oldgaffer

Billets et humeurs d'un médecin marin et écrivain

31 juillet 2009

Grippe A : ne paniquons pas

Dans la série "la grippe A ne paniquons pas", certaines entreprises viennent de sortir l'arme absolue : interdiction aux membres du personnel de se faire la bise ou de se serrer la main pour éviter toute propagation du virus (entendu sur France Info cet après-midi).

Décidément, la seule chose qui peut donner une idée de l'infini, c'est la connerie.

Comme le dit si justement le Chat de Geluck :

Couper

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29 juillet 2009

La grippe des Mexicons

Le professeur Debré a du lire mon blog, car dans l'interview qu'il a accordé au JDD, il ne dit rien de plus ni de moins que ce que j'ai clamé ici à plusieurs reprises, et que je clame encore dans l'hôpital où j'exerce, face à des petits chefs qui veulent se donner de l'importance dans la prévention d'une pandémie d'opérette.

Debré: "Cette grippe n'est pas dangereuse"

Propos recueillis par Marie-Christine TABET
Le Journal du Dimanche

Bernard Debré, professeur de médecine, député UMP de Paris et membre du comité national d'éthique, prend le contre-pied des déclarations du Premier ministre vendredi. Alors que François Fillon se faisait alarmiste sur la pandémie "inévitable" de la grippe A-H1N1, Bernard Debré estime que l'on en fait trop et voit dans le virus une simple "grippe".

Vous faites partie de ceux qui considèrent que l'on en "fait trop" au sujet de la grippe (A) H1N1. Mais en fait-on jamais assez pour enrayer une pandémie?
Cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière. Alors maintenant, il faut siffler la fin de la partie!

N'êtes-vous pas caricatural?
Ce type de grippe était attendu et il faisait très peur. Tout le monde avait à l'esprit le phénomène de la grippe aviaire, H5N1, qui est très dangereuse pour l'homme avec un taux de mortalité de 60 à 65 % mais pas contagieuse car elle passe difficilement la barrière des espèces. Nous appréhendions une redistribution des gènes pouvant faire sortir un virus très virulent et très contagieux. Cette loterie a eu lieu. Mais elle a produit un bon numéro: le H1N1. On redoutait un valet de pique, on a tiré une dame de coeur...

Après l'épisode du Mexique, les Etats se devaient de réagir...
Au Mexique, la grippe a tué car elle venait d'apparaître. Comme toutes les maladies nouvelles, contre lesquelles le corps n'a pas produit de défense, elle atteint des personnes jeunes et des moins jeunes très handicapés, dénutries, affaiblies... Toutes les mesures ont été prises, et bien: course au vaccin, isolement des malades, suivi statistique au jour le jour... C'est l'exercice grandeur nature d'une armée médicale d'Etat qui se met en ordre de bataille contre un mal qui pourrait survenir un jour. Mais à un moment donné, il faut arrêter l'exercice.

Pourquoi arrêter maintenant alors que la guerre est annoncée à l'automne?
Tout ce que nous faisons ne sert qu'à nous faire peur. Oui, cette grippe fuse très vite. Et après? Un malade en contamine deux ou trois, contre un pour une grippe classique. Mais cela reste une grippette, ce n'est ni Ebola, ni Marburg... D'ailleurs je constate que sans le dire, les pouvoirs publics ont déjà commencé à réduire la voilure. Les malades, dont on ne vérifie d'ailleurs plus s'ils ont attrapé le H1N1 ou un simple rhume de cerveau, sont désormais invités à prendre du paracétamol.

Vous accusez les Etats d'avoir paniqué?
A partir du moment où l'OMS a, de façon un peu rapide, commencé à gesticuler, avec des communiqués quotidiens et des conférences de presse à répétition, les gouvernements n'avaient pas vraiment d'autre choix que de suivre. Je leur reproche d'avoir ensuite succombé à une surmédiatisation politique de cet événement.

C'est le cas en France?
Bien sûr! Il y a 800 cas répertoriés en France. C'est une plaisanterie! Va-t-on se mettre à comptabiliser les diarrhées? On aurait dû annoncer clairement la couleur: nous sommes dans le cadre d'un exercice grandeur nature. Point à la ligne. Il est inutile d'affoler les populations sauf à vouloir leur marteler, à des fins politiques, le message suivant: bonnes gens dormez sans crainte, nous veillons sur vous.

Vous vous êtes violemment opposé à Roselyne Bachelot pendant le débat sur la loi Hôpital. Ces critiques de son plan grippe ne sont-elles pas un règlement de comptes politique?
Je n'accuse pas Roselyne Bachelot. Elle n'est pas plus responsable que cet élu Vert qui exigeait à l'Assemblée nationale que la ministre de la Santé rende des comptes sur le nombre de combinaisons étanches disponibles et la qualité des masques...

L'erreur est donc de nature politique...
Non, car je le répète au début la démarche était justifiée. Mais c'est au minimum une erreur économique. Je ne comprends pas pourquoi l'Etat a pris une commande ferme de 100 millions de vaccins. Il fallait laisser les laboratoires développer leurs produits et ensuite acheter en fonction de nos besoins. On sait déjà que les vaccins ne seront pas prêts avant le 15 novembre. Ce qui veut dire qu'ils seront disponibles lorsque le premier pic de contamination sera passé. Quant aux centaines de millions de masques en stock, que va-t-on en faire? Obliger les malades de la grippe saisonnière à les porter? Ce qui me paraît plus grave, c'est que l'on a réquisitionné des lits d'hôpital et des ambulances pour rien, faisant perdre des chances et du temps à d'autres malades.

Le Premier ministre évoque des millions de contaminations. Votre position tranchée n'est-elle pas téméraire?
Pour l'instant nous avons près de 800 morts dans le monde alors que l'hémisphère Sud connaît sans doute son pic de contamination. Ce sont des chiffres éloquents. Bien sûr, ce virus peut muter et devenir virulent. Pour l'instant ce n'est pas l'avis exprimé par la majorité des virologues... Admettons que le pire se produise. Est-on certain que les vaccins commandés seront efficaces ? Non.

Notre société est-elle devenue trop précautionneuse à l'excès?
C'est le syndrome apocalyptique. L'homme a été créé par un virus et il mourra par virus. Cela a toujours été comme cela. Avant le virus, il y avait la peur des microbes avec la peste et le choléra. L'humanité a gagné cette bataille. Alors attention à la revanche du virus!

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28 juillet 2009

Alzheimer et procréation assistée

La FIV et autres techniques permettent désormais à toute femme d'avoir un enfant, quel que soit son âge, comme l'a montré une mamma italienne fière de son rejeton (qui pourrait être son arrière petit fils).

Un jour nous assisterons à la scène suivante :

Trois amies viennent rendre visite à leur meilleure copine qui vient de mettre au monde, à 72 ans, un beau bébé joufflu. La mère est sortie de clinique et ses amies sonnent à la porte.
- On vient voir le bébé.
- Pas tout de suite, vous prendrez bien un thé?

L'après midi-passe et chaque fois qu'elles veulent voir le bébé, c'est la même réponse : "- Pas tout de suite."

C'est l'heure de repartir. Elles n'ont pas vu le bébé, et elles le regrettent ; elles demandent pourquoi.

"- C'est que... répond en hésitant la maman... je dois attendre qu'il pleure... parce que je ne me rappelle plus où je l'ai mis."

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27 juillet 2009

F1 actu

Rouge comme Ferrari, ce texte. Pour Felipe Massa dont je ne suis pas sûr qu'il pourra à nouveau disputer un GP de F1.

Certains de mes lecteurs ont été surpris de ne voir aucun commentaire à la suite du GP de Hongrie. Je ne me sentais pas d'humeur à exercer mon esprit de provocation habituel après l'accident de Felipe.

Mais j'ai quand même des choses à dire. La suspension de Renault pour un GP, celui d'Espagne, celui d'Alonso, n'est pas innocente. Dans le conflit d'abord ouvert, aujourd'hui larvé, qui règne entre les écuries et la FIA, c'est une façon de diviser pour mieux régner. Fin de règne honteuse pour Max Mosley. La roue perdue d'Alonso qui motive la sanction serait donc plus grave que le ressort de suspension de la Brawn perdu par Barichello qui a brisé la carrière de Massa. Je ne veux pas dire qu'il fallait sanctionner Brawn, ce sont des faits de course qui, aussi dramatiques qu'ils soient, doivent être regardés comme tels. Senna est mort d'un bris mécanique anormal de sa suspension avant dont un morceau lui a traversé le crâne lors de son accident. On a voulu inquiéter Williams à l'époque, cela ne s'est pas fait. Heureusement.

Moi, je serais carlos Ghosn, je dirais que Renault arrête la F1 dans de telles circonstances. Tant que la FIA est aussi conne, à l'image de son chef.

Moi, je serais le chef d'une autre écurie, je serais solidaire et refuserais d'aller à Valencia si Renault est exclu.

Moi, je demanderais à toutes les écuries de refuser de continuer à courir sous la férule du Max en fin de règne. Qu'on le vire sans délai.

Mais je suis un doux rêveur...

Et je rêve surtout que Felipe va guérir et revenir.

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23 juillet 2009

Elisabeth Badinter et la burqa

elisabeth_Badinter

Que puis-je ajouter? Sinon que comme d'habitude Élisabeth Badinter est éblouissante tant dans la forme (son style concis, précis, admirable) que dans le fond.

Je rappelle qu'elle fait partie des rares femmes qui se sont exprimées contre la loi sur la parité, considérant qu'elle était humiliante pour les femmes.

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22 juillet 2009

Les références des cons

Entendu sur TF1 ce soir à propos de Cartier Bresson :

"- Il est aller chercher à travers l'apparence et au-delà de l'apparence ce que personne n'avait pu voir".

Si quelqu'un me trouve une phrase plus con, qu'il m'écrive, il a gagné. En fait la phrase n'est pas trop trop trop con, juste un peu, mais elle s'applique à n'importe quoi et ne caractérise en rien Cartier Bresson. Je me sens capable d'appliquer ce genre de ronflement vide à n'importe qui. Même à Georges W(C) Bush.

Par association d'idée, ce souvenir :

Quand j'étais jeune, j'adorais les BD d'Hubuc, mort prématurément, notamment sa série sur "Le travail". Sur une des planches, on y voit une caricature de Maurice Béjart hurler de façon démente en bougeant comme un épileptique, entouré de harpies qui semblent sorties d'"Astérix chez les Helvètes" lors des orgies du début de l'album, hurltant et bougeant de la même façon. Un journaliste s'approche du "Maître" à l'issue de la prestation et le félicite.

Le "Maître" répond : "-Je n'ai aucun mérite, Mozart sera toujours Mozart".

Le grand problème avec les cons, c'est qu'ils se servent de références et qu'ils les polluent. Je suis sûr que Cartier Bresson se serait bien passé de cet hommage à la con. Il mérite quand même mieux, non?

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20 juillet 2009

Bon anniversaire Armstrong, Aldrin, Collins et Gornick

Quarante ans que l'homme a marché sur la lune, que Neil Armstrong a dit :

"Un petit pas pour l'homme, un grand pour l'humanité et bonne journée Mister Gornick".

Je ne sais pas pourquoi la dernière partie de la phrase est restée à jamais oubliée, mais je corrige cette injustice. Probablement parce que, personne ne comprenant, il était plus facile d'oublier. Il a fallu plus d'un quart de siècle avant que Neil Armstrong ne dise un jour à un journaliste qui l'avait boire un peu pourquoi il avait dit ça. Voici ses propos :

"-Voilà. Gamin, je ne voulais pas être astronaute, je voulais être golfeur. Un jour que je faisais du practice dans le jardin de mes parents, j'ai réussi un bon drive et la balle est allé chez les voisins, Mr et Mrs Gornick. Je me suis faufilé à travers la haie pour récupérer la balle et en passant sous une fenêtre, j'ai entendu une dispute. Mrs Gornick disait à son  mari :
- Non, pas question, la fellation est une chose qui me fait horreur et je ne t'en ferai pas
- Mais écoute, tous mes amis me disent que leur femme...
- Pas question te dis-je, ou bien, tiens, je t'en ferai une le jour où le petit d'à côté il marchera sur la lune..."

Et n'oublions pas que Mr Gornick a eu sa bonne journée en 69.


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17 juillet 2009

Benoît XVI et la veuve poignet

Sans aucune retouche, le commentaire entendu ce soir à la télé :

"Après sa fracture du poignet droit, le Pape ne pourra plus se livrer à son passe-temps favori..."

Bon, d'accord, si on écoute un peu plus loin, il paraitrait que ce passe-temps est le piano...

Comme traitement, je recommanderai un bain de (Saint) Siège.

Nul ne pourra jamais me le reprocher, vu que le siège devant le piano est un tabouret : personne ne pourra constituer un dossier...

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Météo marine permanente

La semaine dernière, notamment avec les avis de coup de vent de mistral attendus, j'étais très attentif à la météo marine, actualisée trois fois par jour, diffusée par VHF et sur internet.

Mon expérience de la situation me permet de donner ci-dessous à tous les plaisanciers un bulletin précis, réactualisé en permanence. Inutile donc de vous précipiter vers votre VHF ou votre PC, voici des prévisions fiables à 100% qui ne seront jamais prises en défaut, telles que j'en ai bénéficié :

"En raison d'un mouvement social, Météo France est dans l'impossibilité de vous diffuser le bulletin météo côtier. Ce message sera rediffusé dans trente secondes."

Si avec ça vous n'êtes pas capable d'organiser votre croisière de façon fiable et sûre, il ne vous reste plus qu'à vous reconvertir au camping-car.

Anecdote : pendant le trajet de retour, après tous les petits tracas détaillés dans les billets précédents, et je n'ai pas parlé du dérapage de l'ancre au petit matin pour lequel j'ai dû recevoir en catastrophe l'assistance de l'équipage d'un bateau voisin, Aline m'a posé la question  qui tue :

- Tu es sûr que tu aimes encore la mer?

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11 juillet 2009

Histoire de l'Algérie

J'ai déjà cité ce texte il y a quelques mois.

Il ne me paraît pas inopportun de le remettre à l'affiche :

Courrier exemplaire adressé au président algérien, Monsieur BOUTEFLICA, par M. André SAVELLI, professeur agrégé en histoire au Val de Grâce.

Il semble indispensable de faire circuler ce document, extrêmement bien documenté, venant d'un érudit de l'histoire, relatant brièvement l'histoire d'un pays, l'Algérie, et éclatant de vérité.

 

 

LETTRE à M. BOUTEFLIKA

Président de la République algérienne.

 

 

 

 

Monsieur le Président,

                 En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !

    C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.

              Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I,

p.36-37, 40, 45-46. 1382).

                 Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi escla-vage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.

                 Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de des-truction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se main-tenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.     

 

             Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.

                 Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.

                 Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

                 Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

                 Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre armé-nien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre abo-rigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
                 Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).

                 Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste….. Il n’existait rien avant 1830.! Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, ont été capitaux pour l’Etat naissant de l’Algérie.

              Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

                 Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.

                 Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés là 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépen-dance ou encore de religion ?

                 Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S., il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique, beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie.

C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !


                 Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -.

La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie.

Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?

                 En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

 

Posté par oldgaffer à 12:12 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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