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À lire certaines réactions, on pourrait croire qu’Emmanuel Macron venait de connaître un bien plus funeste destin. « Face à la violence, la République fera toujours bloc », un véritable « affront à la nation française »… : les responsables politiques ne manquaient pas de superlatifs hier pour condamner… une gifle.
En déplacement dans la Drôme dans le cadre de son “tour de France”, Emmanuel Macron a été pris d’une irrésistible envie d’aller au contact du peuple. Le contact a pris la forme d’une gifle bien placée. « Montjoie Saint-Denis, à bas la Macronie ! »,s’exclame le coupable, visiblement proche de la mouvance royaliste. Une aubaine pour Jean-Luc Mélenchon. Alors sous les feux des critiques pour ses propos complotistes sur les attentats, l’insoumis en chef tente par tous les moyens de détourner l’attention. « Cette fois-ci, vous commencez à comprendre que les violents passent à l’acte ? », lâche-t-il sur son compte Twitter quelques minutes après l’agression. La moyennement subtile référence à la vidéo de Papacito qu’il a dénoncée la veille a provoqué la colère de la classe politique. Il faut dire que cette dernière a fait front comme rarement derrière le président de la République. Même son prédécesseur François Hollande y est allé de son petit mot de soutien. « Agresser le président, c’est porter un coup insupportable et intolérable à nos institutions », a affirmé celui qui s’était fait enfariner quelques mois avant de débarquer à l’Élysée.
À ce soutien quasi unanime vient tout de même se rajouter une part de nuance qui n’est pas de refus. Sur le plateau de Face à l’info, mardi soir, Éric Zemmour — qui a qualifié la baffe d’acte « scandaleux et impardonnable » — rappelle qu’Emmanuel Macron avait sa « part de responsabilité ». « Je pense qu’on ne gifle pas quelqu’un qui est sacré et qui est respecté », ajoute l’éditorialiste. À force de faire des blagues avec les vidéastes Mcfly & Carlito et de se dandiner à l’Élysée avec des artistes qui revendiquent fièrement d’être « fils d’immigré, noir et pédé », Emmanuel Macron a participé à ce processus de désacralisation de la fonction présidentielle, autrefois respectée. Après tout, on a le Petit-Clamart qu’on mérite…
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