Esclavage
L'esclavage suscite toujours une grande indignation, et c'est justifié. Mais faut-il pour autant abattre les statues de Colbert ou débaptiser des rues de Bordeaux qui portent les noms d'armateurs ayant armé des navire qui ont servi à la traite des noirs ? Et si on mettait ça en perspective avec la réalité ?
1/ Les pays du Maghreb ont été les acteurs de la plus grande traite d'êtres humains dans toute l'histoire. Les esclaves, blancs le plus souvent, hommes, femmes, enfants, étaient obtenus par le piratage en Méditerranée occidentale et les razzias en Sardaigne, en Corse ou aux Baléares, voire en Sicile ou au sud de l'Italie. Les Beys d'Alger et de Constantine ont toujours eu des milliers d'esclaves dans leurs cités dont ils faisaient commerce notamment avec l'Afrique de l'est, Abyssinie et Somalie. Il a fallu l'expédition française de 1830 pour y mettre fin.
2/ Il y a eu plus de négriers noirs que de négriers blancs. En Afrique, pour la traite des noirs vers les Amériques, ce sont les noirs qui rabattaient les proies vers les trafiquants blancs. Les esclaves étaient emprisonnés sur l'île de Gorée, devant Dakar, avant d'être directement embarqués sur des navires à destination des Amériques.
3/Un important trafic d'esclaves partait de l'Abyssinie et de la Somalie pour l'autre rive de la mer Rouge, vers le proche orient. La plupart des acteurs de ce trafic étaient noirs. Lire à ce sujet le récit bien documenté de Joseph Kessel, "Marchés d'esclaves", où il raconte l'histoire de son reportage réalisé avec l'aide d'Henry de Monfreid. La lumière qu'il apporte sur ce phénomène millénaire est très pertinente.
4/ Le rôle des blancs dans la traite des noirs arrive quantitativement en dernière position.
Il est important de savoir que malgré l'abolition, de nombreuses formes d'esclavage subsistent encore de nos jours, et que les blancs ne sont pas les plus nombreux à s'y livrer.
