrier de l'église moderne le prétend, juste pour pouvoir recruter plus de fidèles à la messe pour cette fête... Ce mot veut dire "apparition", et ici il se réfère à l'hommage rendu par les Rois Mages à Jésus nouveau-né.

Les Rois Mages symbolisent l'universalité de Jésus par leur nombre, leur caractère multiracial et leur provenance lointaine. Mais aussi par la nature des cadeaux qu'ils apportent.

Melchior (plus exactement Melki-Or, le Roi de l'Or, en hébreu) offre l'or, symbole du pouvoir temporel et royal. Jésus est reconnu comme Roi.

Gaspard apporte l'encens qui symbolise par sa fumée odorante qui monte vers le ciel le pouvoir sacerdotal, il consacre Jésus comme Prêtre.

Balthazar apporte la myrrhe qui consacre Jésus comme Prophète, item où se réunissent les deux précédents.

A noter que Mahomet, sans Rois Mages, a reçu la même triple investiture par l'Archange Gabriel. Un ange ou un archange n'est pas un individu, mais une théophanie, c'est à dire une manifestation de Dieu adaptée aux circonstances et à la nature de l'action.

Jésus n'est pas encore le Christ, ce mot grec signifie "qui a reçu l"onction". Il ne l'a pas encore reçue. Le mot hébreu Messie (Messiah) signifie exactement la même chose : "qui a reçu l'onction" ET RIEN D'AUTRE ! Les discussions que l'on entend çà et là pour savoir si le Christ est ou non le Messie sont navrantes de stupidité, il s'agit du même mot dit en grec ou en hébreu.

La date n'est pas anodine. Les fêtes chrétiennes son articulées autour de deux calendriers :

Calendrier solaire, les fêtes fixes : Noël, Epiphanie, Trinité, Assomption, Toussaint...

Calendrier lunaire, les fêtes mobiles : Pâques (le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps), ascension, Pentecôte.

Le décalage entre l'année solaire et l'année lunaire est de plus de douze jours mais pas tout à fait treize. C'est exactement le décalage entre Noël et l'Épiphanie. La date du 6 janvier permet d'ancrer le calendrier mobile sur le calendrier fixe par ce décalage lune-soleil. Avoir changé cette date montre la grande ignorance de l'Église sur le sens des choses.

Ceci dit, bonne galette, moi j'aime la frangipane.

 

OIP

 

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26 décembre 2019

Climat : le temps des faussaires

Climatologie : aspects de la désinformation actuelle

Extrait de la Lettre d’information n° 12 de Jean Claude Pont 

Jean-Claude Pont est mathématicien et historien des sciences, ancien titulaire de la chaire Histoire et Philosophie à l’université de Genève (professeur émérite). Il a été aussi guide de haute montagne.

Jean-Claude Pont est membre du comité scientifique de l’association des climato-réalistes.

Notre Lettre d’information 12 est principalement consacrée à l’examen critique de l’étude publiée en juillet 2019 par le « Oeschger Centre for Climate Change Research » de Berne. Les thèses présentées dans cette étude – si elles étaient établies – constitueraient un argument non négligeable dans la lutte engagée par la climatologie officielle contre le climato-scepticisme. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’elle a été reprise par l’ensemble de la presse. Notre analyse révélera les faiblesses de cette étude, faiblesses qui ôtent toute la portée qu’elle aurait pu revêtir dans le débat avec la pensée climato-réaliste (ou climato- sceptique).

L’importance du débat : les enjeux

En juillet 2019, le « Oeschger Centre for Climate Change Research » (OCCR)[1] publiait le résultat de ses travaux dans deux articles, parus simultanément dans les revues Nature et Nature Geoscience, le Centre publiant de son côté (24 juillet 2019) un article vulgarisé, qui reprenait les principales thèses qui s’y trouvaient.

Le morceau était de choix. Les presses suisse et française s’en donnèrent à cœur joie : une présentation étendue dans la matinale de la Radio suisse romande, un article fouillé dans le quotidien Le Temps[2], des grands titres dans Le FigaroLe Point, etc. Il faut dire que le groupe bernois apportait au monde une nouvelle retentissante. Le titre que l’on voit à l’article publié par le Centre (OCCR) promettait en effet le Graal : « Le climat se réchauffe plus vite qu’il ne l’a fait dans au moins les 2000 dernières années. »

« We have to get rid of the Medieval Warm Period [3]»

L’importance d’une telle affirmation échappera probablement à qui n’est pas familier avec les arcanes du débat climatologique. C’est par là que je commencerai donc. Je m’emploierai ensuite à montrer que le contenu des résultats ne tient pas les promesses annoncées, et qu’il s’en faut même de beaucoup.

L’enjeu réside au plus profond du débat entre réchauffistes et climato-sceptiques. Un retour sur l’histoire est nécessaire. Les travaux pionniers de Le Roy Ladurie avaient montré que durant cette période qu’il est convenu de nommer « le petit optimum du Moyen Age » (env.

700-1350), le climat en Europe avait été au moins aussi chaud que celui d’aujourd’hui. Cela remettait grandement en question la thèse centrale, qui tient le haut du pavé depuis la création du GIECS’il avait pu faire au moins une fois aussi chaud dans la période « d’avant le CO2 », il en serait fait du noyau dur des thèses défendues par le GIEC.

Comment, en effet, rendre compte de températures que nous prétendons aujourd’hui ne pouvoir s’expliquer que par l’activité humaine, dans ces époques qui n’avaient ni industrie ni taux de CO2 élevé. Cela reviendrait à s’en remettre à la variabilité naturelle, une notion pour laquelle les forces de l’obédience giécienne ne manifestent pas une sympathie particulière. Sauf lorsqu’elle sert leur propre cause (voir à ce propos mes Lettres d’information, nº 5 : pp. 1-2, 5-6, 9, 11 et nº 9 : pp. 4-5).

Une première tentative en vue d’éradiquer ce trublion que fut le petit optimum du Moyen Age a été celle de Michael Mann et de sa courbe (le « hockey stick » ou « courbe en crosse de hockey »)[4], dont des études multiples et avisées devaient montrer l’inanité ; au point que le GIEC, qui en avait fait sa tasse de thé, s’était résolu à l’éliminer de ses rapports. On avait aussi assisté à des tentatives de minimiser la valeur des travaux de Le Roy Ladurie. Mais rien qui ne tienne la route, et ce n’était pas faute d’avoir essayé.

Nous allons voir que les résultats publiés par le Groupe Neukom [5]remplissent exactement cette fonction sinon d’éradication, du moins de disqualification de l’optimum du Moyen Age. Il y a toutefois un bémol, qui a échappé aux laudateurs, ou aux lecteurs rapides, et avides, de ces articles. Le titre de l’article du Groupe Neukom est en effet beaucoup plus nuancé[6] : « Il n’y a pas de preuve pour des périodes de chaud et de froid globalement cohérente pour l’ère chrétienne. » Je reviendrai plus bas (p. 9) sur l’importance de cette petite phrase. Cette réserve n’empêche pas les auteurs du texte OCCR d’écrire : « Il a été montré [dans les travaux du Groupe] que les périodes de chaud et de froid dans les 2000 dernières années n’étaient pas des phénomènes synchrones sur l’ensemble de la planète. » Le fait qu’il n’y  ait « pas de preuve » pour une thèse T ne veut pas dire que sa négation soit « démon- trée » !

Quoi qu’il en soit, c’était du pain bénit, comme on dit dans la langue des religions ! Exit l’argument du climato-scepticisme que je viens de rappeler. Le quotidien Le Figaro ne s’y est pas trompé, qui écrivait en gras et en caractères de titre : « Stopper les climato-sceptiques » ; et dans le texte : « Ces études devraient enfin stopper les climato-sceptiques qui prétendent que le réchauffement climatique observé récemment s’inscrit dans un cycle climatique  naturel. » On reprenait ici une remarque de Mark Maslin, de l’University College de Londres.

Présentation des thèses du Groupe Neukom

Je propose une analyse critique de l’article du Groupe Neukom, à partir d’une déconstruction des arguments avancés dans l’article OCCR. Pour ce faire, je les présente sous forme de thèses.

Thèse 1[7]

« Contrastant avec les fluctuations climatiques de l’époque préindustrielle, le changement climatique anthropogénique est apparu dans le monde entier en même temps. »

Thèse 2 (corollaire Thèse 1)

« A l’époque préindustrielle, les ”fluctuations climatiques anthropogéniques” n’avaient pas lieu en même temps partout sur le globe. »

  Commentaire sur les thèses 1 et 2

  • Le choix des mots éclaire sur le contexte dans lequel évolue la pensée d’un auteur, surtout ceux dont l’apparente innocence masque peut-être l’arrière-plan des motivations profondes.

Ainsi du terme « préindustriel », utilisé à l’envi dans les articles mentionnés. D’où peut provenir un tel mot, quel est son message crypté ? « Préindustriel » permet, mine de rien, de lier la question de la température à celle de l’activité humaine. C’est la période industrielle qui induirait l’extension du réchauffement climatique en même temps à l’ensemble de la planète. Autrement dit, pas d’industrie, pas de réchauffement global et simultané.

Ce terme implique aussi, puisqu’une période plus chaude a débuté dans les années 1850, que l’époque industrielle commence à ce moment-là. Mais ce n’était peut-être pas ce que les auteurs souhaitaient laisser entendre.

  • Que disent les thèses 1 et 2 ? Que les climato-sceptiques auraient indûment étendu les fluctuations climatiques de l’ère préindustrielle à l’ensemble de la Planète[8]. Or, rien de tel n’a jamais été avancé par nos milieux : nous n’aurions pas eu l’outrecuidance d’oser de telles affirmations en l’absence de données – contrairement à ce qui est devenu monnaie courante de nos jours ! Ce qui a été soutenu par nous à la suite de Le Roy Ladurie et de tant d’autres, c’est l’existence entre 700 et 1350 environ, d’une période au moins aussi chaude que celle que nous vivons (« petit optimum du Moyen Age »). Ce qui a été dit, c’est que cette période est suivie à partir de 1350 d’une période plus froide jusque vers 1850 (« petit âge glaciaire »). Ce qui a été dit c’est que les glaciers ont recouvert l’Europe jusque vers 11 000 av. J.-C., pour se retirer ensuite, sans que l’homme y soit pour quelque chose. C’est que, par exemple, le Grand Glacier d’Aletsch a été bien plus réduit qu’aujourd’hui, mais aussi bien plus étendu, etc.

On mesure incidemment la portée possible des deux thèses associées : faire accroire que, dans notre ignorance ou dans notre désir d’impatroniser nos convictions, nous aurions procédé à une généralisation hâtive et indue. Si telle n’était pas la pensée des auteurs, c’est assurément de cette façon que l’entendra le lecteur.

  • Mais relevons encore, en lien avec la thèse 2, ce commentaire de Raphael Neukom : « Il est vrai que durant le petit âge glaciaire il faisait généralement froid sur la totalité du globe, mais pas partout en même temps. » Et l’auteur de renforcer tout de suite le poids de cette affirmation : « Les pics de périodes froid/chaud dans les périodes préindustrielles eurent lieu dans des temps différents en des endroits différents. »

La climatologie officielle a toujours été fortement gênée par ce « petit optimum médiéval », un vieux trublion. Son éradication avait échoué, la courbe de Mann avait fait long feu, il fallait une hypothèse salvatrice pour le disqualifier. La publication du Groupe Neukom joue très précisément ce rôle : l’optimum du médiéval a bien eu lieu, mais pas partout en même temps. Je reviendrai sur ce point dans la conclusion.

Thèse 3

« La vitesse [de changement] du réchauffement global est supérieure à ce qu’elle a été au moins pendant les derniers 2000 ans. »

Rappelons, une fois de plus, que la hausse de température reconnue par le GIEC lui-même est de 0,7 ºC en 120 ans. C’est bien sûr là une augmentation modeste, quoi qu’on en dise.

Rappelons aussi que les méthodes utilisées pour l’établir ne peuvent pas recourir à des mesures thermométriques, mais sont obtenues en recoupant toutes sortes de méthodes prag- matiques, qui perdent de leur efficacité à mesure que l’on recule dans le passé.

Thèse 4

« La période de 50 ans la plus chaude des 2000 dernières années est apparue sur plus du 98% du globe au XXe siècle. »

  Commentaire               

Cette phrase figure en légende d’une gravure, qui montre sur l’ensemble du globe une minuscule tache jaune, immergée dans un immense domaine rouge simulant la chaleur sur la totalité des continents. La mise en rouge de la quasi-totalité de la surface du globe peut laisser croire au lecteur qu’il s’agirait d’une carte réelle.

Il convient de contraster ces  affirmations  péremptoires  par  un  rappel  des  conditions de mesures de températures effectuées aux USA, qui ont  servi  de  base  à  la détermination de la température moyenne (j’en ai présenté le détail dans ma Lettre d’information 3[9]).

Pour rappel [10]:

  • Le 89% des stations sont ineptes, elles ne satisfont  même  pas  aux  directives instaurées par la NOAA[11] !
  • Le 20% des stations produisent une erreur de température supérieure à 1 ºC.
  • Le 58% une erreur supérieure à 2 ºC.
  • Le 11% une erreur supérieure à 5 ºC.

De surcroît, les données de l’USHCN sont considérées comme les meilleures du monde et sont de ce fait largement distribuées sur le globe.

Thèse 5

On trouve dans le quotidien Le Temps (voir note 5) une déclaration de George Scott, géographe de l’Université du Minnesota, dans un commentaire de l’étude du Groupe Neukom. Elle constitue une variante de certaines thèses que je discute ici : « Même quand on repousse notre perspective jusqu’aux débuts de l’Empire romain, nous ne pouvons retrouver un événement qui se rapprocherait un tant soit peu – que ce soit en degrés ou en étendue – du réchauffement des dernières décennies. Le climat actuel se distingue par sa synchronie torride et globale. »

Notons l’adjectif « torride », que n’hésite pas à utiliser le géographe, alors qu’il s’agit de  0,7 ºC en 120 ans. Quand sa démarche est (en partie ?) conditionnée par des préoccupations idéologico-politiques, il faut savoir parler aux mots !

Thèse 6

« Il a fait extraordinairement froid en Europe durant plusieurs siècles, comme le prouvent un grand nombre de reconstructions. »

  Commentaire               

C’est là une thèse admise notamment depuis les travaux de Le Roy Ladurie. Ce froid ne pouvait pas être porté au crédit de l’activité humaine ! Un phénomène inexplicable, qu’il faut bien en fin de compte attribuer à la variabilité naturelle – la climatologie officielle ne manque pas de le faire lorsqu’elle est confrontée à une situation gênante (voir        ma Lettre d’information 5). Au demeurant, si la Nature a été capable de produire un     tel froid, ne pourrait-elle pas, aujourd’hui produire d’elle-même l’inverse, c’est-dire un réchauffement ?

Hypothèse des auteurs de l’article OCCR à propos de la non-contemporanéité des phénomènes de réchauffement du passé

La non-contemporanéité des événements climatiques à « l’ère préindustrielle » « aurait été principalement influencée par des fluctuations aléatoires à l’intérieur du système lui-même ». Les auteurs soutiennent que ni les éruptions volcaniques ni l’activité solaire n’ont été assez intenses pour causer du froid ou du chaud, dans l’ensemble de la planète durant des décennies ou des siècles entiers.

Le Temps précise le point de vue : « En revanche, les auteurs n’ont pas identifié de connexion entre l’activité du Soleil et les transformations du climat – une explication parfois avancée pour nier le rôle de l’être humain dans les changements climatiques. » Raphael Neukom de son côté (cité par Le Temps) note : « Durant la phase préindustrielle, ce sont les éruptions volcaniques qui expliquent le mieux les variations du climat, par leur effet refroidissant persistant. »

  Commentaire               

  1. Cette dernière affirmation, qui contredit partiellement ce qui précède, est gratuite, les informations manquant à peu près complètement pour l’étayer.
  • Ainsi le Soleil, qui est un astre variable et donc dispensant une  énergie  fluctuante, ne serait pour rien dans les variations de températures sur Terre, parce que « les auteurs n’ont pas identifié de connexion ».

Dire que cette « explication [solariste] est parfois avancée », mérite un seul com- mentaire : l’auteure de l’article du Temps est mal informée, ou prisonnière de la spirale idéologico-politique dans laquelle s’inscrit aujourd’hui la climatologie officielle. En fait cette explication est omniprésente dans le discours des climato-réalistes. On est ici en présence d’un exemple très parlant pour les soubassements idéologiques du choix des mots.

Analyse critique des méthodes utilisées par le Groupe Neukom

Les méthodes auxquelles les auteurs ont recouru dans la publication dont il est question ont trouvé leurs lettres de noblesse dans les travaux pionniers d’Emmanuel Le Roy Ladurie (voir mon livre pp. 79-88) et sont devenues classiques depuis : examen des cernes des arbres, des sédiments lacustres, des coraux, de carottes de glace, etc. Leur but était notamment de caractériser « l’évolution des températures moyennes annuelles au cours des derniers 2000 ans »en observant les tendances sur cinq époques « préindustrielles ».

Les méthodes de Le Roy Ladurie sont intelligentes et efficaces, au moins dans la mesure où on ne leur demande pas de faire ce qu’elles ne sauraient faire. C’est bien connu, les meilleures méthodes perdent de leur pertinence au fur et à mesure que l’on s’éloigne de leur domaine de définition.

Petit intermède sur les coraux

Le blanchiment des coraux est l’un des chevaux de bataille de  la  climatologie  officielle.  Je donne à ce propos un aperçu des recherches récentes effectuées par le « Scripps Institution        of Oceanography and engineers at UC San Diego »[12] . Les  chercheurs  ont  imaginé  un  nouveau software16 permettant d’analyser les capacités de récupération des coraux, après blanchiment dans des eaux chaudes de la région de l’Atoll Palmyra (Pacifique tropical).[13]

Le résultat est convaincant et devrait donner à réfléchir à ceux qui usent de l’argument relatif aux coraux dans les affaires climatiques. Voici quelques extraits tirés de cet article. « En 2015 à Palmyra, l’eau la plus chaude depuis le début des mesures a déclenché un large  blanchiment des coraux affectant jusqu’à 90% de la population. Les chercheurs trouvèrent qu’en dépit de l’étendue du blanchiment, la grande majorité des coraux avait récupéré, avec moins de 10% de mourants. »

Jen Smith, un coauteur du papier, écrivait de son côté : « En dépit de la grande chaleur, les coraux ont été capables de récupérer sans déplorer une mortalité marquante. Ces décou- vertes apportent certainement en même temps un contrepoint au déclin général de la santé des coraux rapporté dans le monde. »

Adéquation des méthodes au champ de la recherche

L’analyse critique des méthodes mises en œuvre par le Groupe Neukom doit prendre en considération leur adéquation à ces deux variables centrales du champ examiné que sont la durée de la période et l’étendue de la surface terrestre envisagées:  2000  ans  c’est  beaucoup et la Terre entière c’est vaste (500 millions de km2, 50 fois l’Europe).

L’étendue du champ : Imaginons que les 500 millions de km2 que compte la surface terrestre soient subdivisés en 1000 parcelles judicieusement choisies et supposons que les valeurs de la moyenne finale soient indépendantes du mode de découpage, ce qui n’est pas a priori évident. Leur extension serait alors de 500 000 km2, à peine moins que la France. Dans  chacune des parcelles il s’agirait de découper la durée de 2000 ans en tranches temporelles, disons en siècles, soit 20 siècles et, pour chacun d’eux dans chacune des 1000 régions retenues, examiner les cernes des arbres (en admettant que tous se comportent de la même manière eu égard à la constitution de leurs cernes), examiner les sédiments lacustres, les mouvements des glaciers, etc.

A quoi il faut ajouter le fait que plus du 80% de la Terre est constitué par des montagnes, des régions inaccessibles, des forêts impénétrables, des océans. On aimerait savoir, par exemple, comment ce travail pourrait s’exécuter sur l’étendue de l’océan Pacifique (161 millions de km2, 16 fois l’Europe). Etablir des moyennes dans cet immense caravansérail c’est comme si au tennis on faisait des moyennes entre 15-30, 40-30, avantage, 0-15 ! Pour le dire en termes plus techniques, comment construire des moyennes sur la base de proxies[14], alors que l’ordre de grandeur des températures en jeu est au plus de 1 ºC ?

La mesure des erreurs sur les valeurs en cause (ou en question) : Parmi les techniques communes à toutes les sciences qui engagent des mesures, ou des résultats pouvant se traduire en chiffres, figure l’évaluation de l’erreur que l’on commet à l’occasion de ces « mesures ». Par exemple, effectuons une mesure avec un mètre et admettons que l’erreur sur la lecture se situe entre – 2 mm et + 2 mm. Admettons en plus que la grandeur que l’on a mesurée soit de 5 cm. Alors s’écrira :

= 5 ± 0,2 cm. Au demeurant, il est inutile d’ajouter trois décimales alors que l’on n’est pas sûr de la partie entière du résultat.

Où placer la limite pour qu’une erreur soit tolérable ? C’est l’erreur relative – rapport entre l’erreur estimée et la grandeur mesurée – qui donne la meilleure indication. Dans l’exemple précédent elle est de 4%. Dans la vraie vie, des erreurs supérieures à 20% rendent la méthode inopérante. Cela ne signifie pas qu’elle soit intrinsèquement mauvaise, mais plutôt que l’on a dépassé son domaine de validité eu égard au matériau dans lequel elle a été  engagée.

Revenons à la question qui nous occupe. Selon les déclarations largement diffusées par le GIEC, le réchauffement a été de 0,7 ºC en 120 ans. Une erreur relative de 20% serait égale à 0,14 ºC. Qui pourrait penser que l’appareillage conceptuel complexe engagé dans sa recherche par le Groupe Neukom, avec les diverses faiblesses relevées précédemment, serait en mesure de conduire à un résultat de cette précision ?

Peut-être impatient d’annoncer au monde une nouvelle spectaculaire, et attendue par le milieu de la climatologie officielle, le Groupe Neukom s’est-il enlisé dans le même système d’erreurs que celles qu’il a reprochées aux travaux de ses prédécesseurs tout au long de son étude ?

En bref, comment peut-on être péremptoire, avec des affirmations à ce point dogmatiques, alors que les outils sont à ce point imprécis et aléatoires, quand sont concernées l’immensité de l’espace et la vastité de la durée en jeu ?

Sur un commentaire de Raphael Neukom : On lit dans le journal Le Temps (voir note 5) cette affirmation de Raphael Neukom : « Notre analyse montre que le réchauffement actuel ne peut être expliqué par aucun facteur naturel, ce qui indique implicitement que les activités humaines en sont la cause. » L’auteure de l’article du Temps ajoute, dans la foulée : « Des activités qui occasionnent beaucoup trop d’émissions de gaz à effet de serre. Et qui ont ainsi donné naissance à un ”monstre climatique” à nul autre pareil. »

Voilà une argumentation que l’on balaie sans coup férir, et dont on se demande même comment on a pu la formuler. Les grandes glaciations, les déglaciations, l’optimum du Moyen Age, le petit âge glaciaire récent, les grandes avancées du Glacier d’Aletsch, les grands reculs de ce Glacier, oscillant entre deux positions extrêmes, les très importantes variations du niveau des mers et des océans au cours des âges, etc., ne sont pas expliqués non plus par des causes naturelles. Cela indique-t-il « implicitement que les activités humaines en sont la cause » ?

Quoi qu’il en soit, une telle affirmation est prématurée. La période récente marque effectivement une augmentation de 0,7 °C en un peu plus d’un siècle. La majeure partie de cette hausse est intervenue entre 1910 et 1945, alors que les émissions de CO2 étaient trop faibles pour être incriminées[15]. La variabilité naturelle, encore mal déterminée, est sûrement un meilleur candidat. D’autant que c’est bien à elle qu’il faut recourir pour rendre compte     des grands chambardements du passé, et c’est même à elle que recourent des champions de la pensée officielle, comme Michael Mann, pour expliquer le plateau de températures, le « hiatus », comme ils disent, observé dans ce début du XXIe siècle[16].

Attirons encore l’attention sur la petite manœuvre que l’on voit dans l’expression « deux études », qui revient plusieurs fois dans les textes que nous analysons. Cette formulation laisse entendre que des travaux « différents » seraient parvenus aux mêmes conclusions. Alors qu’il s’agit d’une même équipe, publiant contemporainement dans deux périodiques les résultats de ses travaux. On le voit bien, par exemple, dans présentation qu’en fait Le Figaro, qui se donne la peine de préciser : « deux études distinctes ». Une démultiplication qui renforce subtilement le pouvoir des thèses soutenues par le Groupe Neukom.

Des bémols : On note toutefois, dans la dernière partie de l’article OCCR, des passages que l’on peut tenir pour des succédanés qualitatifs de reconnaissance des exagérations figurant dans les textes que j’ai discutés ici.

J’ai signalé plus haut comment le titre de l’article du Groupe Neukom est beaucoup plus nuancé : il n’y a pas de preuve pour des périodes de chaud et de froid globalement cohérentes pour l’ère chrétienne.

Ainsi dans la conclusion de OCCR, lit-on : « Les deux  études  montrent  que  la  période  la plus chaude des  2000  dernières  années  appartient  probablement  [most  likely]  au  XXe siècle. » Le « most likely » atténue considérablement l’assurance quasi dogmatique que l’on observe, tout au long de l’article, dans les déclarations des auteurs, l’assurance même que l’on trouve également dans les médias qui en rendent compte.

Il faut encore confronter les affirmations, tranchantes et absolues, des différentes thèses mentionnées plus haut avec les réserves qui sourdent du texte suivant de Valérie Masson- Delmotte, « de l’Université de Versailles »[17] (voir note 5). Précisons préalablement que la paléoclimatique est une discipline complètement engagée dans les recherches du team Neukom. Voici ces propos, lourds de poids : « La richesse de cette base de données et la robustesse de l’analyse – plusieurs méthodes statistiques différentes ont été employées – renforcent nos connaissances sur les variations climatiques du passé, même si les données paléoclimatiques manquent encore pour certaines régions du monde, notamment l’Afrique. » L’Afrique compte 30 millions de km2, plus de trois fois les USA, sans compter les autres régions du monde auxquelles fait encore allusion Valérie Masson-Delmotte, ce n’est pas rien. Il s’agit là de réserves graves, qui viennent s’ajouter aux critiques que j’ai présentées ci-dessus. Mais malgré tout ça, on n’hésite pas à invoquer la certitude scientifique.

Ecrire sur ces bases que le réchauffement actuel est bel et bien un phénomène global, qui concerne le « 98% de la surface terrestre et que la fin du XXe siècle a été la période la plus chaude depuis 2000 ans » (voir note 5) donne à penser que les problèmes de la climatologie ont quitté le domaine de la science pour celui de l’idéologie et/ou de la politique.

Relevons enfin, dans l’article du Figaro, cette belle confusion entre  climatologie  et météorologie : « Alors qu’une bonne partie de l’Europe subit son deuxième épisode de fortes chaleurs en un mois, deux études distinctes [18]analysent 2000 ans de tendances de l’histoire climatique récente de notre planète. » Comment des épisodes météorologiques de l’été dernier, comme la Terre en a connu de nombreux dans le  siècle  passé,  pourraient-ils  corroborer une quelconque thèse climatique portant sur deux millénaires ? Dans cet ordre d’idée, on pourrait évoquer le mois de mai 2019 qui fut le plus froid de ces trente dernières années, ou les neiges et le froid précoces de cette fin d’octobre. Qui en parlera jamais ?  L’amalgame entre météorologie et climatologie, dont on sait assez l’inconséquence, est un argument subversif, auquel la presse recoure volontiers.

Conclusion

Pour conclure, je reviens sur un aspect que j’ai évoqué en page 3. J’y rappelais à quel point l’existence du « petit optimum du Moyen Age » était gênante pour les thèses de la climatologie officielle et combien son éradication était souhaitée. Or les travaux du Groupe Neukom y pourvoient, à l’endroit des « thèses » 1 et 2. Sachant son étroite proximité avec les milieux officiels de la climatologie, on peut raisonnablement penser que les travaux dont il s’agit ici ont été effectués dans le dessein de « clarifier » la question de cet optimum. De là à dire qu’ils ont été « bricolés » de façon à obtenir ces résultats, il y a un pas que je ne franchirais pas. Il s’agirait là d’une modalité de négation – ou de distorsion – qui, il est vrai, n’est pas sans exemple dans les milieux réchauffistes.


[1]Le OCCR est basé à l’Université de Berne. Son président est le professeur Thomas Stocker. Le OCCR est le centre névralgique de la climatologie officielle suisse. Il est très proche du GIEC et a une grande influence sur la politique énergétique et climatologique de la Suisse.

[2] Le Temps, 24 juillet 2019.

[3] « Il nous faut nous débarrasser du petit optimum médiéval ». Consigne donnée par Jonathan Overpeck, futur auteur coordinateur du Rapport 4 du GIEC. (Video of Dr David Deming’s statement to the U.S. Senate Committee on Environment & Public Works on December 6, 2006. Dr Deming reveals that in 1995 a leading scientist emailed him saying “We have to get rid of the Medieval Warm Period”).

[4] Sa courbe gommait proprement l’optimum médiéval et le petit âge glaciaire. On trouve le détail de cette rocambolesque histoire dans l’ouvrage de A.W. Montford, The Hockey Stick Illusion, Anglosphere Books, 2010.

[5] Nommé ici d’après Raphael Neukom, qui est le premier signataire des articles cités dans ce chapitre : Neukom, R., Steiger, N., Gómez-Navarro, J. J., Wang, J., & Werner, J. P. (2019). « No evidence for globally coherent warm and cold periods over the pre-industrial Common Era ». Nature, DOI: 10.1038/s41586-019-1401-2 [common era = ère chrétienne]. J’utilise par la suite l’expression « Groupe Neukom », lorsqu’il s’agit de cet article et OCCR quand il s’agit de l’article vulgarisé, émanant du même Centre et écrit à propos du précédent (Oeschger Centre for Climate Change, « The climate is warming faster than it has in the last 2,000 years », Universität Bern, 24 juillet 2019).

[6] Toutes les mises en gras de cette Lettre d’information sont de JCP

[7] Les traductions sont de JCP.

[8] On lit en effet dans le texte OCCR : « Comme il y a eu des reconstructions semblables pour l’Amérique du Nord, il a été présumé que le ”petit âge glaciaire” et, de façon similaire, la fameuse ”période chaude médiévale” étaient des phénomènes globaux. »

[9] Les citations sont tirées de ma Lettre d’information 3, dans laquelle on trouvera toutes les sources de ces résultats.

[10] Anthony Watts, « Is the U.S. Surface Temperature Record Reliable ? », Chicago, Il. The Heartland Insti- tute, 2009.

[11]  « National Oceanic and Atmosphere Administration » (US).

[12] L’Université de Californie à San Diego occupe le 18e rang dans le classement de Shangai concernant les 500 principales universités du monde.

[13] La recherche a été publiée le 5 avril 2019 dans Coral Reefs. Les citations sont tirées de Science Daily du 11 avril 2019

[14] En paléoclimatologie, un « proxi » est un indicateur qui fournit des informations sur des données clima- tiques du passé : cernes des arbres, sédiments lacustres, traces laissées par un glacier, par le passage des humains en certains lieux aujourd’hui recouverts partiellement par la glace, etc.

[15] Le réchauffement durant la période 1910-1945 est associé à une augmentation de concentration du CO2 de 10ppm, alors qu’un réchauffement comparable durant la période 1950 à 2018 est associé à une augmentation de 97ppm de la concentration de CO2 atmosphérique – quasiment un ordre de grandeur supérieur d’augmentation de CO2 pour une élévation comparable de température océanique. Conclusion de Judith Curry, climatologue, présidente de la School of Earth and Atmospheric Sciences au Georgia Institute of Technology : « Jusqu’à ce que nous puissions expliquer le réchauffement du début du XXe siècle, j’aurai peu de confiance dans les déclarations du GIEC et du NCA4 relatives à l’attribution de la cause du réchauffement récent. » (https://judithcurry.com/« Early 20th century global warming », 23 janvier 2019)

[16] Voir par exemple Ring, M.J., Lindner, D., Cross, E.F., Schlesinger, M.E., 2012« Causes of the global warming observed since the 19th century », Atmos. Clim. Sci. 2, 401–415. Une référence que m’a com- muniquée François Gervais.

[17] En réalité, Valérie Masson-Delmotte n’est pas de l’Université de Versailles, mais elle est rémunérée par la Commission de l’énergie atomique (CEA).

[18] Souligné aussi par JCP.

Le lien vers l'article :

https://www.climato-realistes.fr/climatologie-aspects-de-la-desinformation-actuelle-jean-claude-pont/?fbclid=IwAR3aWx8B0DJHADsBGFfNlM2gsCgY4xM-_MUuPLUDcgXlWyEsBT6C9AUUvPA

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Tudor : merci au SAV et bravo

J'ai ma Tudor Black Bay Héritage Bronze depuis deux ans et demi. Mais elle ne me donnait pas vraiment satisfaction, s'arrêtant inopinément même en étant portée, alors qu'elle est sensée en plus avoir une réderve de marche de 72 heures. Cela n'arrivait pas tous les jours, loin de là, même pas tous les mois, mais ça m'agaçait. Elle est retournée une fois au SAV Rolex (Tudor est une marque de Rolex) mais le problème a persisté. Je l'ai rapportée deux ou trois fois chez mon horloger, le concessionnaire Rolex à Nîmes, il l'a gardé en observation et me l'a rendue sans avoir rien constaté.

Après les derniers incidents je la leur ai rapportée à nouveau, exigeant une révision sous garantie, la montre ayant moins de trois ans. Il m'a fallu insister et ma Black Bay est partie chez Rolex. M'attendant à trois bons mois de délai comme d'habitude, j'ai remis en service ma vieille Oris Artelier, qui indique la date le jour le second fuseau horaire et les phases de la lune (ma Tudor ne donne que l'heure, même pas la date!), tout juste s'il n'y a pas le presse-citron et l'allume-cigare, pensant passer l'hiver avec.

Que nenni! Quinze jour plus tard un texto me demande de venir récupérer ma montre. Je suis plutôt en colère, pour moi ça veut dire qu'ils l'ont mise en observation sur leur agitateur programmable, n'ont rien constaté, et ont décidé de ne pas la réviser. Je suis assez énervé quand j'entre chez l'horloger devant la Maison Carrée. Le vendeuse me rend ma montre en me disant :

"Voilà, ils ont mis un mouvement neuf."

Héberlué, je regarde la facture : "changement de mouvement sous garantie".

À noter que l'appellation "chronomètre" veut dire quelque chose en Suisse, en une semaine ma Tudor a pris quatre petites secondes de retard!

Merci Rolex et bravo pour la rapidité rarissime de l'intervention!!!!

 

th

 

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23 décembre 2019

Crèches et libre-pensée

la « libre-pensée », bien mal nommée, est une caricature du gâchis intellectuel des temps modernes. En se fondant exclusivement sur la raison - elle refuse toute « vérité » qui n'en soit pas issue et se cantonne donc délibérément à l’étage inférieur de l’intellect - en niant le concept de révélation, en refusant toute dimension supra-humaine, en s'ancrant dans une laïcité outrancière - outrance démontrée par ses prises de position lors de la visite de chefs religieux et son combat absurde contre les crèches dans les lieux publics - elle se condamne à errer en vain dans une petite bulle sans atmosphère où elle s'asphyxie toute seule. Bien loin d’être libre, elle illustre, au même titre que les sectes et autres errements, le monde moderne dans ce qu'il a de plus affligeant sur le plan intellectuel et spirituel.

https://www.midilibre.fr/2019/12/21/beziers-la-libre-pensee-attaque-la-creche-municipale-au-tribunal,8620026.php?fbclid=IwAR33rCa5_ZLV61dN0pINwpmypgB0N-BdMk6El9aud0M0khNZE5vij9Zo-BU

Capture d’écran 2019-12-23 à 12

 

 

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18 décembre 2019

Mike Horn et les glaces de l'Arctique

Les médias en ont fait des tonnes sur le réchauffement climatique avec la mésaventure de Mike Horn qui a été piégé par une banquise insuffisante lors de son expédition. Personne n'a relevé qu'il était parti trop tôt, avant que la banquise hivernale ne se forme, et que le réchauffement n'y était pour rien.

De la même façon aucun journal ne dit qu'après avoir été secouru il se retrouve bloqué en Arctique par les glaces qui se sont formées normalement, au moment prévu!

Lisez sur ce lien, ça vaut son pesant de cacahuètes!

https://www.purebreak.com/news/mike-horn-sauve-mais-toujours-bloque-en-arctique-piege-par-la-glace-il-donne-de-ses-nouvelles/187153?fbclid=IwAR1M3IZF0DL3QyZc6ck4n9x_hRfCqVl4Qu3kOJe2GWIOCIkniW4FVspEFas

À noter qu'aucun média ne signale que la banquise s'est rarement aussi bien portée malgré la méchanceté du CO2, comme l'indique ce document, dont la source officielle n'est pas criticable, qui affiche sur les dernières années la courbe de la quantité de glace arctique avec des minimums estivaux, des maximums hivernaux et une moyenne parfaitement stables.

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13 décembre 2019

Lettre ouverte à Christian Jacob

Moussac, le 13 décembre 2019

 

Monsieur Christian Jacob

Président des Républicains

238 rue de Vaugirard

75015 PARIS

 

Monsieur,

 

 

Veuillez enregistrer ma démission des Républicains. J’ai deux très grands points de désaccord, récents, avec les positions que vous avez prises.

 

Je n’ai jamais appartenu à la moindre organisation politique ou syndicale de toute ma vie jusqu’au jour où j’ai pris la carte des Républicains. J’ai été séduit par Laurent Wauquiez lors de son accession à la présidence, par l’homme et par les idées. Sauf une : le maintien de la ligne rouge infranchissable entre Les Républicains et le reste de la droite. J’ai jugé cette attitude suicidaire, surtout au moment où Macron recrutait sur votre aile centriste et vous affaiblissait en suscitant de nombreuses trahisons. La déroute des élections européennes était ainsi programmée. Le vieux piège de Mitterrand basé sur la diabolisation du FN marchait toujours.

 

Je ne suis pas du genre à quitter le navire par gros temps, et j’avais décidé de rester et de voir comment je pouvais apporter mon soutien, mais deux évènements récents ne me permettent pas de persister à vos côtés.

 

1/ Votre recadrage vis à vis d’un député LR, Monsieur Tagourdeau, qui a parlé du « prétendu réchauffement climatique » en séance. Je suis de longue date climato-réaliste et votre soumission à la doxa réchauffiste m’est insupportable.

 

2/ L’exclusion d’Erik Tegnér implique mon départ car j’adhère aux propos qui lui ont valu cette sanction.

 

Je continue à rêver d’une droite décomplexée, réunifiée. Prenez bien soin d’éviter qu’on ne détruise toutes les cabines téléphoniques, un jour il vous en faudra une pour vos Assemblées Générales.

 

Bien à vous.

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09 décembre 2019

Urgence climatique : où ça?

 

 

Quelques réflexions iconoclastes sur l'urgence climatique

Il n'y a pas d'alarmisme climatique et ceux qui le proclament urbi et orbi sont des menteurs, notamment le SG du Grand Machin (ONU). Pour le confirmer, plus de 750 scientifiques et ingénieurs de 35 pays lui ont envoyé un courrier pour le lui dire et dénoncer l'inefficacité des politiques climat-énergie

On nous bassine très souvent, surtout en cette période de Grand’Messe onusienne à Madrid1 (ole !), avec un alarmisme climatique dont on nous dit qu’il est de plus en plus urgent. Notons que cette urgence date d’environ 20 ans, que notre grandissime Laurent Fabius avait dit, avant la COP21, qu’il ne restait que 500 jours avant de sauver la planète (de quoi, je me le demande...) et que depuis cette date historique, nous n’avons pas observé sa fin ni, du reste, la fin de l’humanité. Malgré nos émissions de gaz satanique, nous n’avons pas observé de changements particuliers, si ce n’est, comme il s’en produit depuis la nuit des temps, des phénomènes météo plus ou moins violents, plus ou moins dramatiques. Voir pages 21 et suivantes ce rappel des événements climatiques dramatique en France : http://www.pensee-unique.fr/pasteau.pdf  Bref, nihil novi sub sole est.

 

Donc il n'y a pas d'alarmisme climatique et tous ceux qui le proclament urbi et orbi sont des menteurs, notamment le SG du Grand Machin (ONU). Pour le confirmer, plus de 750 scientifiques et ingénieurs de 35 pays ont envoyé un courrier au SG du Grand Machin (ONU) pour le lui dire, dénoncer l'inefficacité des politiques climat-énergie et leur effet néfaste sur l'économie et le pouvoir d'achat des ménages, et rappeler que le CO2 est gaz de la Vie, car il est nécessaire à la photosynthèse et à la nourriture des plantes. Bien sûr, aucune réaction et omerta politico-médiatique totale. 

 

Il est curieux de constater que ceux qui nous bassinent avec cet alarmisme climatique imaginaire ne donnent jamais les chiffres des observations. Le terrible réchauffement, source de l’hystérie climatique actuelle, n’a été que de +0,7°C en 130 ans. Mais, depuis environ 20 ans, la TMAG (température moyenne annuelle globale) est quasiment stable, malgré une très forte inflation de nos émissions de CO2 (mesures2 UAH et Hadcrut). La tendance est d’environ +0,1°C/décennie. Alors, pour éviter que les citoyens ne soient au courant de ce plateau de température, car alors, adieu, veau, vache, cochon, couvée, et surtout adieu au racket institutionnalisé de notre pognon, la propagande ne parle plus de températures, mais, fort jésuistiquement, de l’augmentation du taux global de CO2 et de la très forte inflation de nos émissions de CO2 qui risque de nous faire tous griller.  Quant aux océans3, voir le site du climatologue Ole Humlum climate4you, onglet « oceans », sea level from tide gauges, pour se rendre compte qu’ils montent de 1-1,5 mm/an, sans accélération, sans corrélation avec nos émissions de CO2 ni avec la croissance quasi-linéaire du taux global de CO2, ni avec les petites variations de température.

 

Voilà pour le passé et le présent. Intéressons-nous à présent au futur et posons-nous une question simple : peut-on modéliser le climat et donc prévoir avec un important degré de confiance ses évolutions multidécennales, pour 2050 et 2100 ?

La réponse est non, pour plusieurs raisons.

 1) Le GIEC avait dit avec raison, dans son premier rapport, que le climat n’est pas modélisable.

2) Comme le climat est chaotique, son évolution dépend fortement des conditions initiales. Or il est impossible de les connaître avec une précision absolue.

3) Malgré nos moyens informatiques puissants, on ne sait pas résoudre un énorme système d’équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles.

4) On ne sait pas modéliser le cycle de l’eau, notamment l’ennuagement qui a une action forte sur la température.

5) On constate que les prévisions des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, ce qui confirme que les modélisations prévoient un monde imaginaire déconnecté du Réel. En clair, leurs projections multidécennales ont une crédibilité nulle et il est absurde de mettre en place des politiques climat-énergie qui ne serviront à rien, si ce n’est à gaspiller des sommes pharaoniques, à diminuer le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui, mécaniquement, va supprimer de l’emploi salarié.

 

Il est plus que temps que nos gouvernants retrouvent bon sens et raison, notamment la Commission européenne, qui veut zéro carbone en 2050, ce qui totalement irréaliste. Aucune étude de coût, aucune étude de faisabilité, aucune étude d’impact social et économique, aucune solution économiquement et techniquement viable pour remplacer les énergies fossiles, aucune volonté de développer le nucléaire génération IV (238U et/ou 232 Th), pourtant solution d’avenir pour plusieurs millénaires, aucun retour d’expérience sur les politiques énergétiques de l’Allemagne et de l’Espagne, centrées sur les EnR fatales et intermittentes, et dont on voit les dégâts sociaux, environnementaux et économiques. Non, il s’agit de délire idéologique, comme, chez nous, pour l’arrêt de Fessenheim. C’est en outre absurde, car l’UE ne pèse que 11% dans les émissions mondiales de CO2, et, en appliquant les règles de calcul du GIEC, la neutralité carbone de l’UE en 2050 n’aurait qu’un impact de quelques centièmes de degré au plus. Usque tandem, delirium carbonum, abutere patientia nostra ?

 

 

 

 

 

 

1 Les participants à la COP25 viennent tous en avion, jamais en bateau à voile ni en char à bœufs, ce qui montre leur hypocrisie et leur mauvaise foi. Char à bœufs, cheval, chariot, bateau à voile ou à rames, tout cela, c’est bon pour nous, les gueux, mais pas pour les sauveurs de la planète. 

 

2  http://www.woodfortrees.org/plot/uah6/from:2002/plot/uah6/from:2002/trend/plot/hadcrut4gl/from:2002/offset:-0.4

 

3 Pour la France, voici les mesures du marégraphe de Brest depuis 1807. La montée est de moins de 1 mm/an, sans accélération.

    https://tidesandcurrents.noaa.gov/sltrends/sltrends_station.shtml?id=190-091

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07 décembre 2019

Climat : la mise au point décisive de Lindzen

C'est long, peut-être rébarbatif, mais fondamental.

Face à l'escrologie climatique, Richard Lindzen met les pendules à l'heure. Il est chercheur et météorologue au Massachussets Institute of Technologie, probablement la structure scientifique la plus pointue du monde. Ce texte a plus de dix ans mais pas une ride.

 

 

Science du Climat : Est-elle, de nos jours, apte à répondre aux questions ?

Richard S. Lindzen
Programme Atmosphère, Océans et Climat Massachusetts Institute of Technology

Version en français. Traduction : Ben, Jean Martin, Jean-Michel Reboul. Corrections : N. Lindzen

Le 19 septembre 2008

Résumé

En raison de divers facteurs culturels, organisationnels et politiques étroitement liés, les progrès dans les sciences du climat et les solutions réelles trouvées aux problèmes scientifiques de ce domaine avancent d’une manière beaucoup plus lente que ce qui serait normalement possible. Aucun de ces facteurs n’est spécifique à la climatologie, mais la grande influence du facteur politique y a amplifié le rôle des deux autres.

Par facteurs culturels, j’entends en premier lieu le changement de paradigme scientifique qui nous a fait passer de la complémentarité classique entre théorie et observation à une préférence marquée pour la simulation et les programmes d’observation. Le nouveau paradigme a eu pour effet d’éliminer presque complètement le point de vue dialectique de l’ancien. Alors que ce dernier était un vrai outil de progrès, le nouveau se montre beaucoup moins efficace.

Le facteur institutionnel présente plusieurs aspects. L’un est la croissance démesurée de l’administration dans les universités, avec pour conséquence une importance accrue de la dépendance aux financements. Cela conduit à mettre l’accent sur de gros programmes qui ne finissent jamais. Un autre aspect est la nature hiérarchique des sociétés savantes dans lesquelles un petit conseil exécutif peut s’exprimer au nom de milliers de scientifiques et distribue la carotte et le bâton, faisant et défaisant les réputations.

Tous ces facteurs sont aggravés par le besoin de financements publics. Lorsqu’un sujet devient un élément crucial d’un programme politique, comme c’est le cas pour le climat, le but à atteindre devient les positions qui conviennent aux politiques au lieu d’être le résultat de la recherche scientifique.

1 Ce texte a été écrit pour un colloque parrainé par Euresis (Associazone per la promozione e la diffusione della cultura e del lavoro scientifico) et la fondation Templeton, dont le sujet était : Créativité et inspiration créatrice en mathématiques, sciences et ingénierie : développer une vision pour le futur. Ce colloque s’est tenu à San Marin du 29 au 31 août 2008. Ses actes seront publiés en 2009.

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Science du Climat : Est-elle, de nos jours, apte à répondre aux questions ?

Cet article s’intéresse aux origines de ces changements culturels, ainsi qu’à des exemples spécifiques concernant la manière dont ces facteurs opèrent et se mélangent. En particulier, nous montrons comment les organisations politiques agissent pour contrôler les institutions scientifiques, comment certains scientifiques ajustent leurs données, voire leurs théories, pour les faire entrer dans le moule du politiquement correct ; comment, enfin, on parvient à museler toute opposition.

1. Introduction

Même si cet article se concentre sur la climatologie, certains des problèmes qu’il aborde concernent la science en général. Traditionnellement, celle-ci a toujours encouragé la confrontation créatrice entre théorie et observation, où chacune teste l’autre de manière à s’approcher d’une meilleure compréhension du monde qui nous entoure. La récompense d’un succès était la reconnaissance, le niveau de celle-ci dépendant à la fois de ses conséquences pratiques et de la puissance philosophique et esthétique du résultat obtenu. À mesure que la science s’est trouvée confrontée à des problèmes plus ambitieux, et que le coût et l’ampleur des travaux ont augmenté, le besoin de financement a provoqué un glissement au profit du côté pratique de la recherche, alors même que de nombreux exemples par le passé avaient déjà procuré un niveau élevé de confiance dans l’utilité de la science. Par ailleurs, ses nombreuses success stories ont fait de la « science » une source d’autorité et d’intégrité. Ainsi, la plupart des courants de pensée modernes ont tâché d’accréditer l’idée que leurs objectifs étaient scientifiquement fondés. Dès le début, cela a favorisé un profond détournement de la science, car si celle-ci est d’abord un moyen efficace d’investigation, elle n’est pas une source d’autorité.

Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il se trouvait peu de structures officielles pour soutenir la science publique (au moins aux États-Unis, qui est le pays le plus visé par mes propres observations). Au lendemain de la guerre, les contributions majeures de la science à l’effort de guerre (le radar, la bombe atomique), à la santé (la pénicilline) et autres, apparaissaient évidentes. Dans son rapport intitulé Science : The Endless Frontier (1945) [Science: la frontière infinie, NdT], Vannevar Bush mentionna les nombreux aspects pratiques de la science qui en validaient l’importance pour la nation, et défendit l’idée que le gouvernement n’avait qu’à soutenir de manière adéquate la science fondamentale et en attendre des retombées positives. La communauté scientifique perçut ce paradigme de la part d’une nation reconnaissante comme une réponse parfaitement appropriée. Les vingt années qui suivirent furent les témoins d’une productivité scientifique véritablement impressionnante, qui établit fermement les États-Unis comme le centre créatif du monde scientifique. Le paradigme de Bush parut amplement justifié. (Cette période et celle qui a suivi sont aussi discutées dans Miller (2007), avec un accent particulier, mais non exclusif, sur l’institut national américain de la santé (NIH).) Pourtant, quelque chose changea à la fin des années soixante. Dans divers domaines, on suggéra que la quantité de nouvelles découvertes et de réussites ralentissait de manière significative (malgré des publications toujours plus

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nombreuses)2, et il fut suggéré que le paradigme de Bush avait cessé d’être valide, ou même qu’il ne l’avait en fait jamais été. Je crois que la première possibilité est la bonne. Que s’est il donc passé dans les années soixante qui provoqua ce changement ?

Mon impression est que les scientifiques de la fin des années soixante ont commencé à ressentir que le fondement réel du soutien qui leur était apporté n’était pas la gratitude (et la confiance en l’idée qu’un soutien de la science apporterait plus tard des bénéfices) mais la peur : peur de l’Union Soviétique, peur du cancer, etc. Beaucoup en concluront sans doute que c’était là le simple éveil d’une naïve communauté scientifique à la dure réalité, et ils pourraient bien avoir raison. Quoi qu’il en soit, en ce qui touche à la motivation, il y a un monde entre la perception que la gratitude est le fondement du soutien apporté à la science et celle de la peur. Si l’on pense que le fondement est la gratitude, il est évident que l’on réagira en produisant des contributions qui suscitent plus encore de gratitude. La perpétuation de la peur, en revanche, milite contre la résolution de problèmes. Ce changement de point de vue s’est produit pour l’essentiel sans commentaires. Néanmoins, la fin de la guerre froide, en supprimant une grosse part de cette peur motrice, a imposé une réévaluation de la situation. Le gros de la réflexion a été consacrée à mettre l’accent sur d’autres sources de peur : la compétitivité, la santé, l’épuisement des ressources et l’environnement.

Expliquer ce changement de perception est difficile, parce que beaucoup de choses distinctes et constituant autant de causes potentielles, se sont produites presque simultanément. La course à l’espace a rétabli le modèle de concentration des efforts à grande échelle, comme par exemple pour le programme lunaire. D’autre part, les années soixante ont vu les premières coupes majeures dans le budget alloué à la science aux États-Unis. Les pressions budgétaires induites par la guerre du Viêt Nam imposaient logiquement de faire des économies quelque part, mais le fait que la science ait été considérée, dans une certaine mesure, comme superflue fut un choc pour beaucoup de scientifiques. Ainsi que l’accroissement massif des structures gestionnaires et bureaucratiques qui les dépossédèrent du contrôle de la science. Tout cela peut, sans doute, être lié à la pression démographique résultant de l’arrivée des baby-boomers sur le marché du travail, ainsi que sur l’accent particulier mis sur la science dans l’époque post-spoutnik. Mais ces considérations dépassent de loin mon sujet, qui consiste à examiner les conséquences d’employer la peur perçue comme fondement du soutien apporté à la science.

La peur présente plusieurs avantages sur la gratitude. Cette dernière est intrinsèquement limitée, ne serait-ce que par la finitude de la capacité créatrice de la communauté scientifique. De plus, comme me l’a fait remarquer un collègue du MIT, en appeler à la gratitude et à la

2 D’un certain point de vue, c’est là une évidence. La physique théorique s’effectue toujours dans le cadre du modèle standard, même si la recherche est active pour trouver mieux. La biologie moléculaire poursuit toujours l’œuvre initiée par la découverte de l’ADN. Bien des lois fondamentales de la physique résultent des efforts individuels des XVIIe-XIXe siècles. Les avancées spectaculaires de la technologie ne doivent pas masquer le fait que l’essentiel de la science sous-jacente date de plus de quarante ans. Tel est sans aucun doute le cas dans les sciences de l’atmosphère et des océans. Il convient donc de ne pas oublier que, parfois, les progrès ralentissent parce que les problèmes eux-mêmes sont difficiles. Parfois aussi, ils ralentissent parce que les résultats existants demeurent tout simplement valables, comme l’illustre le cas de l’ADN. Les problèmes structurels ne sont donc pas toujours le seul facteur à jouer un rôle.

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confiance de quelqu’un est en général moins efficace que de le menacer d’une arme. En d’autres termes, la peur peut pousser à une plus grande générosité. Le spoutnik en fournit un exemple notable ; alors que l’événement n’a pas modifié immédiatement le point de vue de la plupart des chercheurs, cela a mené à une grande augmentation du nombre de scientifiques, ce qui contribua à la pression démographique déjà mentionnée. Depuis les années soixante, la science s’est caractérisée par de larges programmes encouragés par cette générosité. De plus, le fait que la peur n’offre que peu d’incitation à ce que les scientifiques fassent autre chose que de perpétuer les problèmes, l’effet est de réduire significativement la dépendance de l’entreprise scientifique envers la compétence et le talent. La conjonction du changement d’échelle et de l’affaiblissement de l’importance accordée à l’excellence est, d’un certain point de vue, un phénomène dévastateur, qui facilite grandement la possibilité d’une direction politique de la science, et de la création de structures tributaires. Avec de telles structures, les garde-fous les plus évidents comme le contrôle par les pairs ou la pleine responsabilisation s’effondrent, et se mettent même à contribuer à la perpétuation des défauts du système. Miller (2007) traite spécifiquement de la manière dont le système favorise tout spécialement le dogmatisme et le conformisme.

La création de la bureaucratie gouvernementale et la quantité croissante de réglementation accompagnant les financements publics appelèrent, à leur tour, à une augmentation massive du personnel administratif dans les universités et les centres de recherche. Le soutien financier de ce personnel se fait sur une ligne comptable de frais généraux liés à l’usage des subventions ; à son tour, ce phénomène produit une pression forte pour obtenir encore plus de subventions importantes3.

Une conséquence de ce développement semble avoir été une diminution d’intérêt pour la théorie, en raison de sa difficulté intrinsèque et de sa petite échelle, au profit de la simulation (qui demande de gros investissements financiers pour mener à bien les calculs), et de l’encouragement porté à de vastes programmes affranchis de tout objectif précis4. En un mot, nous sommes entrés dans un nouveau paradigme dans lequel la simulation et les programmes ont remplacé la théorie et l’observation, où le pouvoir politique détermine largement la nature de l’activité scientifique, et où le rôle principal des sociétés savantes consiste en des actions de lobbying auprès de la puissance publique pour obtenir des avantages particuliers.

Ce nouveau paradigme d’une science dépendante d’un soutien fondé sur la peur ne constitue pas une corruption en soi, mais rend le système particulièrement vulnérable à cette possibilité.

3 L’on croit parfois que l’implication de l’État s’accompagne automatiquement d’une encombrante bureaucratie et d’interminables réglementations. Cela n’a pas été vraiment le cas durant les vingt années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Une grande partie de l’appui aux sciences physiques venait de l’armée, pour qui le soutien à la science demeurait une portion relativement mineure du budget. Par exemple, la météorologie au MIT était financée par l’Air Force. Les plans de financement étaient établis pour des périodes de cinq ans, et étaient renouvelés après une visite du site. Lorsque la National Science Foundation fut créée, elle fonctionna avec un personnel permanent restreint, assisté de ‘tournants’ qui étaient délégués pour quelques années par leurs universités. Malheureusement, durant la guerre du Viêt Nam, le Sénat américain interdit aux militaires de financer une recherche non militaire (Amendement Mansfield). Un glissement s’opéra donc vers des organismes dont l’unique fonction était de financer la science. Et aujourd’hui, tous ces organismes sont pourvus d’une grosse bureaucratie « finançante ».

4 Pour être honnête, il convient de distinguer ce genre de programmes de certains efforts collectifs parfois tout à fait appropriés et couronnés de succès : la classification des groupes en mathématiques, le projet génome, etc.

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L’essentiel de la suite de cet article illustre l’utilisation de cette vulnérabilité dans le domaine de la recherche sur le climat. La situation est particulièrement sévère dans un domaine aussi peu développé que la climatologie. Ce domaine fait traditionnellement partie de diverses disciplines comme la météorologie, l’océanographie, la géographie, la géochimie, etc. Ces disciplines sont elles-mêmes peu développées et immatures. En même temps, ces disciplines peuvent facilement être associées à des désastres naturels. Enfin, les sciences du climat ont été prises pour cible par un important mouvement politique représentant l’écologie dont l’effort principal a été d’associer les désastres naturels du système terrestre aux activités humaines, créant la peur et favorisant des projets politiques de réformes sociétales et de contrôle. La suite du présent article décrit brièvement comment tout cela s’est articulé au travers de la question climatique.

2. Les efforts concertés pour politiser les sciences du climat

Tous ces changements qui ont affecté la culture scientifique ont été la cause, aussi bien que la conséquence, de l’importance croissante prise par la «big science» et les grandes organisations qui vont avec. Toutes ces organisations, qu’il s’agisse de sociétés savantes, de laboratoires de recherche, d’organismes de conseils (comme les académies des sciences), les agences et départements publics (incluant la NASA, la NOAA, l’EPA, la NSF, etc.), et même les universités, ont des structures hiérarchiques dont le positionnement et la politique sont fixés par des conseils exécutifs très réduits, voire par une seule personne. Cela facilite grandement les tentatives intentionnelles de politisation de la science via l’influence que peuvent exercer de tels organismes, où une poignée de personnes (qui ne sont souvent même pas des scientifiques) parlent au nom d’organisations regroupant des milliers de chercheurs, et même impose certaines positions scientifiques spécifiques et certains programmes politiques. La tentation de politiser la science est immense, et ne date pas d’hier. La confiance du public dans la science a toujours été élevée, et les organisations politiques essayent depuis longtemps d’améliorer leur crédibilité en associant leurs objectifs à la « science », même si cela implique de représenter la science de façon mensongère.

Les sociétés savantes constituent un cas un peu particulier. Initialement créées pour fournir un cadre de communication et d’échanges au sein d’une spécialité – organisation de colloques, publication de revues–, elles ont parfois aussi eu le rôle de délivrer des certifications professionnelles, ainsi que celui de s’adresser au public. Ces sociétés étaient habituellement domiciliées un peu partout aux États-Unis et leurs sièges se trouvaient rarement à Washington. Cependant, un nombre croissant d’entre elles exigent désormais une puissante représentation dans la capitale, où elles s’engagent dans des échanges avec le gouvernement fédéral. Bien sûr, une telle interaction implique un travail de lobbying en vue d’obtenir des avantages spéciaux, mais de plus en plus l’interaction consiste à présenter un programme politique et des affirmations scientifiques délivrées au nom de la société savante concernée. De telles affirmations, pourtant, ne sont guère représentatives de ce que pensent ces membres. Par exemple, le principal porte-parole de la société météorologique américaine (AMS) à

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Washington est Anthony Socci, qui n’est ni un élu de l’AMS ni quelqu’un ayant contribué à l’avancement des sciences du climat. En réalité, c’est un ancien employé d’Al Gore.

Revenons aux organismes scientifiques. Ceux-ci exercent leur influence d’une multitude de manières. La plus facile à identifier (bien que souvent dissimulée au public) consiste en l’action d’individus haut placés dans des mouvements écologistes et qui disposent et usent en même temps de positions influentes dans des organismes scientifiques. Ainsi, John Firor a longtemps été directeur administratif du NCAR, le centre national américain de recherches sur l’atmosphère à Boulder, dans le Colorado. Ce poste était purement administratif, et Firor n’a jamais revendiqué une quelconque compétence scientifique dans l’étude de l’atmosphère à l’époque où je faisais partie des membres du NCAR. J’avais pourtant noté qu’à partir des années quatre-vingts, c’est en tant qu’expert du NCAR que Firor parlait fréquemment des dangers du réchauffement climatique. Lorsque Firor est décédé, en novembre dernier, sa notice nécrologique a mentionné qu’il avait été président du conseil d’administration d’une grande association de défense de l’environnement, Environmental Defense, de 1975 à 19805. L’office météorologique britannique dispose également d’un conseil d’administration, dont le président, Robert Napier, était auparavant le directeur exécutif de la section britannique du WWF. Bill Hare, un avocat et directeur de campagne pour Greenpeace, s’exprime fréquemment en tant que représentant « scientifique » de l’institut Potsdam, le plus important centre de recherche allemand sur le réchauffement climatique. John Holdren, dont l’affiliation principale est le Woods Hole Research Center (une organisation de défense de l’environnement, fréquemment confondue avec le Woods Hole Oceanographic Institution, qui est un centre de recherches), est aussi professeur d’administration à Harvard, et a été président de l’association américaine pour l’avancement des sciences ainsi que de Sigma Xi (l’équivalent pour les sciences de l’organisation érudite Phi Beta Kappa). Il été le porte- parole de l’administration Clinton-Gore sur le réchauffement climatique. L’attribution de postes académiques à des alarmistes du climat n’a rien d’une tendance récente. Le cas de Michael Oppenheimer est éclairant à cet égard. Avec une faible contribution aux sciences du climat (sa recherche postdoctorale a porté sur l’astrochimie), et aucune à la physique de climat, Oppenheimer est devenu titulaire de la chaire scientifique Barbra Streisand de l’Environmental Defense6. Il a ensuite été nommé à un poste de professeur à l’université de

5 Un mémoire personnel d’Al Grable communiqué à Sherwood Idso en 1993 est intéressant de ce point de vue. Grable a été employé en tant qu’observateur du ministère de l’agriculture auprès du conseil national de recherche sur le climat. De tels observateurs sont en général délégués par des agences auprès de conseils qu’ils financent. Quoi qu’il en soit, Grable rapporte une motion présentée à une réunion du conseil en 1980 par Walter Orr Roberts, le directeur du NCAR, et par Joseph Smagorinsky, le directeur du laboratoire de géophysique et dynamique des fluides (dépendant de la NOAA) de Princeton, motion ayant pour objet de censurer Sherwood Idso qui avait critiqué les modèles climatiques hautement sensibles aux rétroactions induites par la vapeur d’eau, parce que ces modèles tiennent compte de manière inadéquate du refroidissement causé par l’évaporation en surface. L’un des membre de ce conseil, Sylvan Wittwer, nota qu’il n’était pas du ressort d’un tel conseil de censurer telle ou telle prise de position scientifique et que la procédure appropriée serait plutôt de laisser la science décider, et l’affaire en resta là. En fait, des éléments montrent que les modèles sous-estiment effectivement, et de manière significative, l’effet de la température sur l’augmentation du refroidissement provoqué par l’évaporation (Held et Solden, 2006). En outre, ce témoignage montre clairement que la rétroaction due à la vapeur d’eau a été considérée comme un élément central de l’ensemble de la problématique du réchauffement climatique depuis le début.

6 Il convient de reconnaître qu’Oppenheimer a effectivement publié quelques articles contenant le mot climat dans le titre – surtout ces deux dernières années. Toutefois, ces articles sont, pour une large part, des plaidoyers

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Princeton et est maintenant régulièrement interrogé en tant que climatologue éminent par Oprah (une populaire présentatrice de télévision), la NPR (la radio publique nationale), etc. Oppenheimer est également le co-auteur d’un ouvrage d’un alarmisme tout à fait absurde (Dead Heat, The Race Against the Greenhouse Effect [Chaleur mortelle : La course contre l’effet de serre], Oppenheimer et Robert Boyle, 1990), et il a été auteur principal du GIEC, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat7.

On pourrait poursuivre longtemps avec des exemples similaires, mais une forme plus courante d’infiltration consiste simplement à obtenir un ou deux sièges au sein du conseil d’une organisation (ou de groupes d’experts d’organismes publics). Cela suffit pour opposer un veto à toute déclaration ou décision à laquelle on s’oppose. Et à la longue, cela permet d’en obtenir qui vont dans le sens que l’on souhaite – ne serait-ce qu’en contrepartie on permette à d’autres projets d’avancer. Dans le cas, qui n’est pas le seul, du rapport de 1993 de l’Académie des sciences américaines (NAS) intitulé Implications Politiques du réchauffement climatique, les activistes écologistes, étant largement parvenus à dominer la préparation du rapport, au cours de laquelle ils étaient représentés comme « parties prenantes », décidèrent malgré cela de faire une déclaration séparée selon laquelle le rapport de la NAS « n’allait pas assez loin. » L’influence des mouvements écologistes a servi d’appui à la théorie du réchauffement climatique non seulement parce qu’ils en ont fait un discours politiquement correct, mais aussi parce qu’ils l’ont introduite comme exigence pour l’attribution des nombreux prix et récompenses destinés aux scientifiques. S’agissant des sociétés savantes, il n’y a souvent même plus besoin de pratiquer ouvertement l’entrisme, puisqu’un débat comme celui du réchauffement climatique fait maintenant partie du politiquement correct autant que de l’activisme politique (aux États-Unis), et qu’il est courant que des membres du bureau de sociétés savantes y soient eux-mêmes engagés de cette manière.

politiques, qui partent du principe qu’un réchauffement significatif est en cours. Ces articles sont probablement à l’image de la majorité de ce qui se publie sur le climat. Il est vraisemblablement légitime d’affirmer que de tels articles n’apportent que peu, voire rien, à la compréhension des phénomènes dont ils parlent.
7 Certains noms se retrouvent à plusieurs reprises dans le présent article. Cela n’a rien d’un hasard. En 1989, à la suite du débat public aux États-Unis sur l’affaire et la fameuse audience d’Al Gore au Sénat avec Jim Hansen associant l’été chaud de 1988 au réchauffement climatique, le Réseau Action Climat a été créé. Cette organisation regroupant plus de deux cent quatre-vingts ONG écologistes est, depuis, au centre des débats sur la question climatique. Le Réseau Action Climat est une ONG qui chapeaute et coordonne les efforts militants de ses membres, particulièrement lors des négociations aux Nations Unies. Articulé autour de sept antennes régionales en Amérique du Nord et Latine, Europe de l’Ouest et de l’Est, Asie du Sud et du Sud-est, et Afrique, le Réseau Action Climat représente la majorité des groupes écologistes qui militent contre le réchauffement climatique, et incarne la voix de la communauté écologiste dans les négociations sur le climat depuis leurs débuts.

Les origines du Réseau Action Climat peuvent être trouvées dans l’engagement précoce de certains scientifiques de la communauté de chercheurs des ONG écologistes. Ces personnalités, comme Michael Oppenheimer de l’Environmental Defense, Gordon Goodman du Stockholm Environmental Institute (anciennement Beijer Institute) ou encore George Woodwell du Woods Hole Research Center, ont joué un rôle d’organisation dans les ateliers scientifiques de Villach et Bellagio sur le thème « Développer des réponses politiques aux changements climatiques » en 1987, ainsi qu’à la conférence de Toronto sur les changements atmosphériques en juin 1988. Il convient de noter que le directeur actuel du Woods Hole Research Center est John Holdren. En 1989, plusieurs mois après la conférence de Toronto, des groupes émergents de climatologues activistes venus des États-Unis, d’Europe et de pays en voie de développement se sont réunis en Allemagne, grâce à un financement d’Environmental Defense et du German Marshall Fund. Ce dernier finance toujours l’activité d’ONG en Europe (voir http://www.gmfus.org/event/detail.cfm ?id=453&parent_type=E) (Pulver, 2004).

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En ce qui concerne la NAS, la situation est un peu plus compliquée. L’Académie est divisée en plusieurs sections disciplinaires dont le rôle principal consiste à sélectionner les candidats qui seront présentés à l’Académie8. En règle générale, le soutien de plus de 85 % des membres d’une section est nécessaire pour être présenté. Cependant, un candidat, une fois élu, est libre de s’affilier à la section de son choix. La procédure de sélection est, en général, menée de façon rigoureuse. Malheureusement, durant plus de vingt ans un groupe temporaire de sélection pour l’Environnement Global a existé, lequel était destiné à fournir une entrée parallèle, hors du circuit normal de sélection, à des candidats qui se trouvaient être des activistes écologistes. Ainsi une fois élus, ces membres ont rejoint d’autres sections existantes, dans lesquelles ils détiennent le pouvoir d’opposer un veto à l’élection de n’importe quel scientifique défavorable à leurs positions. De plus, ils sont presque immédiatement nommés à des postes au bureau exécutif ou autres situations d’influence au sein de l’Académie. L’un des membres ainsi élu, via ce groupe temporaire de sélection, Ralph Cicerone, aujourd’hui président de l’Académie (NAS), avait fait auparavant partie du comité de désignation du président. Notons d’ailleurs qu’il n’y a, en général, qu’un seul candidat au poste de président. D’autres membres élus de l’Académie via cette procédure parallèle sont Paul Ehrlich, James Hansen, Stephen Schneider, John Holdren et Susan Solomon.

Il est bien entendu également possible de corrompre la science sans en corrompre spécifiquement les institutions. Par exemple, les mouvements écologistes déguisent leur propagande sous les habits de la science, bien que ceux-ci n’aient aucun lien avec des organes scientifiques. Une technique toute simple consiste à donner à un groupe de pression écologiste un nom qui suggère au public le nom d’un organisme scientifique. Deux exemples simples sont l’Union of Concerned Scientists [« Union des scientifiques soucieux », NdT] et le Woods Hole Research Center [Centre de recherches de Woods Hole – une ville du Massachusetts, NdT]9. Le premier groupe a conduit une campagne publicitaire intense, il y a une dizaine d’années de cela, dans laquelle il poussait à ce qu’on le considère comme une source autorisée d’information à propos du réchauffement climatique. Cette campagne n’est pas allée très loin – ne serait-ce que parce que l’Union of Concerned Scientists n’avait pas, ou peu, de compétence scientifique sur le climat. Une tentative peut-être plus efficace dans cette veine a été lancée à la suite de la publication du roman à succès de Michael Crichton, État d’Urgence, qui remettait en question la nature véritable de l’affaire du réchauffement climatique ainsi que les dangers pour la société de l’exploitation de ce sujet. L’organisation Environmental Media Services (une initiative de Fenton Communications, une entreprise de relations publiques au

8 Les rapports attribués à l’Académie ne sont que pour une faible part le travail d’Académiciens. En réalité, ils sont bien davantage issus du travail du Conseil National de la Recherche, qui est une équipe d’environ mille personnes rémunérées principalement par les organismes qui sollicitent les rapports. Les comités préparant les rapports sont composés essentiellement de scientifiques qui ne sont pas membres de l’Académie, et dont le travail n’est pas rémunéré.

9 On peut sans doute ajouter le Pew Charitable Trust à cette liste. Bien que se présentant comme un organisme neutre, il a fusionné avec le National Environmental Trust, dont le directeur, Philip Clapp, est devenu directeur général adjoint de la structure commune. Clapp (qui est à la tête de la section législative d’un grand cabinet d’avocats de Washington, ainsi que consultant en fusion et acquisition auprès de banques d’investissements d’entreprises), selon ce qu’indique sa notice nécrologique, était « un ardent défenseur et pionnier des questions climatiques et un promoteur du protocole international conclu en 1997 à Kyoto. M. Clapp a continué à s’intéresser aux discussions sur le réchauffement climatique même après que le Congrès américain ait refusé de ratifier le protocole de Kyoto. »

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service de mouvements de gauche et des causes écologistes ; ils sont responsables aussi bien de la rumeur alarmiste sur le pesticide Alar que de la campagne anti-guerre menée par Cindy Sheehan) a créé un site internet, realclimate.org, source « faisant autorité» pour la « vérité » sur le climat. Cette fois, ce sont de vrais scientifiques, qui étaient également des activistes écologistes, qui ont été recrutés pour «discréditer» l’information scientifique et tout chercheur mettant en cause le catastrophique réchauffement climatique d’origine humaine. Ce site internet sert principalement de base de soutien pour tous ceux qui croient à la catastrophe, base qui leur assure inlassablement qu’il n’y a aucune raison de réduire leur anxiété. Bien sûr, tout cela représente un travail d’une complexité qui n’est pas toujours nécessaire en comparaison de la technique bien rodée qui consiste en de simples annonces publiques sur le consensus des chercheurs quelque soit la catastrophe soutenue. Newsweek a déjà fait une déclaration de ce type en 1988. Ce genre d’annonce poursuit deux objectifs. D’une part, la masse du public, même cultivé, est incapable de comprendre un argument de nature scientifique ; « savoir » que tous les scientifiques sont d’accord le soulage de faire l’effort nécessaire. D’autre part, une telle affirmation constitue un avertissement à l’adresse des scientifiques, qui se voient ainsi signifier que le sujet en question est un terrain miné qu’ils feraient bien d’éviter.

Le mythe du consensus scientifique est également perpétué sur le fameux site internet Wikipedia, dont les articles traitant du climat sont sélectionnés par William Connolley, lequel se porte régulièrement comme candidat aux élections au Royaume-Uni sous l’étiquette des Verts. Aucun écart à la ligne politiquement correcte n’est autorisé.

L’exploitation sans doute la plus impressionnante de la climatologie à des fins politiques a sans doute été la création du Groupe d’experts International sur l’Évolution du Climat (GIEC) par deux agences des Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), avec l’accord de toutes les grandes puissances au Sommet de Rio de 1992 pour reconnaître l’autorité du GIEC. Officiellement, le GIEC résume la littérature scientifique spécialisée sur le climat tous les cinq ans. A première vue, il s’agit d’une tâche simple et innocente. On peut raisonnablement se demander pourquoi ce travail requiert le déplacement incessant, durant cinq ans, de centaines de scientifiques à travers le monde. En réalité, le rôle du GIEC n’est pas simplement de résumer, mais plutôt de présenter un état de la science qui soutienne le processus de négociation ayant pour but de contrôler le niveau des gaz à effet de serre. Il s’agit d’une mission politique plutôt que scientifique. Cela dit, les scientifiques participants disposent d’une certaine liberté pour décrire correctement l’état de la question, puisque le principal document que le public attribue au GIEC n’est pas le rapport complet préparé par les scientifiques, mais plutôt le Résumé pour Décideurs, rédigé par une collection de représentants des gouvernements et des ONG, avec seulement une faible représentation scientifique10 11.

10 L’Appendice 1 reprend l’invitation à la session de planification pour la cinquième évaluation. Elle met clairement l’accent sur le renforcement plutôt que sur la vérification des positions du GIEC. L’Appendice 2 reproduit un commentaire de Stephen McIntyre sur les conclusions récentes de l’Ofcom [l’équivalent du CSA britannique, NdT] concernant un documentaire télévisé britannique opposé à l’alarmisme climatique. La réaction

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3. La Science au service de la politique

Au vu de ce qui précède, il ne serait pas surprenant que les scientifiques en activité fassent de grands efforts pour soutenir l’hypothèse du réchauffement global. Il est évident que cela se produit sur une grande échelle. Quelques exemples vont illustrer cette situation. Les données qui disputent certaines hypothèses sont simplement changées. Dans certains cas, les données qu’on pensait aller dans le sens des hypothèses ses sont avérées ne pas le faire. Elles ont donc été modifiées. Les modifications sont quelquefois tout à fait criantes, mais, le plus souvent, elles sont quelque peu plus subtiles. Le point crucial est que les données géophysiques sont presque toujours passablement incertaines et que des erreurs méthodologiques sont constamment mises à jour. Un biais peut-être introduit simplement en ne prenant en compte que les erreurs qui changent les conclusions dans le sens désiré. Le sens désiré en matière de climat est celui qui conduit les données à être en accord avec les modèles, même si ces modèles ont montré une faible aptitude à expliquer et prévoir le climat. Les projections des modèles, faut-il le rappeler, sont la base de nos inquiétudes en matière d’effet de serre. Que des corrections aient besoin d’être appliquées aux données climatiques n’est pas du tout surprenant, mais que ces corrections aillent toujours dans le sens « souhaité » est hautement improbable. Cette situation peut faire penser à une malhonnêteté évidente, mais il est tout à fait possible que beaucoup de scientifiques imaginent, dans le contexte scientifique actuel, que le rôle de la science est de confirmer le paradigme de l’effet de serre pour le changement climatique aussi bien que la crédibilité des modèles. Par exemple, la comparaison des modèles avec les données est souvent mentionnée comme une validation plutôt que d’un test pour les modèles.

Les deux premiers exemples concernent les simulations et reconstructions paléoclimatiques. Dans ces deux cas, l’objectif a été de montrer qu’aussi bien les modèles que le paradigme de l’effet de serre sont en mesure d’expliquer les régimes climatiques des temps passés,

des responsables du GIEC montre de façon manifeste qu’il s’agit d’un groupe fondamentalement politique. Une autre preuve, si besoin était, est donnée par la simple observation de ce que le Résumé pour décideurs du GIEC cite sélectivement les résultats qui insistent sur les conséquences négatives. C’est ainsi que le résumé du groupe de travail II observe que le réchauffement climatique aura pour effet que « des centaines de millions de personnes seront exposées au stress de l’augmentation du niveau des mers. » Or cette affirmation est fondée sur une étude (Arnell, 2004) qui indique, en réalité, que d’ici les années 2080, la population totale nette soumis au risque aura décliné d’un nombre de personnes qui peut aller jusqu’à 2,1 milliards (selon le scénario que l’on décide de retenir) ! Le GIEC ignore, de plus, la possibilité d’utiliser des réservoirs pour limiter les risques de sécheresse dans certaines zones qu’ils considèrent comme y étant exposées. (Je remercie Indur Goklany pour m’avoir signalé cet exemple.)

11 L’Appendice 3 est une récente tribune libre du Boston Globe, dont l’auteur est John Holdren, que nous avons déjà mentionné. Ce qui est intéressant dans ce texte, c’est à quel point le peu de science qu’il invoque est manifestement incorrect. Cela montre l’efficacité du processus décrit ci-dessus, consistant à utiliser l’opinion des dirigeants des institutions scientifiques comme preuve de la pertinence de l’alarmisme climatique. Les trois spécialistes de l’atmosphère qui y sont explicitement mentionnés sont des chimistes sans expertise particulière dans le domaine du climat. Alors que Holdren insiste beaucoup sur l’importance de l’expertise, il se garde de noter que lui-même n’a guère apporté de contribution en climatologie. Holdren et Paul Ehrlich (auteur du célèbre livre La Bombe démographique, dans lequel il prédisait la famine et des émeutes de la faim aux États-Unis pour les années 80) sont les auteurs de la formule I = PAT, selon laquelle l’impact environnemental est le produit de la population, de la richesse et de la technologie. Ce qui est, sans doute, une indication de leur orientation politique et sociale.

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renforçant ainsi la confiance que l’on peut avoir dans ces derniers pour la prédiction des changements à venir. Dans deux cas (l’Eocène, il ya environ 50 millions d’années et le Dernier Maximum Glaciaire, il y a environ 18 mille ans), les données initiales étaient en conflit avec le paradigme de l’effet de serre tel qu’il est implémenté dans les modèles actuels, et dans les deux cas, il y a eu des efforts soutenus pour amener les données à concorder avec les modèles.

Dans le premier cas, l’analyse des données initiales de l’Eocène (Shackleton and Boersma, 1981) montrait que les régions polaires avaient été tellement plus chaudes qu’aujourd’hui qu’un type d’alligator vivait au Spitzberg, de même que proliféraient dans le Minnesota des fleurs et une faune qui n’auraient pas pu survivre au gel. En même temps, on s’est aperçu que les températures équatoriales étaient, à la même époque, d’environ 4K (NDT : Soit 4°C) inférieures à celles d’aujourd’hui. Les premières tentatives pour simuler l’Eocène (Barron, 1987) supposaient que le réchauffement était dû à de hautes teneurs en CO2 et, utilisant les modèles GCM (Modèles de Circulation Générale), on obtint un réchauffement pratiquement uniforme pour toutes les latitudes, avec les gradients méridionaux semblables à ce qu’ils sont aujourd’hui. Ce comportement reste encore le même avec les modèles actuels (Huber, 2008). Cela conduisit les paléoclimatologues à consacrer de grands efforts pour « corriger » leurs données, mais, jusqu’à très récemment, ils n’ont pas réussi à obtenir des valeurs de températures plus élevées qu’aujourd’hui (Schrag, 1999, Pearson et al, 2000). Cependant, l’article le plus récent (Huber, 2008) suggère que les données équatoriales n’ont plus de conséquences sur les températures de l’équateur et que n’importe quelle température a bien pu exister. Cela est tout-à-fait remarquable, car on a aujourd’hui des éléments de preuve que les distributions méridionales actuelles de température dépendent de manière critique de la présence de glace, et que le comportement du modèle résulte d’un mauvais ajustement ayant pour conséquence que la distribution actuelle persiste même quand la glace est absente.

Le second exemple débute avec les résultats d’une tentative majeure pour reconstruire le climat du dernier maximum glaciaire, à partir d’observations (CLIMAP, 1976). On découvrit que bien que les températures extra-tropicales aient été beaucoup plus froides, les températures équatoriales étaient peu différentes de celles d’aujourd’hui. Il y eut immédiatement des tentatives pour simuler ce climat avec les GCM (NDT : Modèles de Circulation Générale) et des niveaux réduuits de CO2. Une nouvelle fois, on trouva comme résultat de plus basses températures à toutes les latitudes (Bush et Philander 1998a, b), et une fois encore de nombreux efforts furent consacrés à ‘corriger’ les données. Après de nombreuses discussions, la position adoptée aujourd’hui est que les températures tropicales ont dû être d’environ deux degrés plus basses qu’aujourd’hui. Cependant, des publications ont paru faisant état de températures beaucoup plus basses (Crowley, 2000). Nous développerons cette question dans la section suivante, en faisant état d’articles qui montrent que le climat associé aux époques glaciaires est bien décrit par l’Hypothèse de Milankovitch, qui ne fait nullement appel à un quelconque rôle du CO2.

Les deux exemples précédents impliquaient probablement des corrections légitimes, mais les seules corrections considérées furent celles qui mettaient les observations en conformité avec les modèles, évitant ainsi le conflit créatif entre la théorie et les données qui a caractérisé dans

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le passé les succès de la science. Cependant, malgré tout, le cas du Dernier Maximum Glaciaire montre que la science du climat conserve encore une certaine capacité à s’auto- corriger.

L’exemple qui va suivre a atteint un degré de notoriété de beaucoup supérieur aux deux précédents. Dans le premier rapport du GIEC (IPCC, 1990), le graphique traditionnel du climat des 1100 années précédentes a été présenté. Il y avait dans ce graphique une période médiévale qui était un peu plus chaude que la période présente de même que la période connue sous le nom de petit âge glaciaire qui était plus froide. L’existence d’une période plus chaude que la période actuelle, en l’absence de gaz à effet de serre anthropiques, fut considérée comme gênante par ceux qui soutenaient que le réchauffement actuel ne pouvait être expliqué que par les activités humaines. Comme on s’y attend, des efforts furent entrepris pour se débarrasser de la période chaude médiévale (Demming, 2005). La tentative la plus scandaleuse fut faite par Mann et al (1998, 1999)12 qui utilisa essentiellement quelques enregistrements de cernes d’arbres afin d’obtenir une reconstruction des températures de l’hémisphère Nord remontant finalement à un millier d’années, qui ne montrait plus de période chaude médiévale. En fait, cette reconstruction montrait un léger refroidissement pendant environ mille ans, aboutissant à un réchauffement rapide commençant au XIXème siècle. Cette courbe se fit connaître sous le nom de crosse de hockey et fut mise en exergue dans le rapport suivant du GIEC dans lequel il fut suggéré que le réchauffement actuel était sans précédent depuis 1000 ans. Cette étude se heurta immédiatement à des remises en question sévères concernant aussi bien l’usage des données que son analyse statistique (il est intéressant de noter que les critiques les plus pertinentes provinrent de l’extérieur de ce domaine de recherche : McIntyre et McKitrick, 2003, 2005a, b). Ceci conduisit à la rédaction de deux rapports indépendants sur la crosse de hockey (Wegman, 2006, North, 2006), les deux rapports concluant que l’analyse statistique était insuffisante pour les affirmations présentées. L’histoire est racontée en détail dans Holland (2007). Comme l’existence de la période chaude médiévale est amplement documentée par les comptes-rendus historiques pour la zone Nord Atlantique (Soon et al, 2003), Mann et al utilisèrent l’argument que le réchauffement avait dû être régional mais non représentatif de l’ensemble de l’hémisphère Nord. Etant donné qu’une hypothèse sous-jacente à leur analyse était que la répartition géographique du réchauffement devait être inchangée dans la durée, ceci aurait dû invalider l’analyse, ab initio, sans même se référer aux éléments spécifiques de la statistique. De fait, le 4ème rapport du GIEC ne mentionna plus la crosse de hockey, mais l’affirmation que le réchauffement actuel est sans précédent, est restée, et la reconstruction de Mann et al est encore présentée au chapitre 6 du 4ème rapport du GIEC, enfouie au milieu d’autres reconstructions. Ici encore, nous reviendrons brièvement sur ce point dans la section suivante.

Le quatrième exemple est peut-être le plus étrange. Pendant de nombreuses années, les enregistrements de la température moyenne du globe ont montré un refroidissement de 1940, environ, jusqu’aux années 70. En fait, ceci conduisit à la crainte d’un refroidissement global dans les années 1970. Le GIEC, de manière répétée, et ceci jusqu’au 4ème rapport, loua

12 L’article de 1998 ne remonte que jusqu’en 1400, et reconnaît que la résolution spatiale des variabilités est insuffisante pour remonter plus loin dans le temps. C’est l’article de 1999 qui remonte de 1000 ans dans le passé.

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l’habileté des modèles à simuler ce refroidissement (tout en négligeant d’insister sur le fait que chaque modèle nécessitait un réglage spécifique où il fallait choisir une valeur pour les aérosols refroidissants inconnus, de manière à réaliser cette simulation (Kiehl, 2007)). Les progrès dans notre compréhension des aérosols rendent de plus en plus des ajustements arbitraires comme ceux-la, quelque peu embarrassants et, sans que cela soit surprenant, les données ont été « corrigées » pour se débarrasser du refroidissement du milieu du XXème siècle (Thomson et al, 2008). Cela pourrait, en fait, être une correction légitime (http://www.climateaudit.orf/?p=3114). L’embarras provient en fait de l’affirmation répétée des modélisateurs d’avoir correctement simulées des données incorrectes.

Le cinquième exemple concerne l’empreinte du réchauffement. On sait depuis longtemps que le réchauffement par effet de serre est principalement situé dans la haute troposphère (Lindzen, 1999) et, de fait, les modèles montrent que le taux maximum de réchauffement doit se trouver dans la haute troposphère au dessus des tropiques (Lee et al, 2007). Lindzen (2007) fit remarquer que les mesures de températures issues aussi bien des satellites que des ballons sonde n’arrivaient pas à retrouver un tel maximum. En revanche, cette observation permettait d’attribuer une valeur maximale pour la contribution des gaz à effet de serre au réchauffement de la surface terrestre et conduisait à une estimation de la sensibilité climatique qui était sensiblement inférieure à celle trouvée par les modèles. Dès que les implications de ces observations furent clairement identifiées, cela prit peu de temps pour que les données soient « corrigées ». La première tentative survint rapidement (Vinnikov et al, 2006) dans laquelle les données satellites furent retravaillées de manière à montrer un important réchauffement de la haute troposphère, mais la méthodologie employée fut trop flagrante pour que l’article soit communément cité13. Une autre tentative survint alors dans laquelle les résultats de mesures des températures furent rejetés et les tendances de températures furent déduites des données sur les vents (Allen et Sherwood, 2008). Pendant une durée suffisamment longue, il existe un équilibre entre le vent de cisaillement vertical et les gradients de températures méridionaux (l’équilibre thermique des vents), et, en utilisant des hypothèses variées sur les conditions aux limites, il est effectivement possible d’en déduire les tendances de température. Cependant ce processus implique une procédure plus complexe, incertaine et indirecte, que celle impliquée dans la mesure directe des températures. De plus, comme Pielke et al (2008) l’ont fait remarquer, ces résultats font apparaître toute une série d’incohérences. Ils sont pourtant considérés comme résolvant les divergences avec les modèles.

Le sixième exemple nous conduit dans le domaine de l’astrophysique. Depuis les années 1970, une attention considérable a été consacrée à un phénomène qui est connue sous le nom de Paradoxe du Soleil Ancien peu Actif (NDT : Early Faint Sun Paradox). Ce paradoxe fut initialement popularisé par Sagan et Mullen (1972). Ils remarquèrent que le modèle standard pour le soleil exigeait que sa brillance s’accroisse avec le temps de telle façon que, il y a 2 ou 3 milliards d’années, sa brillance ait été de 30% plus faible qu’elle ne l’est aujourd’hui (rappelons qu’un doublement du CO2 correspond à une variation de seulement 2% dans le

13 Bien entendu, Vinnikov et al en firent énergiquement mention. Alors que je faisais une conférence à l’Université de Rutgers en octobre 2007, Alan Robock, professeur à Rutgers et coauteur de Vinnikov et al, déclara que les « derniers résultats » résolvaient la question de la non-existence de l’empreinte prévue par les modèles que l’on ne retrouvait pas dans les données objectives.

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budget radiatif). Ainsi, on aurait pu s’attendre à ce que la terre fut complètement gelée à l’époque, mais les preuves géologiques suggèrent que les océans ne l’étaient pas. Des tentatives furent effectuées pour rendre compte de ceci en impliquant un effet de serre géant. Sagan et Mullen (1972) suggérèrent qu’une atmosphère riche en gaz ammoniaque pouvait résoudre le problème. D’autres suggérèrent que l’atmosphère avait une pression de plusieurs bars en CO2 (rappelons que le CO2 représente actuellement environ 380 parties par million d’une atmosphère à une pression de 1 bar). En définitive, Kastings et ses collègues tentèrent de résoudre le paradoxe en faisant intervenir de grandes quantités de méthane. Pour des raisons variées, tous ces efforts furent jugés inadéquats14 (Haqqmisra et al, 2008). Il s’ensuivit alors une remarquable tentative de se débarrasser du modèle standard pour le soleil (Sackman et Boothroyd, 2003). Ce n’est pas exactement la même chose que de modifier les données, mais l’esprit reste le même. L’article affirma qu’il avait éliminé le paradoxe. Cependant et en fait, le modèle modifié exige encore une augmentation significative de la brillance du soleil et, de plus, il ne semble pas avoir bénéficié d’une reconnaissance notable dans le milieu des modélisateurs du soleil.

Mon dernier exemple révélateur concerne les sciences sociales. Etant donné qu’il a été affirmé, depuis 1988 au moins, que tous les scientifiques sont d’accord sur l’alarmisme en matière de réchauffement climatique, il est dérangeant d’avoir des scientifiques qui remettent en cause cet alarmisme. Pour « régler » ce problème une certaine Naomi Oreskes publia un papier dans Sciences (Oreskes, 2004) prétendant qu’elle avait examiné les publications et n’avait pas trouvé un seul article remettant en question l’alarmisme (Al Gore utilise cette étude pour justifier de sa propre véracité dans « Une vérité qui dérange »). Aussi bien Benny Peiser (sociologue britannique) que Dennis Bray (historien des sciences) relevèrent des erreurs méthodologiques évidentes dans ce travail mais Science refusa de publier cette remise en cause sans tenir compte du mérite technique des critiques qui étaient exposées15. De plus, Oreskes fut invitée comme oratrice lors de la célébration de la trentième année de Spencer Weart à la tête du Centre pour l’Histoire de la Physique de l’Institut Américain de Physique. Weart, lui-même, avait écrit une histoire de l’affaire du réchauffement climatique (Weart, 2003) dans laquelle il répétait, sans aucune vérification, la calomnie tirée d’un écrit de Ross Gelbspan (The Heat is On - Le Réchauffement est en Marche) où j’étais accusé d’être un instrument de l’industrie du combustible fossile. Weart y fait aussi une vibrante apologie de

14 Haqqmisra, étudiant diplômé à l’Université de l’Etat de Pennsylvanie est apparemment encore occupé à chercher des solutions au paradoxe en utilisant l’effet de serre.
15 Le refus n’était pas vraiment surprenant. L’éditeur de Science, à cette époque, était le biologiste Donald Kennedy (collègue de Paul Ehrlich et de Stephen Schneider, tous membres du département de biologie de Stanford) qui avait aussi été président de l’Université de Stanford. Son mandat de président prit fin lors de son implication dans des irrégularités fiscales comme l’utilisation d’un pourcentage prélevé sur la dotation de la recherche pour l’entretien du yacht présidentiel et la fourniture de fleurs pour le mariage de sa fille – démontrant au passage l’importance considérable de la dotation prélevée sur la recherche pour les administrateurs. Kennedy a déclaré dans un éditorial que le débat sur le réchauffement climatique était terminé et que les articles sceptiques ne seraient plus considérés. Plus récemment, il a publié un texte qui est un exemple assez pur du double langage Orwéllien (Kennedy, 2008) dans lequel il en appelle à une meilleure couverture médiatique du réchauffement climatique, où « meilleur » signifie pour lui une élimination plus systématique de ce qui remet en question l’alarmisme du réchauffement global. Comme on peut le penser, Kennedy a fait un usage extensif de l’article d’Oreskes. Il a aussi proféré l’affirmation remarquablement malhonnête que le Résumé Pour les Décideurs (NDT : Summary for policymakers SPM) du GIEC était plus modéré que le texte scientifique.

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« Une Vérité qui Dérange » d’Al Gore. En ce qui concerne l’affirmation d’Oreskes, celle-ci est clairement absurde16. Une étude, menée avec plus de soin, a donné une image sensiblement différente (Schulte, 2007).

Les exemples précédents ne prennent pas en compte le moyen le plus commode avec lequel les scientifiques peuvent défendre l’alarmisme du réchauffement climatique : il s’agit de la question des impacts. Dans ce domaine, les scientifiques qui n’ont en général rigoureusement aucune connaissance de la physique du climat, reçoivent un soutien financier pour imaginer les pires projections du réchauffement climatique et suggérer, sur la base de leur imagination, les conséquences d’un tel réchauffement, quel que soit le domaine dans lequel ils travaillent. C’est ainsi qu’on en est arrivé à des affirmations bizarres telles que le réchauffement contribuera aux calculs rénaux, à l’obésité, à la prolifération des cafards et des plantes nuisibles, au déséquilibre sexuel des poissons, etc. Les scientifiques qui participent à de telles pratiques deviennent tout naturellement des supporters de l’hypothèse du réchauffement global catastrophique, et ceci malgré leur ignorance de la science sous-jacente17.

4. Les pressions pour bâillonner les investigations et la résolution des problèmes

Il est souvent avancé, qu’en matière de science, la vérité finira toujours par émerger. C’est peut-être bien vrai, mais, jusqu’à présent, les tentatives pour étudier objectivement la science du changement climatique ont été largement forcées de cacher les vérités pouvant remettre en question l’alarmisme du réchauffement climatique (même si implicitement). Le moyen habituel est le processus de revue des publications par les pairs (NDT : Peer-review) et les modifications demandées sont généralement acceptées pour qu’un article soit publié. La publication est, bien entendu, essentielle pour l’obtention de crédits, de promotions, etc. Les exemples qui suivent ne sont que quelques échantillons parmi d’autres que je connais à tijtre personnel. Ceux-là, c’est tout-à-fait certain, ne représentent que la partie émergée de l’iceberg.

Généralement, il s’agit de la simple inclusion d’un commentaire hors-sujet mais venant à l’appui de la croyance acceptée sur le réchauffement global. Quand le contenu de l’article est décrit, il est généralement affirmé que le commentaire ajouté représente le « véritable » objectif de l’article. En sus des exemples suivants, l’Appendice 2 donne d’excellents exemples de « biais imposé ».

16 Mis à part des erreurs manifestes, Oreskes a simplement considéré que les publications supportant la thèse du réchauffement étaient celles qui admettaient qu’il y avait bien un certain réchauffement et que le CO2 anthropique contribuait pour partie dans le réchauffement. De telles constatations innocentes n’ont strictement rien à voir avec les projections catastrophiques. De plus, la plupart des articles qu’elle a considérés ne s’intéressaient même pas à ces problèmes ; ils ne se posaient tout simplement pas de question sur ces conclusions.

17 Il n’est sans doute pas surprenant que l’Institut de Potsdam, qui est le siège de Bill Hare de Greeenpeace, dispose maintenant d’un Institut pour la Recherche sur les Impacts Climatiques.

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Ainsi que je l’ai mentionné dans la section précédente, un des rapports d’évaluation de la Crosse de Hockey de Mann et al a été rédigé par un comité du Conseil de la Recherche Nationale US (une branche de l’Académie des Sciences) dirigé par Gerald North (North, 2006). Le rapport conclut que l’analyse utilisée était totalement inadéquate pour des périodes plus longues dans le temps que 400 ans environ. De fait, la seule raison pour choisir cette période de 400 ans est que celle-ci nous ramenait en plein milieu du Petit Age Glaciaire, et il n’y a donc rien de particulièrement surprenant quant à la conclusion que nous soyons maintenant dans une période plus chaude. De plus, et toujours sans aucune base réelle, le rapport conclut aussi que, malgré les insuffisances de l’analyse de Mann et al, la conclusion pouvait tout de même être correcte. C’est cette conjecture sans fondement qui a bénéficié de presque toute la publicité faite sur ce rapport.

Dans un article récent, Roe (2006) montrait que les variations orbitales dans l’insolation estivale des hautes latitudes, étaient étroitement corrélées avec les changements de glaciation – pourvu que l’on rapporte l’insolation de manière correcte au taux de changement de la glaciation plutôt qu’à la glaciation elle-même. Ceci constituait un excellent argument en faveur de l’hypothèse de Milankovitch. Rien, dans ce court article, ne suggérait qu’il soit nécessaire d’impliquer un quelconque autre mécanisme. Néanmoins, Roe se crut apparemment obligé d’inclure une observation hors-propos, expliquant que cet article n’avait nullement l’intention de nier le rôle du CO2 .

Choi et Ho (2006, 2008) publièrent des articles intéressants sur les propriétés optiques des cirrus de haute altitude des tropiques qui confirmaient amplement les résultats précédents de Lindzen, Chou et Hou (2001) sur un effet important de rétroaction négative (l’effet iris, qui sera décrit plus loin dans cette section) qui réduirait notablement la sensibilité climatique à une augmentation des gaz à effet de serre. La comparaison correcte (NDT : entre les deux articles) exigeait que les résultats soient normalisés en utilisant une mesure de l’activité convective totale et, de fait, cette comparaison était effectuée dans l’article original de Choi et Ho. Cependant, les relecteurs insistèrent pour que la normalisation soit retirée de la version finale ce qui rendit le lien avec l’article précédent peu évident.

Horvath et Soden (2008) ont découvert des observations confirmant de nombreux aspects de l’effet iris, mais ils accompagnèrent leurs résultats d’une répétition des critiques de l’effet iris qui étaient hors-sujet et même en contradiction avec leur propre article. Le but, apparemment, était de suggérer qu’en dépit de leurs découvertes, il devait y avoir d’autres raisons d’écarter l’effet iris. Plus loin dans cette section, je reviendrai sur ces critiques. Cependant, la situation est loin d’être exceptionnelle. J’ai reçu des prépublications d’articles dans lesquelles l’effet iris était confirmé, mais où cela a été supprimé de la version publiée.

Voici un autre exemple : j’avais initialement soumis un article mentionné dans la section précédente (Lindzen, 2007) à l’American Scientist, le journal de la société scientifique honoraire américaine, Sigma Xi, sur la recommandation d’un ancien responsable de cette société. Il s’ensuivit une année entière de discussions avec l’éditeur, David Schneider, qui insistait pour que je trouve un co-auteur qui puisse illustrer pourquoi mon article était faux. Son argument était que publier quelque chose qui contredisait le GIEC était équivalent de

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publier un article qui affirmait que la « théorie générale de la relativité d’Einstein » était dela foutaise. Je lui suggérai qu’il serait plus judicieux pour l’American Scientist de solliciter un autre article qui proposerait un point de vue opposé au mien. Ceci fut inacceptable pour Schneider et c’est ainsi que je publiai cet article dans une autre revue. Il est inutile d’ajouter que Schneider n’a aucune base en physique du climat et qu’à cette époque, comme je l’ai déjà mentionné, c’était John Holdren qui était président du Sigma-Xi (NDT : Cette dernière mention, inexacte, a été retirée de la dernière version publiée par R. Lindzen). Je dois préciser qu’un simple désaccord avec les conclusions du GIEC est devenu une raison courante pour refuser la publication d’un article dans les journaux professionnels. Un exemple en sera présenté plus loin, dans cette section.

En dépit de toute la mise en scène sur le réchauffement climatique, de plus en plus de gens réalisent que, statistiquement, les températures moyennes du globe n’ont pas augmenté de manière significative depuis 1995. Il suffit simplement de regarder les enregistrements de température publiés sur le Web par le Hadley Centre. (NDT : le principal Centre anglais de recherches sur le climat). La manière dont on rend compte de ce fait dans la littérature constitue un bon exemple du biais qui est actuellement devenu nécessaire pour maintenir l’alarme envers le réchauffement climatique. Souvenez vous que la principale affirmation du 4ème rapport d’évaluation du GIEC était qu’il y avait une probabilité de 90% que la plupart du réchauffement des cinquante dernières années soit dû à l’homme (quelqu’en soit le sens exact). Cela requérait la supposition que ce qui est connu sous le nom de variabilité naturelle (i.e. la variabilité qui existe en l’absence de tout forçage externe et qui illustre le fait que le système climatique n’est jamais en équilibre) soit correctement prise en compte par les modèles existants du climat. L’absence de tout réchauffement évident depuis environ les douze dernières années, suggère que cette affirmation peut être fausse. Smith et al (2007) (Smith travaille au Hadley Center, UK) reconnut ce fait en notant que les conditions initiales devaient refléter le déséquilibre existant au point de départ et que, quand ces conditions initiales étaient « correctement » choisies, il était possible de mieux rendre compte de la période, cette fois-ci, sans réchauffement. Cette reconnaissance de l’erreur était accompagnée d’une affirmation totalement injustifiée selon laquelle le réchauffement reprendrait de plus belle en 200918. Comme 2009 approche et que le réchauffement vengeur semble moins probable, un nouvel article est paru (cette fois-ci venant de l’Institut Max Planck : Keenlyside et al, 2008) qui a reporté à 2015 la date supposée pour la reprise du réchauffement. C’est un remarquable pas en arrière pour la science que de considérer que des modèles qui ont échoué à prédire correctement les observations sur le climat, ont, malgré tout, le même degré de validité que les données19.

18 Quand je fis référence à l’article de Smith et al, lors d’une audition au Parlement Européen, le Professeur Schnellnhuber de l’Institut de Potsdam (que j’ai déjà mentionné dans la précédente section au sujet de ses relations avec Greenpeace) a protesté énergiquement disant que j’étais malhonnête de ne pas insister sur ce qu’il considérait comme le principal résultat de l’article de Smith et al : En clair, que le réchauffement climatique reviendrait se venger.

19 Cette affaire de « contrôle en biaisant » est en soi, une garantie pour l’article. En ce qui concerne l’absence de réchauffement pour les 13 dernières années, la réponse habituelle est que 7 des 10 années les plus chaudes dans les enregistrements, se sont trouvées dans la dernière décennie. Ceci est bien ce à quoi on doit s’attendre étant

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Tim Palmer, un éminent scientifique de l’atmosphère appartenant au Centre Européen pour la Prédiction du Temps à Moyen Terme, est cité par Fred Pearce (Pearce, 2008) dans le New Scientist comme suit : « Les hommes politiques semblent croire que la science (de ce sujet) est une affaire résolue » dit Tim Palmer. « Je ne veux pas saper le GIEC, mais les prévisions, tout spécialement celles qui concernent le changement climatique régional, sont infiniment incertaines. » Malgré cela, Pearce poursuit : « Palmer...ne doute pas que le Groupement International d’Etude du Changement climatique (GIEC) a fait un bon travail en alertant le monde sur le problème du changement climatique global. Pourtant, lui et ses collègues climatologues sont totalement conscients du fait que les prédictions du GIEC sur la manière dont le changement climatique global influera sur les climats locaux n’est rien d’autre que de la conjecture. Ils redoutent que si les prédictions du GIEC s’avèrent erronées, ceci provoquera une crise de confiance qui pourrait saper la totalité du débat sur le changement climatique. Et, par-dessus le marché, certains climatologues pensent que même les prévisions globales du GIEC, laissent beaucoup à désirer.... ». En situation normale, on pourrait penser que saper la crédibilité de quelque chose d’erroné est chose souhaitable.

Pourtant, même dans l’actuelle situation malsaine de la science, des articles qui contredisent ouvertement le scénario du réchauffement catastrophique finissent par être publiés (non sans que leur contenu ait été substantiellement dilué pendant le processus de revue par les pairs). Ils sont alors souvent l’objet du processus remarquable de « dévalorisation ». Ce processus consiste à solliciter immédiatement des articles critiques qui sont publiés rapidement en tant que publications indépendantes plutôt qu’en tant que commentaires. Ceci est important, voici pourquoi : En temps normal, de telles critiques sont publiées en tant que remarques et les auteurs de l’article original peuvent répondre immédiatement à la suite de la remarque. Les remarques et leurs réponses sont publiées ensemble. En publiant la critique en tant qu’article indépendant, la réponse est publiée comme une correspondance ce qui retarde sa publication de plusieurs mois alors que les critiques autorisent une réponse immédiate. De manière générale, la réponse des auteurs de l’article initial est ignorée dans les références subséquentes.

En 2001, j’ai publié un article (Lindzen, Chou et Hou) qui tirait parti des données des satellites géostationnaires pour suggérer l’existence d’une forte rétroaction négative que nous avons dénommé l’effet Iris. Le point clef de la rétroaction réside dans le fait que les nuages stratiformes de niveau élevé, dans les tropiques, résultent du relargage des tours des cumulonimbus et que l’impact radiatif de ces nuages stratiformes se trouve essentiellement dans l’infrarouge où ils agissent comme de puissants agents de l’effet de serre. L’intensité du relargage décroît nettement quand la température de la surface augmente. L’effet de rétroaction négative résultait du fait que le réchauffement par effet de serre dû aux nuages stratiformes, diminuait à mesure que la température de la surface augmentait, et augmentait à mesure que la température de surface diminuait, produisant ainsi une résistance aux changements de température de la surface. L’impact des effets observés était suffisant pour réduire grandement la sensibilité des modèles à une augmentation de CO2, et, de plus, il était

donné que nous sommes dans une période chaude et que la température est toujours fluctuante. Cependant, ceci n’a rien à voir avec une tendance.

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démontré que les modèles ne réussissaient pas à reproduire le comportement observé des nuages. Cet article fut l’objet d’une scrutation d’une intensité inhabituelle de la part de quatre relecteurs. Lorsque l’article fut publié, l’éditeur en charge du processus de revue par les pairs du Bulletin de l’American Meteorological Society, Irwin Abrams, fut remplacé par un nouvel éditeur, Jeffrey Rosenfeld (bénéficiant de la situation nouvellement créée d’éditeur en Chef), et le nouvel éditeur accepta presqu’immédiatement un article critiquant le nôtre (Hartmann et Michelsen, 2002), et le publia en tant qu’article indépendant au lieu de le publier en tant que réponse à notre propre article (ce qui aurait été la procédure habituelle et appropriée). Dans le processus habituel, les auteurs originels peuvent publier leur réponse dans le même numéro. Dans le cas présent, notre réponse fut retardée de plusieurs mois. Mais de plus, le nouvel éditeur en chef décida d’intituler l’article critique de la manière suivante : « Une analyse attentive des données ne montre aucune diminution de la surface de l’enclume des nuages tropicaux avec l’augmentation de la température de surface des océans. (NDT : l’enclume est un terme évoquant la forme des cumulonimbus). En fait, cette critique fut aisément déboutée. L’affirmation de Hartmann et Michelsen était que l’effet que nous observions était dû à l’intrusion de nuages non-convectifs des moyennes latitudes dans les tropiques, mais ainsi que nous l’avons démontré (Lindzen, Chou et Hou, 2002), c’est exactement le contraire qui se produisait. Il y eut également des articles publiés séparément (de nouveau en violation du protocole normal permettant une réponse immédiate) par Lin et al, 2002 ainsi que par Fu, Baker et Hartmann, 2002 qui critiquaient notre article en affirmant que puisque les instruments des satellites géostationnaires étaient incapables de voir les minces nuages stratiformes qui forment la queue des nuages qu’on peut voir, nous n’étions pas habilités à supposer que ces queues existaient dans la réalité. Sans les queues, l’impact radiatif des nuages se produirait essentiellement dans le visible où l’effet que nous observions conduirait principalement à une rétroaction positive ; avec les queues, l’effet résultant est une rétroaction négative. Les queues avaient été observées depuis longtemps et l’idée qu’elles aient brutalement disparu faute d’être vues par un capteur suffisamment sensible était absurde et l’utilisation de meilleurs instruments par Choi et Ho (2006, 2008) confirma l’existence des queues et la forte dominance de l’impact infrarouge. Cependant, comme nous l’avons déjà vu, en pratique, presque toutes les mentions de l’effet iris semblent s’accompagner du point de vue que cette idée est controversée ou de l’affirmation que cette théorie est « discréditée », sans jamais mentionner aucune de nos réponses. Ceci est même exigé de la part d’articles qui, en fait, soutiennent l’effet iris.

Vincent Courtillot et al (2007) rencontrèrent un problème similaire (Courtillot, il faut le noter, est le directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris). Ces chercheurs découvrirent que les séries temporelles des variations du champ magnétique (NDT : terrestre) se trouvaient être bien corrélées avec les mesures de température (NDT : terrestre) – suggérant ainsi l’existence d’une source de forçage non anthropique. Ceci fut immédiatement critiqué par Bard et Delaygue (2008) et on donna à Courtillot et al la possibilité habituelle de répondre, ce qu’ils firent d’une manière raisonnablement convaincante. Cependant, ce qui s’ensuivit fut hautement inhabituel. Raymond Pierrehumbert (professeur de météorologie de l’Université de Chicago et environnementaliste fanatique) posta un blog soutenant Bard et Delaygue et accusant Courtillot et al de fraude et même pire. Alan Robock (coauteur de Vinnikov et al

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déjà mentionné dans la section précédente) perpétua la diffamation dans une lettre envoyée à tous les officiels de l’Union des Géophysiciens Américains. L’affaire fut reprise (en décembre 2007) par les principaux quotidiens français (Le Monde, Libération et Le Figaro) qui considérèrent l’affirmation diffamatoire de Pierrehumbert comme un fait acquis. Comme dans le cas précédent, toute référence au travail de Courtillot et al est considérée comme « discréditée » et aucune mention n’est jamais faite de leur réponse. De plus, un des arguments majeurs contre la position de Courtillot et al est qu’elle contredit les affirmations du GIEC.

En 2005, je fus invité par Ernesto Zedillo à donner une conférence dans un symposium qu’il avait organisé dans son Centre pour les Etudes sur le Développement Durable à Yale. Le sujet défini pour le symposium était « Politique du Réchauffement Climatique après 2012 », et les comptes-rendus devaient paraître dans un livre intitulé « Réchauffement Global : Regard sur l’après Kyoto ». Seuls deux articles relevant de la science du réchauffement global furent présentés : le mien et un autre de Stefan Rahmstorf de l’Institut de Potsdam. Le restant des articles présupposaient essentiellement un scénario alarmiste et se consacraient ensuite à des discussions sur l’économie, les impacts et la politique. Rahmstorf et moi défendîmes des positions opposées, mais il n’y eut aucun échange durant la conférence et Rahmstorf a dû partir pour assister à une autre réunion. Comme convenu, je soumis le manuscrit de mon intervention mais la publication fut retardée de manière interminable, peut-être à cause de la présence de mon article. In fine, le Brookings Institute (un organisme de réflexion centriste du parti Démocrate) accepta de publier le volume. Quand le volume fut finalement publié (Zedillo, 2008), je fus quelque peu choqué de constater que le texte de Rahmstorf avait été modifié par rapport à ce qu’il avait présenté et qu’il s’était transformé en attaque, non seulement de mon article mais aussi de ma personne20. Je n’en avais aucunement été averti et on ne m’avait pas donné non plus l’occasion de répondre. Une demande de renseignements auprès de l’éditeur et de l’imprimeur ne reçut aucune réponse. De plus, l’article de Rahmstorf avait été déplacé de manière à faire suite à mon propre article. Le lecteur est invité à se procurer une copie de cet échange, y compris ma réponse, sur mon site Web (Lindzen- Rahmstorf Exchange 2008) et à juger par lui-même.

Un des outils les plus bizarres du révisionnisme du réchauffement climatique est l’altération posthume de positions sceptiques.

C’est ainsi que les décès récents de deux éminents sceptiques et ayant été actifs sur le plan professionnel, Robert Jastrow (l’ancien directeur-fondateur du Goddard Institute de la NASA pour l’Étude de l’Espace maintenant dirigé par James Hansen, et Reid Bryson (climatologue connu de l’Université du Wisconsin) furent suivis par des notices nécrologiques suggérant des conversions à l’alarmisme pour le réchauffement climatique, sur leur lit de mort.

Le décès d’un autre sceptique actif et éminent, William Nierenberg (ancien directeur du Scripps Oceanographic Institute), donna lieu à la création du Prix Nierenberg qui est attribué,

20 L’analogie étrange du paradigme du réchauffement climatique causé par le CO2 avec la théorie de la relativité générale, mentionnée plus haut dans cette section, y est répétée par Rahmstorf. Cette répétition d’affirmations bizarres est peut-être une conséquence d’une organisation en réseau décrite dans la note 7 de bas de page.

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chaque année, à un activiste environnemental. Le plus récent récipiendaire de ce prix a été James Hansen que Nierenberg détestait.

Sans doute, l’exemple le plus extraordinaire de ce phénomène concerne un article écrit par Singer, Starr, et Revelle (1991). Dans cet article, la conclusion était que nous en savions trop peu sur le climat pour mettre à exécution des mesures draconiennes. Revelle, doit-on le rappeler, fut le professeur auquel Al Gore attribue le mérite de l’avoir introduit aux horreurs du réchauffement induit par le CO2.

Il s’ensuivit un effort intense, mené par un chercheur associé de Harvard, Justin Lancaster, en coordination avec l’équipe d’Al Gore, visant à faire retirer, après son décès, le nom de Revelle de la liste des auteurs de l’article publié. Il fut affirmé que Singer avait fait pression sur un vieillard incompétent pour que son nom soit utilisé. En fait, tous ceux qui connaissaient Revelle, savaient que ce dernier était resté alerte jusqu’à sa mort. Il s’ensuivit un procès initié par Singer, qu’il gagna. Tout cela est décrit en détail dans Singer (2003).

Il arrive que des scientifiques éminents affirment, à titre individuel, leur scepticisme. Le moyen pour les faire taire est assez direct.

Will Happer, le directeur de recherche du Département de l’Energie (et professeur de physique à l’Université de Princeton) a tout simplement été licencié de sa responsabilité gouvernementale après avoir exprimé des doutes sur les problèmes de l’environnement en général. L’affaire est décrite dans Happer (2003).

Michael Griffin, l’administrateur de la NASA, a exprimé, en 2007 et en public des réserves concernant l’alarmisme au sujet du réchauffement climatique. Sa déclaration fut suivie d’une avalanche d’attaques ad hominem d’individus y-compris James Hansen et Michael Oppenheimer. Depuis, Griffin s’est abstenu de faire des déclarations publiques sur le sujet..

Freeman Dyson reconnu comme l’un des grands de la physique théorique, réussit à publier un texte dans le New York Review of books (Dyson, 2008), où, à l’occasion d’une revue des livres de Nordhaus et Zedillo (ce dernier a déjà été cité plus haut), dans lequel il exprimait, avec prudence, son soutien à l’existence de sérieux doutes quant au réchauffement climatique. Il s’ensuivit une série de lettres de reproches ainsi qu’une condamnation sur le site web realclimate.org, accompagnée d’attaques ad hominem. Etant donné que Dyson est à la retraite, il semble que les enthousiastes du réchauffement climatique ne puissent faire beaucoup plus. Cependant, il est possible que nous entendions parler d’une future conversion sur son lit de mort.

5. Les dangers pour la science et la société

Le présent document a tenté de montrer comment les changements dans la structure de l'activité scientifique au cours du dernier demi-siècle ont conduit à une extrême vulnérabilité vis-à-vis de la manipulation politique. Dans le cas du changement climatique, ces failles ont été exploitées avec une efficacité remarquable. Les dangers que cette situation pose, à la fois

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pour la science et la société, sont trop nombreux pour être mentionnés de manière adéquate dans le présent document. Il convient de souligner que la question du changement climatique lui-même constitue un exemple majeur des dangers intrinsèques aux changements structurels dans le domaine scientifique.

En ce qui concerne les dangers spécifiques se rapportant à la question du changement climatique, nous voyons déjà que les projets de changements d’origine politique associés à « l'atténuation des changements climatiques » sont de nature à contribuer à la déforestation, aux émeutes alimentaires, à des guerres commerciales potentielles, à l'inflation, à la spéculation sur l’énergie et une corruption manifeste comme dans le cas d'ENRON (l'un des principaux lobbyistes de Kyoto avant son effondrement). Il ne fait guère de doute que le réchauffement de la planète a été exploité par de nombreux gouvernements et entreprises (et pas seulement par ENRON ; Lehman Brothers, par exemple, a également fortement mis en avant l'alarme du réchauffement global, et comptait sur les conseils de James Hansen, etc.) pour leur propres raisons, mais il est difficile de savoir dans quelle mesure ce type d'exploitation a joué un rôle initiateur dans la question. Les pays émergents ont alors réalisé que les mesures proposées mettent en danger leurs espoirs légitimes d'échapper à la pauvreté, et, dans le cas de l'Inde, cela les a mené, de manière encourageante, à choisir une évaluation des questions sur le climat, indépendamment de la sagesse « officielle » (Gouvernement de l’Inde, 200821).

Dans le cadre du présent document, cependant, je veux simplement noter brièvement les implications spécifiques pour la science et son interaction avec la société. Bien que la société soit sans aucun doute consciente des imperfections de la science, on a rarement rencontré une situation semblable à l'hystérie actuelle sur le réchauffement climatique, où la science institutionnelle s’est si formellement engagée dans une politique qui demande d’énormes sacrifices en ce qui concerne le bien-être mondial. Les erreurs scientifiques passées n’ont jamais conduit l’opinion publique à rejeter la notion que la science, dans son ensemble, fait un effort méritoire.

Toutefois, la base si extraordinairement ténue sur laquelle repose l’engagement envers l’idée d’une catastrophe climatique, et la tendance généralisée de scientifiques à utiliser des moyens non scientifiques pour susciter la préoccupation des citoyens deviennent de plus en plus évidents, et le résultat pourrait aboutir à un renversement de la confiance née des triomphes de la science et de la technologie au cours de la seconde guerre mondiale. En outre, l’utilisation par la communauté scientifique de la peur comme base de soutien peut, en effet, avoir gravement affaibli la capacité de la science à régler utilement les problèmes qui doivent être résolus.

Il convient également de noter que les leçons de la deuxième guerre mondiale n’ont pas toutes été positives. Des programmes intensifs tels que le projet Manhattan ne sont pas adaptés pour

21Un aspect curieux du rapport Indien, profondément non-alarmiste, est la participation importante dans la préparation de ce rapport de M. Rajendra Pachauri (économiste et bureaucrate de longue date aux Nations Unies) qui dirige le GIEC. Le Dr Pachauri a récemment exhorté les Occidentaux à réduire leur consommation de viande afin de sauver la Terre de la destruction par le réchauffement climatique.

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tous les problèmes scientifiques. En particulier, de tels programmes ont peu de chances d'être efficaces dans des domaines où la science fondamentale n'est pas encore en place. Par contre ils sont les mieux adaptés aux problèmes dont les besoins relèvent principalement du domaine de l'ingénierie.

Bien que les changements dans la culture scientifique aient joué un rôle important pour rendre la science plus vulnérable à l'exploitation par les politiques, la résolution de questions spécifiques est peut-être possible sans aborder explicitement les problèmes structurels de la science. Aux États-Unis, où le réchauffement climatique est parvenu à s'embrouiller dans une politique partisane, il y a une opposition naturelle à une exploitation qui ne soit pas spécifiquement fondée sur la science elle-même. Toutefois, le rétablissement du paradigme scientifique traditionnel demandera de plus sérieux efforts.

Ces changements sont peu susceptibles de provenir d’un quelconque décret. Ils ne sont pas non plus susceptibles d'être mis en œuvre par les grandes bureaucraties de la science qui ont aidé à créer le problème en premier lieu. Une approche potentiellement efficace consisterait à modifier la structure incitative de la science. Le mécanisme actuel de soutien pour la science est celui où la résolution d'un problème scientifique est récompensée en mettant fin aux financements. Cela n’encourage guère la solution de problèmes ou la recherche de réelles réponses, ni n’encourage des tests sérieux de différentes hypothèses. L’alternative doit faire appel à une certaine confiance de la part de la société, à de la patience, et à un engagement envers un élitisme qui ne semble guère en harmonie avec les attitudes contemporaines.

Il peut, toutefois, être possible de réaliser un premier pas significatif en commençant par réduire, avec précaution, les financements de la science. De nombreux scientifiques seraient disposés à accepter un plus faible niveau de financement en échange d'une plus grande liberté et d’une plus grande stabilité. D'autres scientifiques pourront trouver le compromis inacceptable et décider d’abandonner l'entreprise. Le résultat, sur la durée, pourrait être un rétablissement progressif d'une meilleure structure incitative. On ne doit pas sous-estimer la résistance institutionnelle à de tels changements, mais les alternatives se révèlent être bien pires.

Il ya quelques années, j'ai décrit une partie de ce dont je viens de discuter ici lors d'une réunion à Erice (Lindzen, 2005). Richard Garwin (que certains considèrent comme l'inventeur de la bombe H) se dressa avec indignation pour affirmer qu'il ne voulait pas entendre une chose pareille. Très franchement, moi non plus. Toutefois, je crains qu’ignorer une chose pareille constituera difficilement une solution, et une solution est peut-être nécessaire pour le bien de l'entreprise scientifique.

Remerciements.

L'auteur tient à remercier Dennis Ambler, Willie Soon, Lubos Motl et Nigel Lawson pour leurs commentaires et leur assistance.

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Annexe 1

11 Juillet 2008

Au nom du comité organisateur, et des co-sponsors du groupe de travail, le GIEC, WCRP, IGBP, US National Science Foundation, et Climate Central, nous avons le grand plaisir de vous inviter à assister à un « Groupe de travail commun IPCC-WCRP-IGBP : Nouvelles Directions Scientifiques et Activités intéressant le GIEC AR5 » qui se tiendra les 3 au 6 mars 2009. La réunion de travail se déroulera à l'International Pacific Research Center (IPRC) de l'Université de Hawaï à Honolulu, Hawaii. L'atelier est ouvert aux WG1 LAs et CLAs de l'ensemble des quatre évaluations. Les compte-rendu seront rendus disponibles par le GIEC.

Cette réunion de travail a plusieurs objectifs majeurs :

1) Les nouveaux résultats scientifiques et les directions de recherche destinées à la prochaine évaluation du Cinquième Rapport du GIEC (AR5) seront étudiés, ainsi qu’une réflexion sur la manière dont les nouvelles observations et modèles pourraient obtenir la plus grande reconnaissance possible dans le prochain AR5. Cela pourrait inclure, sans que ce soit limitatif, par exemple l'instabilité des nappes de glace, la paramétrisation de l'utilisation des sols, les aérosols et leurs effets sur les nuages et le climat, les nouvelles attributions de résultats à au- delà des températures, et l’amélioration des projections de l’ENSO.

2) Succédant à l'AR4, un processus de planification international a commencé à mettre en place un ensemble coordonné d’expérimentations de modèles climatiques avec les AOGCMs ainsi que les Earth System Models émergents (ESMs, incluant de nouveaux aspects végétation-climat et rétroactions du cycle du carbone) pour quantifier le temps d'évolution des changements climatiques régionaux utilisant des scénarios d'atténuation/adaptation. Ces expériences détermineront les clés des rétroactions dans le système climatique en réponse à l'accroissement des gaz à effet de serre. Par exemple, la rétroaction du cycle du carbone a été identifiée comme l'une des principales incertitudes des valeurs supérieures des projections climatiques futures de l’AR4.

Un processus international destiné à élaborer une série de scénarios d'atténuation utilisables dans le WG1, appelé Representative Concentration Pathways (RCPs), culminera en fin 2008, lorsque les scénarios seront remis aux groupes de modélisation WG1. Les ingrédients de ces scénarios (les émissions et les concentrations des différents constituants) seront examinés lors de la réunion de travail afin de s'assurer qu'ils sont compatibles avec ce qui est requis par les nouveaux ESMs. Il est essentiel que les scientifiques réunis au sein du groupe de travail les examinent et en discutent en détail afin de garantir la compatibilité et la cohérence avec les nouveaux ESMs, notamment en ce qui concerne l'utilisation/couverture et émissions des sols, qui seront également un thème central lors de la réunion. En outre, les résultats requis pour les simulations des modèles, et une stratégie d'extension des simulations à long terme, jusqu’en 2300, seront examinés.

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3) La prévision climatique décennale du climat est récemment apparue comme une activité de recherche qui combine des aspects du changement climatique dépendant des prévisions saisonnières/interannuelles et des changements climatiques conduits par les scénarios basés sur les émissions à plus long terme. Les récents résultats de la recherche, ainsi que des plans d’expériences coordonnées pour répondre aux problèmes scientifiques liés à la prévision décennale seront discutés lors de cette réunion.

Aux fins de planification, veuillez vous inscrire pour la réunion de travail à l’adresse suivante :

http://www.regonline.com/Checkin.asp?EventId=633780 avant le 1er septembre 2008. L’information sur l'hôtellerie est disponible sur ce site Web, et les participants sont encouragés à faire leurs réservations dès que possible parce que les réservations pour les différentes options de l'hôtel obéissent au principe du premier arrivé premier servi. Comme il y a un grand nombre de participants potentiels, nous avons besoin de savoir à cette dernière date (1er Septembre) si vous prévoyez ou pas d’y assister afin que nous puissions prendre les dispositions logistiques.

Une participation aux frais d'inscription de 100 $ par participant sera demandée lors de la réunion. Les participations à la réunion seront en grande partie autofinancées, de manière semblable à la réunion d’analyse de modèle du GIEC qui s'est tenu à Hawaii en mars 2005.

Nous attendons cette occasion de rassembler les WG1 CLAs et LAs des quatre rapports d’évaluation pour une réunion scientifique qui une première dans l'histoire du GIEC. Les résultats de cette réunion exceptionnelle fourniront une direction scientifique importante pour la réalisation des premières étapes de la planification du GIEC AR5.

Salutations du comité organisateur,
Gerald Meehl, Jonathan Overpeck, Susan Solomon, Thomas Stocker, et Ron Stouffer

Annexe 2

L'an dernier, une émission de télévision allant à l’encontre de l’alarmisme sur le réchauffement climatique, The Great Global Warming Swindle, a été diffusée par Channel 4 en Grande-Bretagne. Le GIEC a déposé une plainte contre les producteurs de l'émission auprès de l'Office Britannique des Communications (OfCom). L'OfCom a jugé que les producteurs n'ont pas donné suffisamment de temps au GIEC pour répondre (ils avaient environ une semaine), et que l'émission n'a vraiment pas induit le public en erreur.

Steven McIntyre sur son site web, www.climateaudit.org, analyse cette décision ainsi que les réponses malhonnêtes des fonctionnaires du GIEC aux conclusions de l'OfCom. C’est un délicieux exemple d'auto-réfutation. On peut dire que les fonctionnaires du GIEC ont montré qu'ils ont agi politiquement selon un processus visant à nier en bloc le résultat.

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OfCom: la plainte du GIEC

Par Steve McIntyre

Les conclusions de l'Ofcom à propos de la plainte du GIEC figurent ci-dessous. Il y a de nombreux aspects intéressants de cette décision qui se distinguent de tous les autres.

Les conclusions finales de l’Ofcom sont très succinctes. Il a rejeté 2 des 6 plaintes. Pour 3 autres plaintes il a jugé que les producteurs avaient bien envoyé une notification au GIEC, mais que la réponse du 27 février 2007 n’a pas laissé au GIEC un « délai raisonnable » pour répondre avant la diffusion du 8 Mars 2007 (quoique l'Ofcom elle-même stipule que « trois jours ouvrables » sont un « délai raisonnable » pour les parties pour déposer un appel de la présente décision). Ils ont également jugé que les producteurs ont manqué de donner au GIEC la notification adéquate que quelqu'un, au cours de l’émission, disait qu'ils ont été « politiquement motivés». Si les producteurs avaient envoyé leur e-mail du 27 fév. 2007, mettons, le 20 février 2007, incluant la mention dans l'e-mail que l'un des contributeurs déclarait que le GIEC a été « conduit politiquement », alors les producteurs de l’émission auraient été innocentés par rapport à cette réclamation. De petits détails sont quelquefois importants.

Les deux réclamations rejetées sont elles-mêmes plus intéressantes et vous allez certainement vous « gratter la tête » à leur propos. Tel qu’expliqué ci-dessous, les contributeurs du Swindle auraient affirmé que le GIEC avait prédit des catastrophes climatiques et la migration vers le nord du paludisme comme conséquences du réchauffement de la planète. Le GIEC nie avoir jamais proféré de telles affirmations et, apparemment, il a estimé que sa réputation a été ternie pour avoir été associé à de telles déclarations. Ces deux questions ont été réglées par ailleurs, mais de nombreux lecteurs seront intéressés d’en savoir plus quant à cette volonté du GIEC de se dissocier lui-même d’affirmations prétendant que le réchauffement de la planète entraînerait une migration vers le nord de la malaria ou qu’ils aient fait des prévisions de catastrophe climatique.

En outre, dans sa plainte, le GIEC fait de grandioses déclarations à propos de ses « processus ouverts et transparents » ainsi que sur le rôle des éditeurs relecteurs, décrivant le processus comme appartenant au domaine public et donc, par nature, destiné à éviter les « influences indues » d’un quelconque relecteur. Ceci semblera quelque peu surprenant aux lecteurs de ClimateAudit qui sont familiers avec l'évitement des procédures du GIEC par Ammann et Briffa et l’intervention, apparemment occasionnelle, du relecteur Mitchell. De même pour ceux qui ont été témoins de l'obstruction incessante faite par le GIEC et ses fonctionnaires aux demandes d’informations spécifiques relatives à ce prétendu «processus ouvert et transparent ».

Les deux réclamations rejetées

Deux des sujets de réclamation ont été totalement rejetés.

Le GIEC a nié avoir affirmé que le paludisme « se propagerait » à cause du réchauffement climatique (comme affirmé par Channel 4) et a dit qu’il était injuste de la part de Channel 4

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d’avoir diffusé cette déclaration sans lui avoir donné une possibilité adéquate de répondre. Cette revendication a été résolue par d’autres moyens (du fait que l'allégation de Paul Reiter ne mentionne pas spécifiquement le GIEC). Cependant, de nombreux lecteurs seront surpris et intéressés de savoir que le GIEC estime que sa réputation est ternie quand on lui attribue l’affirmation que le paludisme se propage en raison du réchauffement de la planète.

Le GIEC s'est plaint que « l’émission ait faussement affirmé que son FAR (1990) prédisait des catastrophes climatiques en raison du réchauffement de la planète », sans la possibilité de se défendre contre l'indignité d'être accusé d’avoir fait une telle déclaration. C'est un soulagement pour tout le monde de savoir que non seulement le GIEC n’a pas prédit des catastrophes climatiques, mais qu’il estime insultant d’avoir été associé à une telle déclaration. L'Ofcom a examiné certains éléments de preuve contemporains, dont un discours de Margaret Thatcher dont le contenu scientifique a été approuvé par Houghton, et en est arrivé à la conclusion que ce n'était pas une caractérisation déraisonnable. Leur décision sur cette question a été la suivante :

Le Comité a estimé que le commentaire qui décrit le FAR (1990) comme prédisant une « catastrophe climatique à la suite du réchauffement de la planète » n'est pas une allégation contre le GIEC et n'est donc pas injuste à son égard. Il n’incombait donc pas, par conséquent, aux réalisateurs de proposer au GIEC l’opportunité appropriée et dans un temps raisonnable de répondre à ce commentaire particulier.

Les parties les plus intéressantes de ces deux questions ont été les défenses du GIEC.

Trois problématiques où les notifications n’ont pas été faites à temps.

Sur trois parties de la plainte (les critiques de Reiter à propos de la section malaria du rapport du GIEC, les critiques de Reiter sur la manière dont le GIEC a sélectionné ses auteurs, les critiques de Seitz à propos du fiasco SAR-Santer), l'Ofcom a estimé que les producteurs ont envoyé une notification au GIEC conforme aux exigences, mais qu’ils n'ont pas laissé au GIEC un intervalle de temps raisonnable pour répondre.

Quel serait un intervalle de temps raisonnable ? L’Ofcom affirme dans ses directives pour le traitement des plaintes et des cas standards (dans les émissions et le parrainage) que trois jours ouvrables sont un « délai raisonnable » pour un appel, 5 jours ouvrables pour que les diffuseurs fournissent les éléments réclamés, et 10 jours oeuvrés pour délivrer certaines sortes de soumissions écrites détaillées.

Alors que les producteurs ont eu des contacts préliminaires avec le GIEC en Octobre 2006 (à la suite de quoi ils ont été renvoyés sur un site Web), la première notification au GIEC qu'ils présenteraient les allégations de Reiter et Seitz est survenue le 26 février 2007 (un lundi). A laquelle, il n’y a pas eu de réponse. Un e-mail de confirmation a été envoyé trois jours plus tard le 1er Mars 2007, toujours sans réponse. Au moment de la première diffusion de l'émission, le 8 Mars 2007, dix jours (8 jours oeuvrés) après la première lettre de notification, le GIEC n'avait toujours pas envoyé de réponse. Il n’en a pas non plus envoyé une en préalable à la seconde diffusion. L'Ofcom conclut que :

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Le GIEC est un organisme important, avec des ressources considérables à sa disposition et il emploie un Chargé d’Information et de la Communication. A partir de ces considérations, il est permis de penser que le GIEC aurait dû être en mesure de répondre aux e-mails des producteurs (supposés avoir contenu suffisamment d'informations sur les allégations qui seraient faites dans l’émission)

D’un autre côté, l'Ofcom a noté que les producteurs ont failli à informer suffisamment le GIEC des délais :

Comme mentionné ci-dessus, il est significatif que l’e-mail émanant de la production daté du 26 Février 2007 n’ait donné au GIEC aucune indication sur la date à laquelle sa réponse était requise et l’e-mail suivant du 1er Mars 2007 (envoyé à 19h33) a ensuite donné comme délai le jour suivant. Aucun de ces e-mails n’a indiqué la date de diffusion.

Prenant en compte l’ensemble des éléments mentionnés ci-dessus, le Comité a estimé qu'il était déraisonnable pour les producteurs de s'attendre à ce que le GIEC comprenne que sa réponse était requise pour les jours suivants, et qu'il n'était pas raisonnable de s'attendre à ce que le GIEC soit en mesure de fournir une réponse dans la journée après avoir été avisé de la date limite. Le Comité a donc jugé que la possibilité de répondre n’a pas été offerte en temps et en heure.

A propos de ces conclusions, il y a une leçon de procédure sur le besoin d’un préavis clair et sans équivoque. Dans ce cas particulier, il semble très peu probable que le GIEC se soit donné la peine de répondre dans ces circonstances. Donc les producteurs auraient facilement pu éviter ce problème simplement en donnant un préavis plus clair et plus informatif. Par exemple, s’ils avaient envoyé l'e-mail le 20 février au lieu du 27 en donnant au GIEC leur date limite, on ne voit pas comment ces parties de la plainte du GIEC auraient pu être prises en considération.

Je note qu'il semble que le GIEC lui-même n’a même pas enregistré la « Plainte du GIEC ». Cela semble être une autre invention de Rado et associés. Il est indiqué sur leur site web :

Sir John Houghton ... co-habilité pour notre plainte en équité au nom du GIEC .... Dr Pachauri co-habilité pour notre plainte en équité au nom du GIEC. ...Martin Parry également co-habilité pour notre plainte en équité au nom du GIEC ... Professor [Robert] Watson co-habilité pour notre plainte en équité au nom du GIEC. » ...

Ce que je prends comme la preuve que le GIEC n'a pas, lui-même, déposé la plainte. Normalement, pour être reçue par l'Ofcom, une plainte en « équité » doit être faite par la personne directement concernée. Dans certaines situations un tiers peut être autorisé à déposer la plainte ; je n'ai pas examiné si ces situations s'appliquent ici.

Toutefois, la forme de « l’autorisation » du GIEC semble très curieuse. John Houghton est supposé « co-habilité pour notre plainte en équité au nom du GIEC ». Bien que Houghton ait évidemment été une figure importante dans l’organisme GIEC, il n’est pas mentionné sur le

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site web du GIEC comme l'un de ses dirigeants actuels et ne semble pas disposer de suffisamment de pouvoir pour « déposer » la plainte. L’apparition de Robert Watson sur cette liste est également intéressante. Watson n'est pas non plus mentionné comme un agent actuel du GIEC ; le site Web de Rado précise que Watson est actuellement conseiller scientifique en chef du DEFRA. Qu'un employé du DEFRA puisse se considérer lui-même comme ayant le pouvoir d'autoriser le dépôt d'une action au Royaume-Uni au nom du GIEC, qui, dans d'autres circonstances, affirme ses droits à l'immunité en tant qu'organisation internationale, est pour le moins surprenant.

Une organisation « politique »

La dernière « question » concernée a été la déclaration de Philip Stott affirmant que le GIEC était une organisation « politiquement orientée».

Dr Philip Stott: « Le GIEC, comme tout organe de l'ONU, est politique. Les conclusions finales sont politiquement orientées».

Cette question diffère quelque peu des 3 plaintes envisagées au motif précédent en ce que il n’a pas été fait mention au GIEC dans les email du 26 fév. 2007 que la production dirait qu'ils sont « politiquement orientés ».

Pour sa défense, Channel 4 a déclaré :

Le contributeur de l’émission, le Dr Philip Stott, a principalement fait la constatation d’un fait. Channel 4 a dit que l’émission a établi le point important et réel que le GIEC est aussi bien politique que scientifique. Channel 4 a dit que le président du GIEC et les auteurs sont désignés par les gouvernements et que les rapports sont examinés par les fonctionnaires gouvernementaux avant leur publication. En outre, Channel 4 a dit que le GIEC a été critiqué à plusieurs reprises pour avoir été entravé par une ingérence politique. Channel 4 a donc maintenu le fait qu’il était tout à fait correct que le professeur Stott affirme que le GIEC est « politiquement orienté ».

La réponse du GIEC sera particulièrement étonnante pour les lecteurs de Climate Audit qui ont constaté les refus du GIEC de fournir une archive complète de ses Commentaires et Réponses de relecture (en violation directe de ses propres procédures formelles), un refus encouragé par des refus d'accès équivalents à des requêtes nationales FOI. L’Ofcom résume leur réponse :

En ce qui concerne les affirmations que le GIEC est « politiquement orienté», le GIEC a déclaré que l'exigence d'ouverture et de transparence dans ses processus résulte du fait qu'il a été impossible à toute ingérence indue de se produire ou à toute pression indue d’être appliquée par tout relecteur (Gouvernemental ou autre).

Le GIEC a dit que l’expert relecteur gouvernemental est libre de demander à tout auteur principal de reconsidérer ce qu'il a écrit, mais uniquement sur la base du contenu scientifique. L'auteur principal examinera ensuite les observations ou demandes de changement. Si l’auteur principal souhaite alors effectuer les changements, il/elle doit tenir compte de la décision de

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son éditeur de relecture, qui prendra la décision finale. Ces changements doivent être documentés et les résultats rendus publics.

Le GIEC estime que, compte tenu des propres procédures du GIEC, les arguments de Channel 4 par rapport à ce motif de plainte ont été soit mal informés soit déloyaux.

Pardon ? Ce n’est pas là la véritable description du processus que j'ai connu ou qui a été expliqué ici. Pour le terme « Déloyal » - ils doivent absolument demander à Michael Mann des leçons de déontologie.

D’après mon expérience personnelle, nous savons que Ammann a éludé le processus formel « ouvert et transparent » par l'envoi de commentaires au sujet de notre travail en dehors du processus institutionnel et que les parties ont par la suite refusé de produire les commentaires contraires. Est-ce que ces échanges ont produit une « ingérence indue » ou des « pressions indues » par un relecteur ? Le but du processus « ouvert et transparent » est de faire que ce que le GIEC a présenté à l'Ofcom soit ce qu’il avait dit. Malheureusement ce n’est pas le cas.

Il en est de même en ce qui concerne le rôle des éditeurs-relecteurs. Le GIEC à affirmé à l'Ofcom que « l’éditeur-relecteur» prenait la décision finale. Mais l’éditeur-relecteur Mitchell a dit que ces décisions appartenaient à Briffa et aux auteurs du chapitre. Bien que le GIEC affirme que ce processus est « public », le GIEC a refusé de fournir les commentaires de Mitchell et Mitchell a concocté d’absurdes et fausses raisons pour éviter de produire les commentaires (jusqu’à prétendre qu'il a agi en tant qu’éditeur-relecteur du GIEC au titre d’une expertise « personnelle » et qu'il a détruit toute sa correspondance du GIEC).

Voici comment l'Ofcom a jugé cette plainte :

De l'avis du Comité, les téléspectateurs auront compris de l’ensemble du passage (cité ci- dessus) que le GIEC n'est pas un organisme purement scientifique et que ses conclusions « scientifiques » étaient teintées de manière significative par des intérêts politiques.

Le Comité a estimé qu’une telle impression concernait les fondements de la fonction et de la réputation du GIEC : à cet égard, elle a noté que le GIEC a été mis en place après un accord gouvernemental international dans le but de produire des évaluations scientifiques objectives pour informer les politiques et les processus décisionnels dans le monde entier. Le Comité a estimé que « politiquement orienté» était une allégation forte et potentiellement dommageable qui, dans le contexte de cette partie de l’émission, suggérait une influence politique directe et avait clairement pour objectif de remettre en question la crédibilité du GIEC ....

Dans ces circonstances, le Comité a conclu que le GIEC n’a pas pu bénéficier du temps nécessaire ou de l'occasion de répondre à l'allégation importante que ses conclusions ont été « politiquement orientées ». Cela s'est traduit par une iniquité vis-à-vis du GIEC dans l’émission diffusée.

Résumé

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Ainsi, qu’a gagné exactement le GIEC ? L'Ofcom a déclaré que les producteurs auraient dû lui donner un préavis avec un délai plus raisonnable pour des allégations de Reiter sur l’examen de la section paludisme et la liste des auteurs et pour les allégations Seitz au sujet du SAR et l’affirmation selon laquelle ils allaient dire que le GIEC était «politiquement orienté ».

L’Ofcom est-il d’accord sur le fait que le GIEC produise de bons ou de mauvais rapports ? Aucune. Il s’est appliqué à tricoter et à rendre des décisions soigneusement motivées pour établir si les producteurs ont donné le préavis adéquat à quelqu'un qui est l’objet d’une critique, comme il est requis selon le code de la radiodiffusion.

« Justification »

Voyons maintenant les réactions des responsables du GIEC à propos de cette décision.

Pachauri :

Nous sommes heureux de constater que l'Ofcom a justifié la réclamation du GIEC à l'encontre de Channel Four en esprit et en substance, et a soutenu la plupart des plaintes formulées par ceux qui respectent les processus du GIEC. Il est réconfortant de voir que le processus d'examen du GIEC, et la crédibilité de ses publications ont été confirmés, de même que l'affirmation que Channel Four n'a pas donné au Comité suffisamment de temps pour répondre à la plupart de ses allégations. Le GIEC est un organisme qui rassemble les meilleurs experts du monde entier engagés à travailler sur une évaluation objective de tous les aspects du changement climatique. La pertinence et l'intégrité de son travail ne peuvent être rabaissées par d’irresponsables ou de trompeurs rapports. Nous exprimons notre satisfaction à la Commission de l'équité de l'Ofcom, et sommes satisfaits de leurs décisions sur cette question.

Une partie de cette déclaration est tout simplement erronée. L’Ofcom n'a pas « soutenu » le processus d'examen du GIEC ni la crédibilité de ses publications, il ne les a pas rejetés non plus. Il ne les a tout simplement pas examinés. Pachauri a totalement déformé la décision.

Houghton :

La décision de ce jour provenant de l'Ofcom en ce qui concerne l’émission the Great Global Warming Swindle a exposé les trompeuses et fausses informations concernant le Groupement intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) qui étaient contenues dans cette émission et qui ont été largement diffusées par la communauté sceptique. L'intégrité des rapports du GIEC a donc été confirmée de même que leur valeur en tant que source de renseignements exacts et fiables sur les changements climatiques.

Encore une fois, tout est complètement faux. La décision de l'Ofcom n'a pas « exposé les trompeuses et fausses informations » concernant le GIEC et n’a pas, non plus, « confirmé l'intégrité des rapports du GIEC ». Elle n'a pas non plus approuvé l’émission ni rejeté

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l'intégrité des rapports. Elle n'a fait aucun jugement à leur sujet d'une manière ou d'une autre. Elle a simplement dit que les producteurs n’ont pas donné de notification suffisante au GIEC pour répondre.

Robert Watson

Je suis heureux que l'Ofcom ait reconnu les graves inexactitudes du Global Warming Swindle et ait aidé à mettre les choses au clair.

Encore faux. L’Ofcom n'a rien fait de tel. Il n'a fait aucune tentative pour régler les différends scientifiques.

Martin Parry :

Ceci est une excellente nouvelle. Le public et les décideurs ont besoin d’avoir confiance dans la science du changement climatique. La réputation du GIEC en tant que source fiable et qualitative de l'information a été pleinement confirmée par cette décision de l'Ofcom. Le Great Global Warming Swindle de Channel 4 était lui-même une mauvaise tentative d'escroquerie de la confiance dont le public a besoin vis-à-vis des avis scientifiques.

C’est encore une fois complètement faux. La décision de l'Ofcom n'a pas « défendu » la « réputation du GIEC en tant que source fiable et qualitative de l'information ». Elle n'a pas non plus dénigré sa réputation. Elle a simplement dit que le GIEC n'a pas eu assez de temps pour répondre.

Annexe 3

Du Boston Globe
Convaincre les sceptiques du changement climatique Par John P. Holdren | 4 août 2008

LES RARES « sceptiques » du changement climatique avec toutes sortes de crédibilité scientifique continuent de retenir l'attention des médias, sans commune proportion avec leur nombre, leurs qualifications, ou la valeur de leurs arguments. Et ceci jette le trouble sur le discours public. Il est amplifié par la répétition de ces arguments au sein d’une plus grande communauté de sceptiques amateurs sans aucune caution scientifique. Les observateurs habitués des débats publics sur les menaces environnementales savent que les sceptiques au sujet de ces questions ont tendance à évoluer, au fil du temps, en passant par trois étapes.

Tout d'abord, ils vous disent que vous avez tort et qu’ils peuvent le prouver. (Dans ce cas, « le climat ne change pas de manière inhabituelle ou, si c’est le cas, les activités humaines n’en sont pas la cause. ») Ensuite, ils vous disent que vous avez raison, mais que cela n'a pas d'importance. (« OK, cela change et l'homme joue un rôle, mais celui-ci ne fera pas beaucoup de mal. ») Enfin, ils vous disent que c’est fondé mais qu’il est trop tard pour faire quoi que ce soit à ce sujet. (« Oui, la perturbation du climat va faire quelques dommages réels, mais il est trop tard, trop difficile ou trop coûteux pour l’éviter, vous devez seulement courber l’échine et souffrir. »)

Toutes ces positions sont représentées parmi les sceptiques du changement climatique, qui infestent les talk- shows, les blogs internet, les lettres aux éditeurs, les op-ed et les conversations de cocktail. Les rares qui soient qualifiés dans la science du changement climatique sont pourtant pratiquement tous passés au cours des

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dernières années de la première catégorie à la seconde, et les passages de la deuxième à la troisième sont de plus en plus fréquents. Les trois factions sont dans l’erreur, mais la première est la pire. Leurs arguments, tels qu'ils sont, montrent deux énormes lacunes.

Tout d'abord, ils ne proposent aucune alternative plausible capable d’expliquer la perturbation du climat mondial observée, par exemple une cause autre que les accumulations dans l'atmosphère de gaz à effet de serre qui ont été mesurés sont sans aucun doute liées aux activités humaines. (L'argument selon lequel les variations de l’irradiance solaire pourraient en être responsables ne passe pas au crible d’un certain nombre de tests scientifiques élémentaires.)

Deuxièmement, n'ayant pas réussi à trouver une solution de rechange, ils n'ont même pas essayé de faire ce qui serait logiquement nécessaire s’ils en avaient une, qui est d'expliquer comment il est possible que tout ce que la science moderne nous dit à propos des interactions des gaz à effet de serre avec les flux d'énergie dans l'atmosphère, soit erroné.

Les personnes qui sont tentés de se laisser influencer par la frange des sceptiques devraient se demander comment il est possible, si le changement climatique d’origine humaine est un canular, que les dirigeants des académies nationales des sciences des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, d’Allemagne, du Japon, de la Russie, de la Chine et de l’Inde, entre autres, affirment que le changement climatique mondial est bien réel, causé principalement par les humains, et réfléchissent à une rapide action concertée. C'est aussi le point de vue de l'écrasante majorité des membres des départements des sciences de la terre dans les meilleures universités du monde.

Les trois titulaires d'un prix Nobel en sciences qui leur a été attribué pour l'étude de l'atmosphère (Le prix Nobel de chimie en 1995 pour Paul Crutzen, Sherwood Rowland et Mario Molina, pour la compréhension de ce qui se passe pour la couche d'ozone) sont des leaders dans le courant scientifique dominant qui étudie les changements climatiques.

Aux États-Unis les sondages indiquent que la plupart des sceptiques amateurs sont républicains. Ces sceptiques républicains doivent se demander comment le candidat à la présidentielle John McCain a pu en faire partie. Il a fustigé l'administration Bush pour huit ans d'inaction sur le changement climatique, et la politique qu'il mettrait en œuvre en tant que président inclurait des baisses rapides et importantes des gaz à effet de serre aux États-Unis. (La position du sénateur Barack Obama est similaire.)

L'ampleur du scepticisme sans fondement sur la perturbation du climat mondial par la production de gaz à effet de serre par l'homme n'est pas seulement regrettable, elle est dangereuse. Elle a retardé - et continue de retarder- le développement de la politique consensuelle nécessaire pour que la société recoure à des remèdes à la mesure du défi. La science du changement climatique nous dit que nous devons le faire. Ceux qui pensent encore que tout cela est une erreur ou une fausse alerte doivent à nouveau réfléchir.

John P. Holdren est professeur à la Kennedy School of Government et au Département de la Terre et des Sciences de la Planète à l'Université de Harvard et directeur du Woods Hole Research Center.

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04 décembre 2019

Homéopathie : le débat relancé

Homéopathie : des propos chocs à l’Assemblée nationale
 
Santé Corps Esprit - la lettre

L'homéopathie serait-elle l'avenir de la médecine ?

 

Cher(e) ami(e) de la Santé,

Les oreilles d’Agnès Buzyn ont dû siffler.

Cela s’est passé jeudi dernier, à l’Assemblée nationale.

Il y avait des députés, des médecins, des pharmaciens, des vétérinaires…

…et un prix Nobel de médecine, le Professeur Luc Montagnier.

Tous étaient là pour défendre l’homéopathie comme médecine d’avenir, pour les hommes… comme pour les animaux !

 

Et cela a commencé très fort, avec cette interpellation de la Ministre :

Madame Buzyn, où est la logique ??

Un médecin vétérinaire s’est écrié :

« Le Ministère de la Santé – donc Madame Buzyn – finance des formations aux éleveurs pour qu’ils donnent plus d’homéopathie à leurs bêtes, et moins d’antibiotiques…

…et en même temps, elle annonce le déremboursement de l’homéopathie pour les patients.

Où est la logique ? »

Et en effet, la contradiction est énorme !

Ce qui se passe chez les bêtes, dans les élevages, est très révélateur.

Beaucoup d’éleveurs ont abusé des antibiotiques pendant des années (comme les médecins !)

Au total, la moitié des antibiotiques de la planète sont utilisés… par les éleveurs !

Le drame est que ces antibiotiques contaminent la planète entière !

Une preuve récente : des chercheurs ont analysé 711 cours d’eau dans 72 pays différents.

Eh bien dans 100 % de ces cours d’eau, ils ont découverts au moins un antibiotique, à des doses supérieures aux normes acceptables[1] !

C’est un désastre écologique, et une menace pour la survie même de l’espèce humaine.

Car ces antibiotiques créent des bactéries résistantes, potentiellement ultra-dangereuses.

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, l’antibio-résistance est « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale » !

Quel est le rapport avec l’homéopathie, me direz-vous ?

Ces vétérinaires et éleveurs qui ADORENT l’homéopathie !

Pour beaucoup de professionnels de l’élevage, l’homéopathie est très efficace… et permet de diminuer l’utilisation d’antibiotiques !

Écoutez ce qu’a dit le « député-paysan » Yves Daniel, ancien éleveur :

« Quand j’ai parlé de l’homéopathie à mon médecin, il m’a dit : c’est bien si vous y croyez….

Eh bien dans ce cas, mes bêtes y croient, à l’homéopathie ! »

C’est un joli pied de nez à ceux qui disent que l’homéopathie n’est qu’un « placebo ».

De fait, l’homéopathie est utilisée par des agriculteurs dans le monde entier.

Toujours à l’Assemblée nationale, la vétérinaire Jacqueline Peker a raconté cette anecdote étonnante :

« J’étais au Brésil, où j’ai aidé des éleveurs à faire des formulations homéopathiques.

Un jour, on survole les champs dans un tout petit hélicoptère, quand soudain je vois des canadairs qui déversent un liquide sur les vaches !

Je demande ce que c’est… eh bien c’était le remède homéo que j’avais formulé ! »

La science n’a pas encore tranché sur l’efficacité de l’homéopathie.

Mais une chose est certaine : l’homéopathie permet de diminuer les médicaments dangereux…

…chez les animaux comme chez les humains !

Qu’on y « croit » ou pas, l’homéopathie est bénéfique pour la collectivité

L’immense intérêt de l’homéopathie, c’est d’éviter de donner des médicaments problématiques.

Écoutez ce que dit le député Eric Pauget, dans le Livre Blanc pour l’Homéopathie[2] :

« J’aimerais attirer l’attention de Madame la Ministre (Agnès Buzyn) sur l’impact budgétaire du déremboursement de l’homéopathie.

Une telle décision risquerait de se traduire par un surcoût pour la collectivité du fait d’un report de prescription vers des médicaments plus onéreux ».

En clair, dérembourser l’homéopathie ne permet pas de faire des économies… au contraire !

Les médicaments homéopathiques ne coûtent presque rien. Ils ne représentent que 0,29 % des dépenses de médicament en France… une goutte d’eau !

Mais s’ils sont déremboursés, des patients se tourneront vers des médicaments plus chers, qui creuseront le trou de la Sécu !

Ce n’est pas un hasard si près de 20 000 médecins généralistes prescrivent de l’homéopathie tous les jours en France.

Cela évite aussi d’utiliser des médicaments problématiques :

Combien d’antibiotiques à répétition, pour des otites, ont été évités grâce à l’homéopathie ?

Combien de médicaments inutiles et dangereux contre la fièvre ont été évités grâce à l’homéopathie ?

Combien d’anxiolytiques et de somnifères dangereux sont évités grâce à l’homéopathie ?

Réponse : énormément – même si c’est difficile à calculer exactement.

Et c’est pour ça que l’homéopathie est précieuse, placebo ou pas.

Si c’est un placebo, pourquoi une telle popularité ?

Regardez ce qui est arrivé à Samuel Hahneman, le fondateur de l’homéopathie.

En 1835, à l’âge de 80 ans, ce médecin renommé s’installe à Paris.

Mais les « pontes » de l’époque veulent l’empêcher d’exercer son métier !

Les savants de l’Académie de Médecine publient même un avis très défavorable contre sa nouvelle médecine.

C’est alors qu’un ministre plus éclairé que les autres, François Guizot, leur fait ce discours mémorable :

«Si l'homéopathie est une chimère ou un système sans valeur utilitaire, elle tombera d'elle-même. 

Si elle est, au contraire, un progrès, elle se répandra en dépit de vos mesures de préservation ».

Ce discours a près de 2 siècles… et l’homéopathie n’a cessé de gagner du terrain depuis !

Aujourd’hui, elle est encore très populaire, avec 77 % des Français qui disent l’utiliser !

Si vous écoutez les adversaires de l’homéopathie, ces millions de Français se « font avoir » par l’effet placebo.

Mais si c’est le cas, avouez que c’est très mauvais signe pour la médecine conventionnelle !

Si les patients préfèrent des « placebo » à de « vrais » médicaments, c’est que les « vrais » médicaments sont peu efficaces ou bien ont de sérieux effets indésirables !

En fait, on a de bonnes raisons de penser que l’homéopathie n’a pas seulement un effet placebo.

Et ces raisons, c’est le Pr Luc Montagnier lui-même, Prix Nobel, qui les a données, à la tribune :

Le mystère des « structures de l’eau », secret de l’homéopathie ?

Je rappelle que les adversaires de l’homéopathie disent qu’il est impossible que des granules puissent avoir le moindre effet.

Pourquoi ? Parce que les granules ne contiennent pas de « molécule active ».

De fait, les médicaments homéopathiques ne contiennent pas d’autre molécule que de l’eau (et du sucre).

Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne contiennent « rien ».

Ce n’est pas parce qu’on n’arrive pas à observer quelque chose que cela n’existe pas.

Jusqu’au 19ème siècle, on ne voyait pas les virus et bactéries, mais ils existaient bel et bien – et on s’est moqué des visionnaires qui encourageaient à se laver les mains.

Jusqu’au milieu du 20ème siècle, on ne voyait pas les vitamines – et on s’est moqué des naturopathes qui parlaient d’éléments « vitaux » dans les aliments crus.

Il y a quelques mois seulement, les scientifiques ont découvert un nouvel organe dans le corps humain, l’interstitium, et qui est rempli de fluide[3].

Tout cela pour vous dire que la science progresse en permanence !

Et selon le Pr Montagnier, des études récentes montrent que l’eaupourrait contenir des informations[4].

Il est possible que le grand Jacques Benveniste ait eu raison : l’eau pourrait avoir une « mémoire », et cela pourrait expliquer l’intérêt de l’homéopathie.

Cela reste à prouver, bien sûr, mais une chose est sûre : à ce jour, la science n’est sûre de RIEN, dans un sens ou dans un autre !

Ne croyez surtout pas ceux qui vous disent que l’intérêt de l’homéopathie est « scientifiquement impossible ».

Au contraire, le 21ème siècle est en train de découvrir que notre corps ne fonctionne pas seulement par l’effet des « molécules »… mais aussi par la transmission d’information et d’énergie !

Par exemple, on a découvert tout récemment que l’efficacité redoutable de nos enzymes (digestives, par exemple) s’explique par des phénomènes énergétiques de nature quantique ![5]

Voilà pourquoi cette journée à l’Assemblée nationale était formidable.

Il faut continuer la recherche scientifique sur l’homéopathie, pas la censurer !

Et il faut continuer à la rembourser, tant qu’elle apporte des bienfaits évidents aux patients !

Bonne santé,

Xavier Bazin

PS : je tiens à saluer et féliciter les Dr Eraud et Scimeca[6], deux grands médecins homéopathes, qui ont organisé ce colloque à l’Assemblée nationale, avec l’aide de deux députés, grands défenseurs de l’homéopathie, Yves Daniel et Paul Molac.

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29 novembre 2019

Documentation : recherche hier et aujourd'hui

 

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Je me souviens. Lors de la préparation de mes premiers livres, j'allais à la Bibliothèque Nationale. L'ancienne, de la rue Richelieu, pas la nouvelle de Mitterrand. La salle principale sentait le vieux bois et le vieux cuir, le vieux papier aussi. J'avais un mot d'introduction de mon éditeur pour y être admis car ce n'était pas ouvert au grand public comme ça. On cherchait les références dans des registres, on remplissait une fiche qu'on donnait à l'appariteur, et quelques instants plus tard l'ouvrage demandé était sur la table de travail. Puis, plus tard, il y eut des écrans. C'était plus facile pour chercher les références et demander à consulter un livre, mais ça cassait un peu l'ambiance surrannée que j'appréciais tant.

Une année, j'avais même pris à l'hôpital une semaine de congé-formation pour assister aux "Entretiens de Bichat". Je suis allé à Bichat le premier jour pour faire valider ma présence au congrès, puis, toute la semaine, j'étais rue Richelieu matin et soir pour mes recherches bibliographiques.

Aujourd'hui, alors que j'ai une commande de mon éditeur pour une biographie, foin de tous ces voyages à Paris! Je dois parler à un moment de Valentine de Saint-Point que je ne connais ni des lèvres ni des dents, comme aurait dit Bérurier? Hop! Google! et je sais tout sur elle, sauf la couleur de sa petite culotte. Et le reste à l'avenant.

Ça facilite énormément le travail, mais ça me laisse une grande nostalgie. Un peu la même que, à l'époque où je naviguais sur mes voiliers et que le GPS a remplacé les heures de calcul à la table à carte, surtout en Manche.

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24 novembre 2019

Écolo ou escrolo?

Je transmets ces commentaires reçus par mail et qui me paraissent pertinents :

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Carlos Tavares (patron de PSA)

 

"Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d'aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant.

Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n'est pas aussi beau que ça en a l'air, sur le recyclage des batteries, l'utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge? 

Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ?

Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ?

Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ?              

Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ? 

Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ?

Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétal pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ? 

Je m'inquiète en tant que citoyen, parce qu'en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible. 

Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels."

 

STÉPHANE LHOMME   

(Directeur de l’Observatoire du nucléaire) 

Le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique. 

Le subventionner n’a pas de sens, explique le directeur de l’Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme.

La fabrication des batteries est tellement émettrice de CO² qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique …. Pour commencer à être moins producteur de CO² qu’une voiture thermique.  Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !

 

AFP / DANIEL ROLAND

Or, contrairement à ce que croient la plupart des gens, soumis à une propagande continuelle des politiques et des industriels, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse pour le climat que la voiture thermique, essence ou diesel.

Ce sont là les conclusions d’une étude, déjà ancienne, de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe),ignorées délibérément par le gouvernement (Élaboration selon les principes des ACV des bilans énergétiques, des émissions de gaz à effet de serre et des autres impacts environnementaux induits par l’ensemble des filières de véhicules électriques et de véhicules thermiques à l’horizon 2012 et 2020, (novembre 2013)

Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint. 

De plus, tout le CO² émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre. 

Alors qu’il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines, comme le signale le magazine Science et Vie (janvier 2015), « les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diésel ». 

 

La voiture électrique émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu'elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron !

Au final, la voiture électrique n’est pas plus écologique que la voiture thermique. 

L’argent public consacré à son développement est donc totalement injustifié. 

Or, il s’agit de sommes astronomiques :   

– Le gouvernement a lancé un plan d’installation de 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un cout d’environ 70 milliards d’euros.

Il est d’ailleurs poignant de voir les élus de petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, casser la tirelire municipale pour s’offrir une borne ;

– Le bonus « écologique » à l’achat d’une voiture électrique dépasse        

10 000 € par véhicule, souvent complété par une prime de la région.

La quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés, car ces véhicules sont très chers : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés.

En réalité, au pays de l’atome, tous les moyens sont bons pour « booster » la consommation d’électricité, en baisse continue depuis des années.

Car la voiture électrique en France peut être considérée comme une « voiture nucléaire » : la quasi-totalité des bornes de rechargement installées sont branchées sur le réseau électrique ordinaire, à 80 % nucléaire.

Il ne faut pas se laisser abuser par les certificats mis en avant par M. Bolloré et ses Autolib (Paris), Bluecub (Bordeaux) et Bluely (Lyon), assurant qu’elles sont rechargées aux énergies renouvelables : il ne s’agit que de jeux d’écriture ; l’électricité utilisée est la même qu’ailleurs.

Nous ne faisons pas ici la promotion de la voiture thermique, elle-même une calamité environnementale. 

Mais, justement, personne n’aurait l’idée d’offrir 10 000 euros à l’achat d’une voiture diesel, de lui réserver des places de stationnement et de remplir son réservoir à prix cassé…

C'est une très bonne analyse démontrant que nos politiques (et les verts) nous font du spectacle:

La paranoïa du diésel ne concerne que les automobilistes !!!

Les Poids lourds, Autocars, Navires, sont exclus 

 Juste pour situer le degré de paranoïa des plus virulents détracteurs du véhicule diesel,  il faut leur révéler les données de l’'industrie maritime qui a démontré qu'en considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’'automobiles de la planète.

Vous savez, ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils brulent chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe.

Ces malheureux 40 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers.

Pour ne pas quitter le domaine maritime, rappelons que la flotte de plaisance française est d’environ 500.000 unités, dont 5.000 yachts de plus de 60 mètres, et que le plus moyen de ceux-ci brule environ 900 litres de fuel en seulement une heure, alors que les 24 % de foyers français qui se chauffent au fioul ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.

Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France et les milliers d’avions qui sillonnent le ciel. 

Pour compléter cette petite fable, n’oublions pas l’indispensable domaine agricole où la consommation moyenne d’énergie est de 101 litres de fuel par hectare.

 

 

Les journaleux sont achetés par  le pouvoir pour la boucler et nous laver les cerveaux.

 

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15 novembre 2019

Notre Dame de Paris : attentat et non accident

Voici un bouquet de témoignages concordants, émis par des personnes compétentes :

> > Morgane Dumoulin 

> >    « Malheureusement, je pense que ce n’est pas un accident : ancienne étudiante de l’Ecole du Louvre, diplômée en Histoire de l’art, j’ai visité la charpente de Notre Dame avec des architectes des Bâtiments de France, il y a plusieurs années. Cette charpente de bois, du Xlle siècle, était protégée comme jamais ! 

> >   Chaque intervention est toujours accompagnée par des architectes, des experts, des historiens, ... Aucun début de travaux n’est envisagé, sans une prudence extrême : pas de source de chaleur, aucun chalumeau, ni appareil électrique ; un système d’alarme performant et une surveillance très stricte. 

> >    Je pense que nous finirons par apprendre qu'il s'agit d'un incendie criminel. » 

 

> > Philippe Villeneuve, architecte en chef des Monuments Historiques et responsable de la restauration de la flèche. 

> >      « Suite à différentes questions et témoignages, il m’apparaît utile d’apporter cette info :

> >      les travaux de restauration proprement dits n’avaient pas encore débuté ; seuls les échafaudages étaient en cours de montage. Aucune soudure ni aucun point chaud possibles, donc. » 

 

> > Maxime Morlon 

> >   « Je partage cette analyse. Pour travailler souvent en milieu dangereux avec des ATEX (Réglementation européenne relative à l'usage de certains matériels en atmosphère explosive), je confirme que toutes les précautions sont prises sur ce genre du bâtiment, outre des mesures de prévention, drastiques. On demande d’enlever tous les matériels électriques et de travail par point chaud, comme les chalumeaux, dès la fin de la journée de travail. Tout est stocké dans des endroits appropriés. 

> >   L’ascenseur, installé avec l’échafaudage servait aussi à cela. Le travail par point chaud est soumis à autorisation journalière ; il est supervisé par des spécialistesqui mesurent le taux de poussière dans l’air et la présence éventuelle de gaz pour éviter tout départ de feu ou explosion

> >   La couleur des flammes et le dégagement de fumée sont aussi très suspects :                                                      

> >  Personnellement, je n’ai jamais vu du bois sec produire des flammes aussi blanches à leur base et autant de chaleur. Il suffit de regarder les incendies de vieilles maisons, où l’on constate que les poutres sont les dernières choses qui restent, avec les murs porteurs, même après plusieurs heures de combustion. 

> >  La charpente de Notre-Dame s'est vaporisée en moins d’une heure, comme si on avait utilisé un accélérateur de combustion du bois. 

> >   Je ne crois absolument pas à la thèse accidentelle. » 

> >

> > Thierry Scootard 

> >   « Ancien pompier, je me pose une question : jamais je n’ai vu un feu de charpente prendre sans combustible. 

> >   La première question qui me trotte en tête est de savoir quel combustible aurait pu servir pour embraser ces poutres, de plus de 40 cm d'épaisseur. 

> >   1e solution : un faux contact électrique. Ok, mais quand on voit les combles, personnellement j’en doute.Surtout qu'aucun combustible ne traînait. 

> >   2e solution : un chalumeau dirigé vers une poutre pendant au moins 15 min., pour commencer à faire prendre une poutre ! Mais ensuite, pour la propagation, j’en doute aussi. 

> >  3e solution : un effet backdraft, c’est-à-dire un feu dans un local, suivi d’une implosion à la suite d’une prise d'air. »

> > 

> >  Loulou Luigi 

> >   " Ancien charpentier boiseur, je puis assurer que ces pilastres multi-centenaires ne peuvent brûler comme un vulgaire fétu de paille ! 

> >  Le seule fait d'avoir été protégés durant des siècles, les a rendus imputrescibles et ininflammables. 

> >  Il aurait fallu un feu couvant durant plusieurs jours, sans que personne ne puisse le voir, ni en voir les fumerolles ! Impossible. 

> > 

> > Patricia Etout 

> >  Cet incendie d'une rare violence et d'une rare intensité laisse sceptique sur le fait qu'il ait démarré spontanément. 

> >   Une telle puissance et une propagation aussi rapide, susite immanquablement des questions

> > 

> > Aline Aitaine 

> >   « Sachant que matin et soir, il y a une inspection par les pompiers qui surveillent le site ; qu'il n'y avait aucun ouvrier sur le chantier ; qu'il y aurait eu deux départs de feu (selon LCI) ; que le feu s'est propagé à une vitesse exceptionnelle ; que la Basilique St Denis a fait l'objet d'un incendie volontaire ; etc., etc. 

> >   Mais "pas de conclusions hâtives, ni d'amalgames !..." Pour ma part, je pense en effet qu’il y a eu plus d'un départ, pour provoquer un tel embrasement. 

> > En effet, vers 18h20, une première alarme incendie s’est déclenchée. Les agents ont fait le tour sans rien constater d’anormal. Donc, ils sont soit stupides, soit incompétents : j’aurais été vérifier dans les combles, sachant que des travaux de rénovation vont avoir lieu. 

> >  A 18h47, une deuxième alarme incendie se déclenche, ce qui veut dire que le feu s'est propagé en 27 min. dans les combles ou qu’un autre départ de feu est survenu. 

> > Bref beaucoup d’interrogations. J'en ai vu, des feux de toitures, mais c'étaient des maisons isolées à la laine de verre et truffées de gaines électriques. Dans le cas de Notre-Dame, apparement les combles en étaient vierges : il y avait juste des poutres, -- aux dimensions monstrueuses. 

> > Pour rappel, la cathédrale de Nantes a subi le même incendie, -- imputé à un chalumeau resté malencontreusement allumé. 

> > Dans le cas présent, les travaux en étaient au stade de la pose d'échaffaudages. Il n'y avait pas encore de chalumeau (ni d'autre matériel). 

> >   Bref, beaucoup de questions resteront sans réponse… » 

> > 

> > Anonyme 

> > « Je peux vous garantir (ou presque), que l'incendie est criminel : la sécurité et les mesures mises en œuvre sont juste hallucinantes. Chaque jour, en fin de chantier, des agents équipés de caméras infrarouge, font le tour de chaque place où les ouvriers sont installés pour travailler. Chaque soudure est contrôlée et vérifiée ; interdiction de fumer à n'importe quel endroit : caméras dans tous les coins, sous les spots et sous chaque angle (pour les vols et les cigarettes), extincteurs tous les 5 mètres, dispositifs détecteurs de fumée, en veux-tu en voilà. Ils font même des essais, matin, midi et soir pour s’assurer du bon fonctionnement. 

> >  Mon frère travaille sur le chantier de Notre-Dame depuis plus de six ans : sa firme est la seule à avoir rénové cette merveille, ces dernières années : toiture, ardoises, cuivres, charpente, boiseries, etc.). Il n'arrête pas de me répéter qu’il est impossible et incompréhensible qu'un incendie se soit déclenché spontanément : les dispositifs de sécurité pour pallier les risques d'incendie sont impressionnants et les procédures répétées chaques jour.                    

 

> > Français Du Jura 

> >  « Je travaille à Paris, depuis 2000, comme tailleur de pierre. J’ai participé à de nombreux chantiers. Il faut voir les équipes ! On nous a imposé des Maliens, des Cap-Verdiens, des Maghrébins, … 

> >  Ils prient sur les chantiers. Beaucoup nous haïssent. 

> >  Pour moi, c’est clair, un feu d’une telle violence en moins de 2 h., est impossible sans accélérateur. 

> >   De plus, le bois n'émet pas de fumée jaune ; la pétrochimie, oui. »  

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02 novembre 2019

Le drame éolien

 

 

LETTRE D'INFORMATION :  1 novembre 2019

 

 
Bonjour

Un article à lire absolument publié par le journal Reporterre qui défend  tous ceux qui croient en une vraie écologie et non pas  " les industriels qui n'ont comme seul  but de faire de l’écolo business au mépris de l’environnement dans le seul but  de verdir leur image et de faire des profits"

La FED remercie Reporterre  d'avoir  publié  ce texte de Blandine Vue lauréate de la Fondation Nicolas Hulot

Jean-Louis Butré

 


Pour « sauver la planète », l’industrie tue les campagnes

Durée de lecture : 9 minutes

30 octobre 2019 / Blandine Vue  

https://reporterre.net/Pour-sauver-la-planete-l-industrie-tue-les-campagnes 

Blandine Vue est docteur ès lettres, diplômée en sciences du langage, lauréate de la Fondation Nicolas Hulot pour ses activités pédagogiques de terrain. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Histoire des paysages (éd. Errance) et un roman, La Colonie (éditions L’Harmattan).

 

    


Au nom de la transition énergétique, les campagnes s’industrialisent à grande vitesse. L’autrice de cette tribune raconte la métamorphose de la Haute-Marne, autrefois vivante et dorénavant colonisée par les éoliennes, les méthaniseurs, les plantations de biomasse



Il est minuit, ma maison vrombit, mon cœur est écrasé, mon crâne résonne. Les fenêtres fermées, les boules Quies ne font qu’empirer les choses. Où aller ? Au fond des bois ? Les infrasons des éoliennes industrielles ne connaissent pas les frontières. Elles sont partout. Mon corps est à bout.

Seules deux vallées ne sont pas encore attaquées à proximité de chez moi. Les mâts des éoliennes et les méthaniseurs poussent aussi vite que tombent les forêts ! Il n’y a plus de refuge. La campagne s’industrialise.

J’ai passé le week-end chez moi, face aux collines, dans mon village de 70 habitants, la maison dans laquelle mes enfants ont grandi, qu’on a restaurée ensemble. J’avais beaucoup à faire, je n’ai rien fait ou presque, je n’ai pas eu besoin de regarder la météo pour savoir d’où venait le vent. Mon corps n’avait qu’une tension, fuir ce lieu inondé par un poison vibratoire. Du sud au nord, en passant par l’ouest, plus de 70 éoliennes industrielles de 150 mètres. À l’Est, six, 183 m de haut, diamètre 150 m, bientôt 29. Partout, des centaines en projet ou prêtes à sortir de terre. Du haut de la colline, j’ai dit adieu aux couchers de soleil il y a neuf ans, et récemment aux levers. Adieu à la nuit pure. Les promenades sur le plateau rendent fou.

Les bois qui n’ont pas encore été rasés sont dépouillés depuis qu’on ne parle plus de forêts, mais de biomasse 

À 200 m de la maison, deux fermes, « normales » il y a peu, incarcèrent désormais douze mois sur douze quelques centaines de vaches sous les tôles. Ventilateurs, tanks à lait, robots de traite, engins qui désilent, mélangent, transportent, paillent, distribuent, curent, et retransportent. Les bruits de moteur sont incessants. Vaches à méthane ou vaches à lait, toutes ont le même sort, les riverains aussi !

Marie, une riveraine, est à bout, sur sa petite route de campagne. Sept jours sur sept, les tracteurs passent pour alimenter le méthaniseur voisin en fumier collecté dans un rayon de 60 km, les prés ont été retournés pour planter le maïs qui servira à nourrir le méthaniseur et les vaches prisonnières qui fournissent la manne. La paille aussi voyage. Sous la canicule, les vaches enfermées hurlent, tapent nuit et jour dans la ferraille qui les enferme, l’ensilage pue.

Où aller ? Au fond des bois ? Quels bois ? Ceux qui n’ont pas encore été rasés sont dépouillés depuis qu’on ne parle plus de forêts, mais de biomasse. De mes fenêtres, je vois clair au travers des collines. Plus de sous-bois, des champs de troncs. Le long des chemins, les arbres trop jeunes, condamnés à ne pas devenir des chênes centenaires, s’alignent, en attendant d’être déchiquetés avec beaucoup d’énergie, recollés en pellets, voire transformés en carburant ! Il y a quelque temps, un bûcheron s’inquiétait : « Dans dix ans, il n’y aura plus rien ! » Sur les photos aériennes, une bande boisée au bord des routes, pour tromper le peuple, mais c’est une coquille vide. Dix ans, c’était optimiste. Qui ose encore signer les pétitions contre la déforestation de la forêt amazonienne ? Le poumon vert de la France, ça ne compte pas ?

Officiellement, on n’a plus le droit de retourner les prairies [pas pour leur flore et leur faune, on s’en moque, mais comme pièges à carbone, fixateurs de sol…] Jamais on n’en a retourné autant que depuis les débuts de la « transition énergétique » ! Pour le maïs des méthaniseurs, le colza des carburants… Qui ose encore signer les pétitions contre l’huile de palme ?

« C’est une violence inouïe ! » m’a dit ce citadin reconverti à l’agriculture bio. Pour moi, c’est un viol. Un viol de ce pays qui m’a vue grandir, que mes ancêtres paysans ont soigné, que j’ai parcouru jusque dans ses moindres recoins… Un viol de mon droit au silence, ce bien le plus précieux. Depuis bientôt dix ans, hormis quelques nuits glaciales sans vent, pas une heure sans bourdonnement de moteur ou d’éolienne, dans ma maison dont les murs tremblent de cette maladie galopante.

Je bondis en lisant une phrase de l’association NégaWatt : « Nous avons également de vastes zones peu peuplées qui permettent l’installation [d’éoliennes]. » Ben voyons ! Nos élus comptent aussi remplir ainsi la « diagonale du vide ». Mais le vide n’est pas vide, nous y vivons, la nature y vit. Nous ne sommes pas un territoire à coloniser ! Pour eux, nous sommes une poignée de sauvages qui empêchent l’expansion de projets, qu’ils n’osent plus appeler « progrès », mais ont rebaptisé « transition énergétique », et font passer pour une « reconversion écologique ». Nous préférions être abandonnés : au moins, on nous laissait tranquilles !

On n’a pas le droit d’avouer que quelque chose cloche dans ce qui est présenté comme la seule issue 

L’écologie, c’est ce que nous avions, avant. Du silence, de vraies nuits, des forêts gérées avec sagesse en mode cueillette, avec respect pour leurs bêtes, grandes et petites. Celles qui ne peuvent pas fuir crèvent désormais au soleil de vastes étendues rasées, les autres ne savent plus où aller. L’écologie, ce n’est pas ce monde industriel qui se cache derrière des noms aguicheurs.

Ce monde, on nous l’impose sans démocratie, avec le plus profond déni de notre citoyenneté, des enquêtes publiques, qui sont des mascarades, les rares refus préfectoraux étant cassés par les tribunaux administratifs. Les enquêtes surviennent sans annonce claire, il faut surveiller les sites préfectoraux, qui ont changé de page sans l’annoncer clairement, supprimé les dates, lieux, natures d’activité ; certains se retrouvent avec des éoliennes derrière chez eux sans jamais en avoir entendu parler. Lors des plaintes, les promoteurs sont juge et partie, seules leurs conclusions sont retenues. La notion de conflit d’intérêts disparaît, les directives régionales sont piétinées, les lois faites sur mesure pour faciliter l’invasion…

Nous sommes dépossédés de notre territoire, sans droit à la parole, sans droit de nous défendre, la proie de lobbies qui manipulent le pouvoir. On nous accuse de « retarder la transition énergétique » avec nos vaines rébellions ; retarder, c’est tout, on se défend, mais on se fait quand même dévorer ! La démocratie est bafouée.

Ceux qui pleurent à cause du bruit, des acouphènes, du cœur qui s’emballe au rythme des pales osent rarement témoigner. Ils ont honte, ce ne serait pas politiquement correct, il faut accepter de souffrir pour « le bien de la planète ». On n’a pas le droit d’avouer que quelque chose cloche dans ce qui est présenté comme la seule issue. Ils ont peur, aussi. Alors que l’électrosensibilité peine à se faire reconnaître, on se gausse de la sensibilité aux infrasons, trop méconnue, qu’on fait passer pour une maladie psychique.

On assiste à un parfait écocide, discret, se cachant sous de pseudo « bonnes intentions » 

« Les opposants retardent la transition énergétique. » Mais qui se penche sur nos vies brisées, nos investissements et nos projets tués ? Les vergers que nous ne plantons plus, la maison devenue invivable et invendable, nos promenades quotidiennes, les circuits de randonnée, le panorama d’une ville touristique… L’âme de nos campagnes, notre silence, notre sommeil, notre santé, notre capacité de concentration et celle des enfants des écoles, notre efficacité au travail, les étoiles, le noir de la nuit, nos forêts, nos prairies, la liberté des vaches, le relief, écrasé, ce qu’on n’a plus la force de faire. Tout est tué brutalement ou à petit feu.

Et les ressources ! Que de pétrole pour nourrir avec l’ensilage et l’enrubanné de l’an dernier des vaches qui il y a peu broutaient dehors, là où on cultive le maïs qu’elles ingurgiteront l’an prochain ; pour ériger ces monstres blancs trois fois plus hauts que nos collines, qui, ici, ne fonctionnent qu’à 18 % de leur capacité, de façon intermittente et aléatoire ; pour couper, transporter, déchiqueter nos trop jeunes arbres, cultiver le maïs et le colza. Pour fuir ! Que de sols détruits ! Nous sommes assez près de notre terre pour constater au quotidien cette tromperie que les citadins ne voient pas !

Si au moins tout cela servait à autre chose qu’engraisser sur nos deniers des lobbies et ceux qui leur ouvrent grand les portes. Nous sommes sacrifiés sur l’autel d’une idéologie capitaliste qui veut vendre les engins nécessaires à son accomplissement. Jamais nous n’avons vu autant de machines, entendu autant de moteurs dans nos campagnes, nos forêts, planer sur nos têtes… La « croissance verte » tue l’idée de décroissance, autant que nos territoires, pour justifier ses objectifs.

On assiste à un parfait écocide, discret, se cachant sous de pseudo « bonnes intentions », ou pire, sous une injonction de « sauver la planète ». Mais on s’est trompé de ministère, la production d’énergie pour le confort humain, ce n’est jamais de l’écologie, c’est de l’industrie !

Comme chaque fois que le vent vient du nord-ouest, ma maison vrombit plus que les autres jours. Mon corps ne sait où aller, je pleure. Dans quelques mois, le vent d’est sera lui aussi un poison. Arrêtez la torture ! Laissez-nous vivre ! VIVRE !

 

 

 

Cordialement

Jean-Louis Butré
Président

Fédération Environnement Durable

http://environnementdurable.net

contact@environnementdurable.net
tel 06 80 99 38 08

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