Comme je l'ai dit plus loin, la transition ne s'est pas faite sans souci. Impréparation étonnante alors qu'il y a eu un délai de plusieurs mois pour préparer le changement. Ou alors, comme le pensent plusieurs syndicats médicaux, sabotage voulu par l'assurance maladie, la MSA et le ministère de la santé.

Voici le texte publié sur un serveur professionnel, Univadis, je ne peux pas donner le lien, il n'est pas ouvert au grand public :

Revalorisations du premier mai : l’impréparation (ou la malignité) des caisses fait exploser les bugs !

Comme nous le rappelle le Syndicat des médecins libéraux (SML) : depuis 2008, un délai incompressible de six mois doit être observé entre la signature d'un accord tarifaire et son application. Cette période de latence a toujours été contestée par les représentants des praticiens qui pouvaient cependant se consoler en espérant que ce temps soit mis à profit par les caisses d'assurance maladie pour préparer les transitions techniques associées aux revalorisations. Las, ils viennent de constater que ce délai n'a, comme ils le subodoraient, qu'une visée économique. Alors que les hausses de tarif entrées en vigueur le 1er mai ont été actées il y a huit mois, les avaries ont néanmoins été multiples.

Mauvaise foi ou problèmes techniques ?

Elles ont tout d'abord concerné le passage du C à 25 euros. Les logiciels de l'Assurance maladie n'ont été que « partiellement préparés » à cette évolution « entraînant des rejets de facturation par le Régime général et la MSA et le RSI » précise le SML. Des ajustements techniques ont été réalisés qui ont permis de rétablir la situation dans le courant de la semaine dernière, non sans que ces difficultés ne renforcent l'irritation des praticiens. Pour les pédiatres, la situation est plus grave et fait suspecter plus que des aléas techniques une certaine « mauvaise foi » de l'Assurance maladie (selon le terme utilisé par la Fédération des médecins de France, FMF). « Pour les consultations au cours du 1er mois vous ne pourrez coter que CS+ MEP+ NFP soit 32 € au lieu de CS+MEP+NFP+MBB soit 39€. Pour les 9 et 24 mois des grands prématurés vous ne pourrez coter que COE soit 39€ sans possibilité de rajouter la MPP à 5 € (ce qui aurait fait 44 €) » décrypte le Syndicat national des pédiatres français (SNPF). En cause, d'une part la disparition anticipée de la MBB (majoration des examens médicaux obligatoires), prévue par la convention le 1er novembre mais qui ne figure plus dans les logiciels depuis le 30 avril (témoignant que dans certaines circonstances l'Assurance maladie sait anticiper !). Par ailleurs, « il est impossible d'associer la MPP (Majoration de suivi pour le pédiatre) à la COE (consultation de sortie de maternité) ». Ces "subtilités" totalement invisibles et dignes de Courteline aboutissent à une dévaluation des consultations du 1er mois pour tous les nourrissons et des consultations des neuvième et vingt-quatrième mois pour les grands prématurés. Si l'Assurance maladie affirme que ces difficultés sont uniquement le fait de « problèmes de certains logiciels non mis à jour ou de mises à jour erronées de certains éditeurs », les syndicats, très remontés, et qui ne sont pas totalement convaincus du caractère accidentel de ces bugs, exhortent les pédiatres à la rébellion. Le SNPF a ainsi incité à l'utilisation de feuilles de soins papiers tant que dureront les difficultés, tandis que la FMF invite les pédiatres « à coter COE + MBB les examens obligatoires, comme la Convention, l'Avenant 2 et la NGPA les y autorisent et s'engage à défendre ceux qui auront maille à partir avec les caisses ».

MG plus rémunérés que les pédiatres: système ubuesque

De son côté, l'Union des médecins spécialistes confédérés (branche spécialiste de la Confédération des syndicats des médecins libéraux, CSMF) invite à une lecture plus large du problème. L'épisode rappelle en effet de manière symptomatique la « complexité des cotations, qui aujourd'hui, entraine d'une part des erreurs de cotations, d'autre part, engendre une lassitude des professionnels au vu du maquis des cotations et de l'usine à gaz construite dans cette nouvelle convention ». Par ailleurs, les difficultés techniques rencontrées viennent une nouvelle fois mettre en évidence, que même appliqués parfaitement, « les tarifs de remboursement » sont aujourd'hui supérieurs pour les médecins généralistes par rapport à ceux des pédiatres, tous secteurs confondus. Une injustice et une situation ubuesque que l'UMESP/CSMF (et certains autres syndicats) espère voir corrigées sous le prochain gouvernement.