Lettre ouverte à Emmanuel Macron

16 février 2017 par  dans  Points de vue Points de vue Politique

Monsieur le Ministre – ou devrais-je plutôt vous appeler « Monsieur le Conseiller de François Hollande », tellement vous avez été proche de lui, étant même l’inspirateur de sa politique économique qui a mis la France parterre. Peu importe ! –,

Il n’est interdit à personne de reconnaître ses erreurs. Etes-vous à droite, au centre ou à gauche ? Personne ne le sait. Vous tentez de garder votre secret, même si quelques indices percent et vous placent totalement à gauche de l’échiquier politique, cette gauche libertaire, « bobo » et inconstante.

Vos dernières déclarations sont incroyables. La France a donc, à vos yeux, commis un crime contre l’humanité lors de la colonisation. Repentance, condamnation ! Avez-vous pesé vos mots ? Non bien sûr et c’est impardonnable de votre part. Alors que vous voulez représenter la France au plus haut niveau, voici que vous la condamnez. Bravo ! Je vous rappelle qu’un crime contre l’humanité est imprescriptible. Vous demandez donc que notre pays soit jugé par le Cour pénale internationale. Beau début de campagne !

Mais vous n’en êtes pas à votre première bourde.

Vous avez, il y a quelques jours, déclaré qu’il n’y avait pas de culture française, niant Victor Hugo, Céline Druon, pour ne citer que ces écrivains alors qu’il y en a des centaines et des centaines qui ont façonné la culture française. Vous oubliez le Siècle des Lumières. Vous oubliez le rayonnement de la France par sa culture propre et enviée dans le monde entier. Désolant !

Même en France, vous méprisez les femmes et les hommes qui travaillent : « l’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier », avez-vous dit à Hénin-Beaumont. Sans oublier que vous avez traité d’ « illettrés » les travailleurs de l’entreprise Gad de Bretagne.

Les Français n’accepteront pas d’être méprisés par vos propos irresponsables.

Vous voulez apparaitre comme un télé-évangéliste : « Saint Macron ». Ce serait plutôt « Saint Maclou » tant vos arguments sont au ras des tapis. Vous êtes un illusionniste médiatique sans programme, sans idée ou alors des idées qui varient dangereusement d’un jour à l’autre.

Il est temps que les Français s’aperçoivent de la vacuité de votre esprit uniquement tourné vers la propagande, vers les mots dangereux et trop souvent creux.

« Je vous aime furieusement », avez-vous dit à une foule qui était venue vous écouter. Monsieur le Ministre, une chose est certaine : vous n’êtes pas apte à devenir un Président de la République respecté et respectable.

 

Bernard Debré
Ancien ministre
Député de Paris