Enfin du bon sens sur ce sujet très controversé.

Ce rapport est exactement conforme à ce que je préconise et ce que je pratique.

Les statines, lorsqu'elles sont tolérées, sont indispensables chez le patient à risque (AVC ou AIT, syndrome coronarien aigu, diabète sévère, HTA sévère, hypercholestérolémie familiale). Il y a eu de nombreux morts de par le monde suite aux campagnes anti-statines et Even a une grande responsabilité sur ce sujet.

Elles n'ont pas leur place en prévention primaire, c'est à dire que : ON NE TRAITE PAS LE CHOLESTÉROL MÊME ÉLEVÉ, D'UN PATIENT QUI N'ENTRE PAS DANS LE CADRE CI-DESSUS DÉFINI.

Je ne peux pas donner le lien de l'article paru sur un serveur professionnel non accessible au grand public.

 

Statines : le dernier mot à l’Académie de médecine ?

Capture d’écran 2018-06-12 à 12

 

  • Serge Cannasse
  •  
  •  Univadis Actualités Médicales
  •  
  •  11 juin 2018

Un rapport bénéfice/risque indiscutable chez les patients à risque CV élevé

Le rapport rappelle que « sur un plan épidémiologique, plusieurs types d’études ont démontré qu’une concentration de LDL-c élevée, quelle qu’en soit la cause, augmente le risque cardio-vasculaire  . » 

Leur efficacité a fait l’objet d’une méta-analyse portant sur 24.000 patients traités et 14.000 sous placebo. La diminution de LDL-c « est en moyenne de 27%, 37%, 21%, 38% et 20% avec respectivement la simvastatine 10 mg, l’atorvastatine 10 mg, la fluvastatine 20 mg, la rosuvastatine 5 mg et la pravastatine 10 mg.  »

Une méta-analyse récente a montré que « le traitement de 10.000 personnes à très haut risque cardio-vasculaire évite 1.440 accidents cardio-vasculaires si l’on abaisse le LDL-c de 2 mmol/l, soit 0,77 g/L.  » C’est bien la baisse du LDL-c qui est en cause, puisqu’une autre méta-analyse a montré que « cet effet n’est pas propre aux statines, mais concerne toutes les méthodes visant à diminuer le LDL-c. »

« En revanche  , poursuit le texte, donner une statine à quelqu’un qui présente un faible risque est certes associé à une réduction de la morbidité et de la mortalité, mais cette indication est considérée comme peu utile  » en raison du grand nombre de patients à traiter pour éviter un événement et en raison de son coût. Pour les patients à risque intermédiaire, « la décision est à prendre au cas par cas.  »

Effets indésirables les plus fréquents : musculaires

Entre 10 et 25% des patients traités ont des effets musculaires, à type de myalgies, de myosite ou de rhabdomyolyse (dont l’incidence est de 2 cas pour 10.000 patients). « L’arrêt des statines est recommandé en cas d’augmentation des CPK supérieure à 5 fois la normale  . » Pour le risque d’apparition d’un diabète, la dose a probablement un rôle significatif : un cas pour 500 patients traités à faible dose, un pour 155 à dose forte. Des facteurs associés entrent en jeu : association à d’autres médicaments augmentant le risque de diabète, facteurs de risque de diabète, sexe féminin, âge et origine asiatique. Enfin, il n’a pas été démontré d’association significative entre prise de statines et altération des fonctions cognitives.

Les statines sont efficientes en prévention primaire chez les patients à haut risque CV

Le texte rappelle que la HAS a noté que « sur le plan économique, toutes les études ont conclu que le traitement par statine était une stratégie efficiente en comparaison à l’absence de traitement médicamenteux chez les patients en prévention primaire à haut risque CV et ceux en prévention secondaire  . » En revanche, le sujet reste débattu pour la prévention primaire, « la question étant celle du seuil de risque à utiliser.  »

D’autant que « seuls 44% des patients traités par hypocholestérolémiants sont observants », ce qui coûterait environ 1,4 milliards d’euros par an ...

Une étude de l’Assurance maladie a montré que « chez des utilisateurs réguliers depuis plus d’un an en prévention secondaire, l’arrêt des statines a entraîné un risque de décès ou d’événement cardio-vasculaire non fatal dans les trois mois suivant l’arrêt supérieur à celui des patients qui n’avaient pas arrêté leur traitement  . » Cette augmentation était « moindre chez les patients à risque CV intermédiaire et non significative chez les patients à risque CV faible  . »

Pourquoi une polémique ?

Très classiquement, le rapport explique la polémique autour des statines par trois facteurs sociologiques (le seul sociologue cité étant Anthony Giddens) : les citoyens sont aujourd’hui plus sensibilisés aux risque « manufacturés » qu’aux risques naturels, la nature étant perçue comme intrinsèquement bonne ; la société française est une des plus défiantes à l’égard de ses institutions et de ses élites ; les réseaux numériques et les médias sociaux sont de formidables amplificateurs de controverses.

Quelques optimistes pensent que ce rapport va éteindre les discussions. Rien n’est moins sûr, ne serait-ce que parce qu’il a été adopté par 43 voix contre 19 abstentions et 14 voix contre, dont les positions ne sont pas explicitées dans la communication de l’Académie.