Régine Deforges nous a quittés. Je l'aimais beaucoup, plus pour sa vie et ses combats que pour ses textes.

Je l'ai rencontré une fois, au début des années 90 au salon du livre de Paris, j'étais accompagné de mon éditeur, François Bourin lorsque nous avons croisé son chemin et nous sommes arrêtés. Je n'ai pas pris part à la conversation entre Régine et François, mais j'ai écouté attentivement, c'était bien entendu sur le milieu du livre, des avis pertinents des deux côtés. Une de mes amies a bien connu, elle me l'a raconté, la famille de son premier mari qui a joué Régine aux cartes (ou aux dés, je ne me souviens plus), a perdu et l'a laissé partir avec le vainqueur.

Les féministes ne l'aimaient pas beaucoup. Régine revendiquait la féminité, la sensualité et à juste titre elle pensait que la quête de l'égalité dévalorisait la femme et la déféminisait. Elle n'aurait jamais enfilé pour tout l'or du monde une paire de collants, et je l'ai entendu faire l'éloge de la lingerie fine au quotidien, pas seulement dans les rencontres et la séduction.

Elle s'est battue avec courage contre les oeillères et les censures qui n'ont pas cessé de barrer sa route.

Je garde l'image d'une femme intelligente, fine, sensuelle, attirante même dans ses dernières années. Une femme rare.

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