De la Meije à Sisteron
L'itinéraire est presque fluvial : des pentes du Lautaret à Briançon on suit la Guisane qui se jette dans la Durance, celle-ci nous conduit ensuite tout droit (enfin presque) à Sisteron, notre dernière étape avant le retour à la case départ.
La Meije, nous l'avons approchée par le téléphérique de la Grave qui monte à 3200m. Malheureusement, pour voir de l'autre côté, il m'aurait fallu pour monter jusqu'au col un équipement - crampons, piolet - et surtout des capacités physiques que je n'ai plus et qui ne s'achètent pas au magasin de sport. Je regrette de ne pas avoir revu la barre des Ecrins, une des plus belles montagnes du monde, que j'avais approchée après une nuit devant elle au refuge Caron, il y a près de 35 ans. Nous avions dû renoncer à monter jusqu'au dôme, car trop en retard sur l'horaire et le risque de chute de sérac au soleil devenait préoccupant. Sur l'autre versant de la Meije, j'aurais bien aimé revoir le promontoire et son refuge, vers lequel je me dirigeais il y a plus de 30 ans, parti du refuge du Chatelleret, dans une tempête de neige qui nous a contraint à faire demi-tour car il y avait des avalanches de tous les côtés.
Des photos de la Meije, de la Guisane le long de laquelle nous nous sommes promenés à pied ou en vélo, du massif des Agneaux qui domine la Guisane. Tiens, je n'y ai pas pensé, mais de la Meije à Sisteron, c'est un peu des Agneaux aux agneaux...









La Guisane au-dessus du Monetier, les Agneaux :



Des Agneaux aux agneaux donc, avec cette étape suivante à Sisteron. Cette ville est à la frontière de la Provence et du Dauphiné. Elle est sur la route Napoléon, et l'Empereur redoutait ce passage car Sisteron était royaliste. La négociation de ce passage fut confiée à Cambronne qui ne prononça son mot célèbre que cent jours plus tard.
Sisteron, sa cathédrale romane : Notre Dame des Pommiers. Rien à voir avec les reinettes ou les golden boys, elle a été bâtie sur ordre de l'êvêque, au XIIème siècle, sur les "pomoerium", zône en principe inconstructible qui sépare les remparts des habitations.
J'ai été surpris pas ses dimensions, inhabituelles pour une église romane, même si la nef d'atteint pas tout à fait les 23m d'élévation de celle de Conques. C'est un plan basilical avec des piliers massifs et des chapelles tout le long du collatéral sud.



Une coquille Saint-Jacques sur chaque absidiole. De Sisteron partaient des pélerins qui rejoignaient Arles et la via tolosana.

Au sol un carré (sur les plans en croix il est figuré par l'intersection du transept et de la nef, ici, sur un plan basilical, ce sont des piliers qui définissent le carré). Le carré figure la terre. En haut une coupole ronde qui figure le ciel et à l'étage intermédiaire un octogone qui représente le monde intermédiaire. Rappelons que huit est le nombre du Christ. Du carré au cercle, de la terre au ciel, c'est la quadrature du cercle.


Noter comment, bien que nous soyons en plein style roman, au XIIè siècle, que beaucoup d'arcs ne sont pas en plein cintre mais légèrement brisés, ils sont pourtant porteurs.

Cinq des douze tours, vouées à la destruction, ont été sauvées par Prosper Mérimée.








