Pierre Dac et le CPE
Pierre Dac disait : "Je suis pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour".
C'est l'impression que me donnent ceux qui protestent contre le CPE.
Ce matin, une militante UNEFparlait sur France Inter. on lui demandait si certains aménagements du CPE comme la réduction à un an, la motivation obligatoire du licenciement ... lui paraissaient acceptables. La réponse fut claire : "non, ce qu'on veut c'est le retrait, après le retrait du CPE on ira discuter à la table des négociations". On est bien dans le parti de Pierre Dac. On ne discute pas, et quand on discute c'est après que le camp d'en face a baissé sa culotte. De quel côté le dialogue social ne marche-t'il pas????????
L'inconscience de beaucoup me fait froid dans le dos. Dans le contexte de mondialisation - inéluctable - et avec une dette au 2/3 du PIB, a-t'on les moyens en France de se payer le luxe de ce comportement? Sans être devin, je peux vous assurer que ça va nous péter à la gueule dans pas longtemps. S'il s'avère (hélas, je crois que c'est déjà avéré) qu'aucune réforme sérieuse n'est applicable dans ce pays, nous sommes vraiment mal barrés.
Que faire?
- revenir sur les 35 heures, incompatibles avec notre survie à moyen terme et qui n'ont jamais été génératrices d'emploi.
- laisser essayer des réformes comme le CPE sans mettre le pays à feu et à sang, avec certains aménagements possibles comme ceux cités plus haut, mais ne pas dire "non non et non" par le principe de Pierre Dac. Comme on aurait du laisser Claude Allègre aller au bout de son projet sur l'éducation nationale (le jour où les enseignants feront 35h vous me préviendrez, pareil pour les cheminots).
- réformer le droit de grève, avec le service minimum dans tout le secteur public et faire en sorte que l'économie d'un pays entier ne puisse pas être paralysée par une corporation, ou plutôt les représentants pas toujours majoritaires d'une corporation.
- Rayer d'un trait de plume la notion d'avantages acquis ! Cet argument est plus qu'obsolète, il est suicidaire. Admettre que la fumée des locomotives à vapeur ne justifie plus la retraite à 55 ans à la SNCF par exemple et que les cheminots ne risquent plus d'attraper la silicose avec la poussière du charbon des tenders.
Bon. les cheminots vont croire que je leur en veux spécialement. Ce n'est pas le cas. j'en veux autant aux postiers, dont je ne sais pas trop s'ils sont timbrés ou affranchis, qui ont fait fermer des petites entreprises en ne distribuant pas le courrier contenant factures et chèques pour cause de grève.
On m'appelle pour me dire que je suis en train de me faire des amis, et qu'il y a chez carouf' un gilet pare-balles en promo.
Voilà, je reviens, trop cher le gilet. Même fabriqué à Taiwan.
Et je m'aperçois que j'ai à peu près tout dit. Sauf l'essentiel. L'essentiel c'est qu'il faut apprendre à penser autrement. J'y reviendrai un jour, peut-être. Si j'y pense.