Petite histoire éditoriale
J’ai commencé à envoyer des manuscrits aux éditeurs au début des années 80. J’ai toujours eu l’habitude de ne les envoyer qu’à un seul éditeur à la fois et d’attendre son refus pour l’envoyer à un autre.
Mes deux premiers manuscrits ont été refusés partout. Je les ai réécrits, ils me plaisent mieux, mais je ne les ai pas soumis à nouveau.
Mon troisième manuscrit m’a valu en 1990 un courrier de chez Robert Laffont : « votre texte n’est pas vraiment au point mais nous pensons que vous êtes un auteur ».
Voyage à Paris pour voir le conseiller littéraire, reprendre mon texte à plusieurs reprises pour suivre ses conseils, et il m’appelle pour me dire : « C’est OK, le comité est favorable à la publication, nous attendons la confirmation de Robert Laffont. »
Deux jours après, patatras : « désolé, mais Robert Laffont ne veut pas éditer votre texte. » Suit une couche de pommade : « mais j’ai des amis dans l’édition, je vais leur transmettre votre manuscrit. » Je suis très affecté. Mon rêve s’écroule.
Le samedi 26 janvier 1991 au matin, ma fille cadette entre dans la chambre et me dit : « Papa, bon anniversaire. Au fait, il y a un éditeur qui a téléphoné hier soir il veut que tu le rappelles. » C’était François Bourin. Le conseiller de Robert Laffont avait tenu parole et transmis mon texte avec un commentaire élogieux.
En avril 1992 François Bourin publiait « le labyrinthe des alchimistes », qui obtiendra le prix du premier roman Air Inter au salon du livre de Bordeaux et le prix Littré.
Entretemps j’avais écrit « le chemin de Bagdad » et François Bourin avait pris la tête de Julliard. Mon livre sera publié en janvier 1994 et j’obtiendrai le prix L de l’aventure au salon du livre de Limoges, devant Malika Molkeddem, Pierre Miquel, Claude Michelet, Isabelle Lacamp et quelques autres.
Un jour François Bourin m’appelle : « apprêtez-vous à sauter dans le premier avion pour Paris, vous êtes en lice pour remporter le prix des relais H ». On imagine ce que cela représente d’être en tête de gondole dans tous les aéroports et toutes les gares de France. Patatras, c’est Yann Queffelec qui me coiffe au poteau, à égalité de voix, mais la voix du président du jury était prédominante.
Entretemps François Bourin prend la tête de Flammarion et je lui présente mon ouvrage suivant, une grande saga sur l’histoire des peuples nomades : « Couleur de poussière ». Il trouve le manuscrit pas encore au point et me demande de le travailler. Ce que j’ai fait. Mais pendant ce temps François Bourin est viré de chez Flammarion où on ne fait comprendre que les poulains de François Bourin ne sont pas les bienvenus.
Depuis j’ai commis un certains nombre d’ouvrages, certains que j’ai soumis à des éditeurs, d’autres non. J’ai actuellement un essai philosophique que je propose successivement à des éditeurs, tout à fait politiquement incorrect, que je n’arrive pas à faire publier.
Allez, je l’envoie à un autre éditeur, un jour il sera publié. J’y crois.


