Intox

Rappel scientifique qui ne doit pas être interprété autrement.
Régulièrement j'entends dire que l'homosexualité masculine serait liée à la génétique et plus particulièrement au chromosome X.
Ce lien a été contesté et démoli depuis des années mais il perdure et est encore largement présenté.

Voici ce qu'il en est sur un plan strictement scientifique où l'on s'affranchit de l'obligation d'être en conformité avec la pensée unique :

"...A l'extrémité du chromosome X, il y aurait donc un gène lié à l'homosexualité. C'est ce que Dean Hamer a conclu, et c'est ce que les médias ont rapporté.

Mais jamais le chercheur américain n'a démontré que ce gène causait à lui seul l'homosexualité. Il s'est contenté de dire qu'il était lié à l'homosexualité. C'est une corrélation, ce n'est pas une cause. Et pourtant, de nombreux médias se sont mis à parler du gène de l'homosexualité, comme si son existence était prouvée.

Tout cela, jusqu'au jour où, au printemps 1999, des chercheurs de l'Université Western Ontario à London, relancent le débat. L'équipe, dirigée par George Rice, a voulu tester formellement les conclusions de Dean Hamer.

Les chercheurs canadiens ont suivi à la lettre la méthode de Hamer, en y appliquant beaucoup plus de rigueur. Ils ont recruté un groupe plus important, 104 frères gays. Ils ont aussi sélectionné un deuxième groupe, formé d'hétérosexuels, servant de contrôle. Toutes leurs analyses d'ADN ont été faites à l'aveugle, le chercheur ignorant à quel échantillon il avait affaire. Enfin, au plan statistique leur étude est beaucoup plus poussée que celle de Hamer.

Leur conclusion mérite d'être citée mot à mot : " Chez ces sujets, il n'y a pas plus de marqueurs en commun que ne le laisse prévoir le hasard ". Autrement dit : pas de marqueurs en commun, pas de gène gay à l'horizon !

Quelles leçons tirer de cette polémique sur un sujet qui reste, par ailleurs, très controversé sur le plan social ? D'abord, un rappel essentiel. En sciences, tant qu'un résultat n'est pas reproduit par une équipe indépendante, il ne devrait pas être tenu pour certain. Ensuite, lorsqu'une hypothèse initiale est formellement réfutée, elle devrait être abandonnée. Pourtant, on continue de spéculer sur l'existence d'un gène de l'homosexualité.

En fait, tout ce qu'on peut dire, sur le plan scientifique, c'est qu'il n'y a pas de base génétique de l'homosexualité sur le chromosome X, en Xq 28."

Journaliste : Jean-Pierre Rogel
Réalisateur : Yves Lévesque

Références

Male homosexuality : absence of linkage to microsatellite markers at Xq28. 
George Rice, Carol Anderson, Neil Risch et George Ebers 
Science, vol.284, 23 avril 1999