31 janvier 2009
Kersauson Ocean's songs
Pour mon anniversaire, Valérie et Xavier m'ont offert "Ocean's songs" de Kersauzon dont je suis en train d'achever la lecture.
Ma première impression sur les premiers chapitres était désastreuse et je me disais que je n'en parlerai pas ici vu que Xavier lit mon blog, et qu'il aurait été inconvenant de critiquer son cadeau publiquement.
La patience et la persévérance ont du bon. Après des chapitres où s'enroulent des phrases ronflantes avec des redites et des contradictions, puis une mise au pilori de tous les témoins de leur voyage alors qu'il ne fait rien d'autre en écrivant son bouquin, on arrive à un tournant presque magique.
Comment Olivier apprend sur un ferry la mort de Tabarly dont il fut le fidèle lieutenant des années durant et balbutie le Notre Père avec le commandant du ferry face à la mer qui gronde et porte Éric quelque part. Comment après une avarie sur Geronimo qui le contraint à l'abandon en Australie il doit revenir en France pour l'enterrement de la mère de son fils. Comment en Polynésie, il découvre dans une échoppe une photo où il est en compagnie de Tabarly, Colas, Moitessier et réalise qu'il est le seul survivant. Prise de conscience d'une grande dimension métaphysique. Comment il prend racine en Polynésie en comprenant l'ancrage des Polynésiens dans une foi salvatrice.
Cette bascule rachète les lourdeurs et prétentions de la première partie.
Kersauson est à la fois séduisant et irritant. J'aime bien, finalement, ces personnages tout d'une pièce, bruts de fonderie, loin de la tiédeur de nos contemporains. Pourquoi finalement ? Parce que ...
J'ai rencontré Kersauzon. Pour la première et seule fois de ma vie, j'ai failli me battre.
Je faisais partie des organisateurs de la Route du Rhum 1982. Chaque membre du club parrainait un candidat. Comme je parlais anglais, on m'avait attribué un coureur britannique : Robert James, sur le trimaran Colt Cars. J'avais invité Robert James, sa femme Naomi et ses deux équipiers dont J. Houlgrave, à venir dîner chez moi un soir à Dinan où j'habitais alors. Je leur avais donné rendez-vous sur le quai du bassin Vauban à Saint-Malo.
Je viens les attendre avec mon frère. En les attendant, je vois une voiture qui tente de sortir de sa place de parking en poussant à grands coups de pare-choc, comme avec un bélier, la voiture du président de la Société Nautique de la Baie de Saint-Malo. Je m'indigne et vois descendre de cette voiture un homme qui fanfaronne et ironise : "- Où ça ? Où avez-vous vu une voiture?". Je le reconnais. Je fais demi-tour en disant à mon frère, d'une voix très audible par l'homme en question : " - Rien d'étonnant, c'est Kersauzon". Puis je m'éloigne tranquillement.
C'est alors que j'entends un bruit de pas précipités et mon frère m'alerte : " - Attention il vient vers toi !". Je me retourne. Il arrive tout près de moi, les poings faits. Je sais qu'il est bagarreur. Je ne me suis jamais battu hors des tatami de karaté ou de kung-fu, des années auparavant. Je décide de faire face. Il s'approche, puis s'arrête, tout près. Je ne bouge pas. Intérieurement je n'en mène pas large, mais je suis décidé à assumer. Il regarde le badge d'organisateur pendu à mon cou et fait demi-tour. Mon frère s'éponge le front.
Le lendemain, je retrouve Kersauzon en train d'aider Naomi James à faire je ne sais pas quoi sur sa voiture. Nous parlons. Il me dit : "- y'en a marre que dès qu'il se passe quelque chose quelque part on dise "c'est Kersauzon". Je n'en rajoute pas et je file au yacht-club où le président m'interpelle en riant ; " - Alors? Tu agresses Kersauzon la nuit sur les quais du port ?" Kersauzon avait lu "Colt Cars" sur mon badge et s'était plaint de ce barbu brun et agressif.
Tout cela s'est terminé en choquant nos verres au bar.
Mais je vous en raconterai plus prochainement sur ce départ de la Route du Rhum 1982, et sur Robert et Naomi James.
Grande Croisière
Le programme se précise. Inscription au Rallye des Iles du Soleil 2010 - 2011 en cours. Journées de formation à Paris les 15 et 16 mai prochain (préparation du bateau, préparation médicale, choix des équipements, communications, formation météo, etc...).
Mai 2010 : je prends ma retraite. Quelques semaines de navigation en Méditerranée occidentale pour tester le matériel et tout vérifier puis retour à Bandol.
Août 2010 : Bandol - Gibraltar en équipage familial.
Septembre 2010 : Gibraltar - Madère avec Xavier et Philippe, pour rejoindre le départ de la flotte.
De Madère à Salvador de Bahia avec Xavier et Philippe. Une semaine d'escale au Sénégal, quinze jours au Cap vert et cinq semaine à Salvador, avec réveillon et carnaval.
Xavier et Philippe débarquent, et je n'ai pas encore d'équipier pour la remontée vers l'Amazone et le rallye trans-amazonien.
José me rejoint fin mars à l'embouchure de l'Amazone pour la dernière étape du Rallye, arrivée à Cayenne en avril. Ensuite il m'aide à remonter le bateau jusqu'au Antilles : Martinique, Guadeloupe et longue escale à Saint Martin où je retrouve mon ami Henri-Charles, cardiologue dans cette île.
José débarque et il me reste à trouver des équipiers pour le retour. Départ des Antilles en Mai car les saison des cyclones commence en juin. Remontée vers les Bermudes puis les Açores. De là, retour vers Gibraltar et Bandol. Un an complet en tout.
Je sais que sur une carte simple il paraît aberrant de faire ce détour pour rentrer, mais la ligne droite Antilles - Gibraltar est impraticable en voilier, car face à l'alizé. Il faut le contourner.
Si le Grand Architecte me prête vie et santé jusque là...
28 janvier 2009
JP Schnetzer psychiatre à Ste Egrève
J'ai ici même longuement communiqué à propos de JP Schnetzler à l'occasion de sa mort.
Je viens de passer quelques jours, et suis encore en train de le faire d'ailleurs, sur mon bateau avec mon futur équipage pour le Brésil l'an prochain, pour que nous fassions connaissance entre nous, et qu'ils fassent connaissance avec le bateau.
Quel rapport me direz-vous? Un de mes équipiers, Xavier, a été très surpris de me voir parler sur ce blog de JP Schnetzler, car il en était l'interne à Ste Egrève en 1970. Il faisait un remplacement en psychiatrie avant de se consacrer à la cardiologie. ll a un souvenir très marquant de cette période que je tiens à vous faire partager. Assez "effrayé" par les malades psychiatriques, il était très timide dans son approche des patients. Un jour, alors qu'il s'occupait d'une nouvelle malade, il s'en tenait à deux mètres pour l'interroger, lui parler et l'écouter. La patiente n'était pas agressive, mais agitée, envahissante, et il ne savait pas "par quel bout la prendre". Il n'a pas entendu Jean-Pierre arriver derrière lui. Sans rien dire, Jean-Pierre a poussé Xavier dans les bras de la patiente qui s'est pendue à son cou, bavant sur sa blouse, heureuse de ce contact.
Xavier m'a dit que ce jour-là il a tout appris, sur un geste sans parole, de ce que doit être la relation entre un médecin et un malade. On ne peut pas être soignant si on ne renverse pas les barrières entre soi et le patient, si on laisse un espace qui tue la relation thérapeutique.
Il y aurait des pages à écrire sur ce simple geste plus didactique que des heures de cours et de conférence.
24 janvier 2009
Anniversaires
Aujourd'hui, 24 janvier, il y a exactement 63 ans que mes parents se sont rencontrés au bal de l'école d'agriculture de Montpellier.
Demain, 25 janvier, il y aura exactement 62 ans qu'ils se seront mariés, soit un an et un jour plus tard.
Lundi, 26 janvier, il y aura exactement 61 ans, toujours un an et un jour plus tard, que ma mère aura donné naissance à son fils aîné qui vous afflige régulièrement avec ce blog. Je suis comme un enfant récupéré aux objets trouvés, donc.
Le plus extraordinaire est à venir : un an et un jour plus tard, le 27 janvier 1949, il ne s'est rigoureusement rien passé. J'avais fait mes premiers pas la veille, le jour de mon anniversaire.
21 janvier 2009
Actualités
21 janvier. 216 ans que Louis XVI a été guéri de la migraine. Je connais une royaliste qui porte un crêpe noir tous les 21 janvier. Et je la comprends de plus en plus. Et à propos de guillotine, deux histoires sur Danton montant sur l'échafaud. La première fait rire, la seconde est historique.
- Danton ! Une lettre de ta femme !
- Mets-la dans le panier je la lirai à tête reposée
Plus sérieux et attesté par les historiens :
- Bourreau, montre ma tête au peuple, elle en vaut la peine.
Hommage de Obama à Jacques Brel. La nuit dernière à Washington, il y avait 20 bals. La première danse de Barak fut une valse. Une valse à vingt bals c'est pas cher.
Je n'arrive pas à suivre ni à tenir le compte. Laure Manaudou, elle change plus souvent d'entraineur ou de fiancé? Je m'y perds.
Entendu sur France 5 ce soir : la différence entre Obama et Sarko. Obama dis "nous" quand Sarko dis "je".
20 janvier 2009
Génériques : enfin le doute s'installe
Je hurle ici-même depuis des années que les génériques sont un scandale.
J'étais la semaine dernière aux journées européennes de la Société Française de Cardiologie à Paris.
Voici le genre de choses qu'on entendait :
Un vent de contestation souffle sur les génériques
19 janvier 2009 |
Paris, France — Voici 12 ans que des médicaments génériques sont commercialisés
en France. L'enjeu économique est considérable, non seulement en France et dans
les autres pays riches, mais aussi pour les pays dépourvus d'assurance-santé —
auxquels les génériques étaient d'ailleurs initialement destinés, avant que le
principe n'en soit universellement récupéré.
Face à cet enjeu que le Pr Philippe Lechat (Directeur
de l'Evaluation des Médicaments et des Produits Biologiques à l'Afssaps)
n'hésite pas à qualifier de « géopolitique », aucun signal inquiétant n'est
venu des études menées un peu partout dans le monde.
En décembre dernier, une vaste méta-analyse de 47 essais de médicaments à
visée cardiovasculaire, dont 38 essais randomisés de génériques versus leurs
princeps, a ainsi été publiée dans le Journal of the American Medical
Association, concluant une fois encore à l'absence d'effet décelable de la
substitution en terme d'efficacité clinique et de sécurité [1]. Pourtant,
comme l'a montré un débat consacré aux génériques, lors des XIXes Journées
Européennes de Cardiologie, la substitution semble avoir de plus en plus de
mal à convaincre [2].
À la question « qui d'entre vous a déjà rencontré des problèmes avec les
génériques », posée dans une salle comble par le Pr Yves Juillière
(Nancy), une très nette majorité de cardiologues a en effet levé la main.
Des études discutables
Les critiques adressées aux génériques et à la substitution sont de deux
ordres : technique et médico-légal.
Sur le plan technique, ce sont d'abord les études qui sont
mises en causes, et aussi bien les études comparatives, comme celles qui ont
été reprises dans la méta-analyse du JAMA, que les études
pharmacocinétiques, requises pour établir la bioéquivalence et commercialiser
les génériques. Les premières, en effet, ne sont généralement pas des études de
non-infériorité, mais des études de supériorité, lesquelles permettent
seulement de conclure à l'absence de preuve suffisante en faveur d'une
différence. Quant aux études pharmacocinétiques, elles sont menées chez des
volontaires sains, jeunes et généralement de sexe masculin. L'extrapolation de
leurs résultats aux populations qu'il s'agit de traiter n'est donc pas
évidente.
Au delà même du recrutement dans ces études, ce sont aussi les principes sur
lesquels elles se fondent qui sont discutés.
On
compare la concentration sérique maximale (Cmax) et l'aire sous la courbe
obtenues avec le générique et le princeps. On ne se préoccupe donc pas du temps
nécessaire pour atteindre cette concentration (Tmax), ni de la demi-vie —
Pr Merle (Limoges)
Comme l'explique le Pr Louis Merle (Limoges), pharmacologue, « on
compare la concentration sérique maximale (Cmax) et l'aire sous la courbe
obtenues avec le générique et le princeps. On ne se préoccupe donc pas du temps
nécessaire pour atteindre cette concentration (Tmax), ni de la demi-vie ».
Par ailleurs, ces valeurs, pour le générique, doivent être comprises entre
80 et 125 % des valeurs obtenues avec le princeps. A priori, l'intervalle est
acceptable — il peut d'ailleurs être réduit pour les médicaments à index
thérapeutique étroit, indique le Pr Lechat. Mais en pratique, souligne le Pr
Merle, « comme on peut changer de générique, on peut produire des écarts
beaucoup plus importants qu'entre générique et princeps ».
Des principes actifs difficiles à contrôler ; des
excipients très variés
Second problème, les produits. En ce qui concerne le principe actif, pour
commencer, l'équivalence supposée entre des sels, esters, éthers et isomères de
ce principe, avec la forme chimique du princeps, peut être discutée. Par
ailleurs, il faut avoir conscience des risques de fraude ou d'accidents,
inhérents à la multiplication des approvisionnements : la récente contamination
d'une héparine d'origine chinoise, en est la meilleure illustration.
« Les matières premières viennent maintenant de Chine, d'Inde ou du Brésil,
et il est impossible de contrôler en permanence la qualité des médicaments mis
sur le marché, ni d'inspecter systématiquement les sites de fabrication »,
souligne le Pr Lechat, qui ajoute qu'une coordination des inspecteurs au niveau
européen, voire mondial, présenterait un intérêt certain.
Les
matières 1res viennent maintenant de Chine, d'Inde ou du Brésil, et il est
impossible de contrôler en permanence la qualité des médicaments mis sur le
marché, ni d'inspecter systématiquement les sites de fabrication — Pr
Lechat (Afssaps)
En ce qui concerne les excipients, le risque allergique est dorénavant
pratiquement écarté, souligne le Pr Lechat. Il est toutefois difficile de se
satisfaire du désordre actuel. Une étude sur les génériques du Zyloric (allopurinol),
menée par le Pr Merle, montre que deux génériques comportent 4 excipients, tous
identiques à ceux du princeps, deux autres génériques 3 excipients identiques
au princeps sur 4 (le quatrième étant inconnu), deux génériques, 2 excipients
sur 3, un générique, 1 sur 5, tandis que dans les trois derniers génériques,
aucun excipient du princeps n'est retrouvé.
Le Pr Merle estime peu probable que les excipients soient responsables
d'effets indésirables. Mais le minimum serait de les inclure tous dans le
Vidal.
Les personnes âgées ne s'y retrouvent pas
On arrive enfin à la question de l'observance.
Pour certains, comme le Pr Juillière, les génériques en
eux-mêmes posent problème. Pour le Pr Merle en revanche, le problème majeur est
celui de la substitution, qu'il s'agisse du passage du princeps à l'un de ses
générique ou du changement de générique. D'un côté, les fabricants de
génériques font preuve d'une créativité sans limite en matière de forme et de
couleur de comprimés. De l'autre, les boites sont d'une homogénéité
littéralement confondante.
« On ne distingue pas la boîte d'un médicament anti-HTA de celle d'un
médicament à visée gastro-entérologique ou neurologique », souligne le Pr
Merle, et d'autant moins qu'aucune ne mentionne le nom du médicament remplacé.
Résultat, les patients, notamment les personnes âgées, polymédicamentées, se trompent,
prennent un médicament pour l'autre ou ne comprennent pas le principe de la
substitution.
« Beaucoup plus que les spécialistes, ce sont probablement les généralistes
qui prennent toute la mesure du problème », remarque le Pr Merle. Combien
d'entre eux ont entendu un patient leur raconter que « le cardiologue leur
avait changé leur traitement », ou pire, « leur avait ajouté un traitement
supplémentaire » ? Auquel cas le patient se traitera simplement par double
dose, jusqu'à l'épuisement de son stock de princeps.
Au passage, comme le souligne le Pr Juillière, ces défauts d'observance, les
effets secondaires et le manque à gagner en terme d'efficacité thérapeutique,
ont aussi un coût. Et d'autant plus que, contrairement à une idée reçue, les
prix des génériques en officine ne sont pas tous inférieurs à ceux des
princeps. « La question économique mériterait donc une approche plus complète
», souligne-t-il.
Qui prescrit, qui est responsable ?
Dans ce climat d'incertitude, une inquiétude se manifeste sur le plan
médico-légal. En cas de problème, qui est responsable ? Le médecin peut
toujours spécifier que sa prescription n'est pas substituable — la mention est
à écrire à la main, complètement et devant chaque ligne concernée sur
l'ordonnance. Mais en pratique, « face aux quotas de génériques imposés aux
établissements de santé et à la pression de la CPAM, cette ressource est
limitée », souligne le Pr Juillière. « Le médecin n'a que des obligations ». Le
patient aussi, d'ailleurs, dont les modalités de remboursement sont subordonnés
à son acceptation de la substitution. Reste le pharmacien, qui à la fois
bénéficie du système des génériques et se retrouve dans le rôle de
prescripteur, sans que sa responsabilité légale soit le moins du monde engagée.
On conçoit que la responsabilité incombe au médecin tant que le générique
est une copie conforme ; on le conçoit moins si un problème survient
précisément du fait de la non-conformité. En principe, c'est pourtant cette
situation qui prévaut actuellement. Et manifestement, elle fait peur.
Pour Maître Frédérique Claudot (Université de Nancy), en cas de
procès, de nombreux arguments permettraient de dégager la responsabilité du
médecin. On verrait à l'usage. En attendant, le Pr Juillière réclame que la
responsabilité légale soit « laissée au pharmacien ».
L'irrésistible développement des génériques
Il est clair qu'en matière de générique, on ne fera pas machine arrière. Le
Pr Lechat a illustré la situation en quelques chiffres.
Environ 800 dossiers de génériques sont déposés chaque année à l'Afssaps,
soit 3 par jour ouvrable. En 2008, sur 519 AMM délivrées en France, 467
concernaient des génériques, soit 90 %. À l'échelle européenne, 65 % des
demandes déposées en 2008 concernaient des génériques. Et dès à présent, les
dossiers d'une vingtaine de copies du clopidogrel ont été soumis. Pour
expliquer cette pléthore, le Pr Lechat explique que « l'on ne peut pas
interdire à un génériqueur de déposer un dossier ».
Mais si le problème des génériques et/ou de la substitution est autre chose
qu'une rumeur — et le problème de l'observance, au moins, est reconnu par tous
— ce développement exponentiel pourrait préparer des lendemains qui déchantent.
Au moins, ne pas substituer l'attaque personnelle à
l'examen de la critique
Quelles sont les solutions envisageables ? Pour commencer, il conviendrait
sans doute de s'abstenir des attaques ad hominem, assimilant toute critique des
génériques à de la collusion avec l'industrie pharmaceutique. Cet argument,
classique a été évoqué par les auteurs de la méta-analyse du JAMA pour
expliquer les avis contraires (outre les 47 études, la méta-analyse se penchait
sur 43 éditoriaux, dont 53 % étaient opposés à la substitution). Et pour ce qui
concerne spécifiquement la France, des allégations d'une rare violence, émanant
de hauts responsables de la santé et dirigées contre les opposants aux
génériques, ont été reprises dans des journaux grand public à l'occasion de la
publication du JAMA.
Si l'on devait écarter les avis de tous les professionnels qui ont un lien
avec l'industrie pharmaceutique, les voix habilitées se feraient plutôt rares.
Au demeurant, les conflits d'intérêts des supporters des génériques ne sont pas
nécessairement moindres que ceux des détracteurs, en particulier du côté des
organisations professionnelles de pharmaciens.
Comme l'a indiqué le Pr Nicolas Danchin (HEGP), modérateur du débat
lors des Journées Européennes de Cardiologie, « certes, une partie des revenus des
médecins provient de l'industrie, mais s'agissant des agents de l'Etat, c'est
100 % des revenus qui proviennent d'un acteur ayant aussi des intérêts dans
l'affaire. Ce constat n'est pas une critique, mais une simple question
d'objectivité : la vertu n'est pas d'un côté, ni la malignité, de l'autre ».
Des précautions élémentaires, et un appel à la
pharmacovigilance
Ceci acquis (?...), les solutions sont pour finir peu nombreuses. Une
certaine codification de la présentation des comprimés et du boîtage,
améliorerait sans doute l'observance. Mais sur le fond, les doutes ne
pourraient être tranchés que par des essais contrôlés d'envergure et de durées
suffisantes. Or, même les plus fervents opposants aux génériques, comme le Pr
Juillière, jugent ces essais « utopiques ».
Au rayon du faisable, il y a d'abord le principe de précaution. Le Pr Merle
recommande « d'éviter la substitution dans trois situations : traitement en
cours, patient âgé, ou médicament à index thérapeutique étroit » — et ceci,
malgré que les cinq essais randomisés de la warfarine, examinés dans la
méta-analyse du JAMA, n'aient pas fait apparaître de problème.
Pour les médicaments à index thérapeutique étroit en particulier, le Pr
Merle souhaite par ailleurs une fourchette d'équivalence de la Cmax et de
l'aire sous la courbe, plus réduite que les 80-125 % retenus actuellement.
J'espère
en particulier des cardiologues, une meilleure contribution au signalement à la
pharmacovigilance, des effets secondaires constatés avec les génériques — Pr
Juillière
Enfin, la pharmacovigilance. Développer une pharmacovigilance spécifique et
systématique des génériques est jugé « possible, quoique difficile », par le Pr
Juillière. Le Pr Merle, plaide lui aussi en faveur d'une pharmacovigilance « de
qualité », laquelle implique de « pouvoir remonter jusqu'au produit réel ».
Pour garantir cette traçabilité, il faudrait donc que les patients conservent
leurs ordonnances, ce qui ne sera pas aisé à obtenir. Le Pr Merle lance en tout
cas un appel pour que les cas soient rapportés et documentés.
« J'espère en particulier des cardiologues, une meilleure contribution au signalement à la pharmacovigilance, des effets secondaires constatés avec les génériques », conclut-il.
En ce qui me concerne, je ne suis pas d'accord avec l'innocuité des excipients. J'ai une patiente allergique aux excipients d'un générique.
Pour le reste, je suis ravi de voir que les grands professeurs rejoignent ce que je clame ici depuis des années.
18 janvier 2009
Le Dakar n'a pas vraiment quitté l'Afrique
Le Dakar a quitté l'Afrique pour l'Amérique du Sud, mais le plus paradoxal n'est-il pas que pour la première fois depuis que le Dakar existe, c'est un africain qui gagne ?
Carlos Sainz a eu tort de ne pas équiper sa voiture d'un parachute, mais c'est déjà énorme qu'il soit indemne après la chute qu'il a faite dans un ravin.
17 janvier 2009
Simulacre de miracle sur l'Hudson
Vous y croyez, vous, à ces oiseaux qui ont mis l'Airbus en rideau à New York?
Non, c'est une affaire politique. En décollant, le pilote, au moins démocrate et peut-être même pire, communiste, ou encore pire écolo, a appris que Bush faisait son discours d'adieu. Il s'est dit : "Putain de merde ! ("shit of a whore") Bush va avoir la une des journaux ("newspapers"). Je dois vite faire quelque chose ("something") pour qu'on ne parle pas de lui" ("him", enfin en principe, car "him", s'applique aux humains. Une commission spéciale étudie le cas de Bush pour savoir si on peut dire "him" pour ce... cette... enfin pas de substantif approprié défini pour le moment).
Le pilote a alerté discrètement les terroristes kamikaze palestiniens cachés sous les ailes près des réacteurs pour qu'ils les explosent, puis s'est posé sur l'Hudson.
Il a réussi ! Aucun journal ! Aucune télé ! Personne n'a parlé du discours de Bush !
Merci aux terroristes palestiniens.
15 janvier 2009
La question du temps en physique
J'ai presque terminé le petit livre d'Etienne Klein : "Le facteur temps ne sonne jamais deux fois".
Intéressant et décevant.
Décevant parce qu'il n'aborde pas le côté métaphysique de la question, le "sens" du temps, la différence entre écoulement perpétuel du temps et éternité qui sont deux choses totalement différentes. Il n'aborde pas la différence entre le temps cyclique des jours et des saisons figuré par le cadran solaire et le temps linéaire, lourd et pesant, figuré par le sablier qui donne même une image de fin des temps avec la fin de l'écoulement du sable. J'ai déjà traité ici toutes ces questions.
Par contre, il m'apprend énormément de choses sur un plan épistémologique, à savoir comment le temps était vécu par les physiciens et les mathématiciens dans l'histoire de ces sciences. Pour moi, il y avait le temps avant Einstein et le temps après Einstein. Eh bien non ! La grande révolution des idées date du XIXè siècle et de la thermodynamique.
Jusque là le paradoxe était grand. D'une part ce temps à l'écoulement continu et inexorable, le présent devient aussitôt passé qui reste à jamais passé, et l'avenir devient passé après avoir été fugitivement présent - on ne remonte son cours que dans les ouvrages de science-fiction - d'autre part toutes les lois mathématiques et physiques ignorent superbement le temps, elles sont pérennes et réversibles. Jusqu'à la thermodynamique, aucune équation ne rend compte d'une modification irréversible des choses dans le temps.
La thermodynamique montre que toute production d'énergie se fait d'une source chaude vers une source froide. La chaleur créée par la production d'énergie (qu'il s'agisse de l'eau de la machine à vapeur ou du frottement de deux silex) restera chaleur et ne fournira plus d'autre énergie, ou alors en respectant à nouveau le principe de la source chaude et de la source froide. Dans tous les cas, l'entropie du système croît, il est non seulement plus chaud mais moins organisé avec beaucoup moins "d'espaces de liberté" à venir.
C'est la première fois qu'une loi physique épouse le cours du temps. La croissance de l'entropie n'est pas réversible.
Si j'en parle ici, c'est parce que c'est à mon avis encore plus révolutionnaire comme évolution des idées sur le temps que la théorie de la Relativité.
14 janvier 2009
Journalistes tricheurs à TF1
Je me suis souvent élevé contre le manque de sérieux et parfois la malhonneté de certains journalistes.
Je copie ci-dessous cette info reçue par mail montrant la triche de TF1, souvent au palmarès de la désinformation honteuse.
Campagne
audiovisuelle sur la baisse des prix, le bidonnage de TF1
Dans un sujet du 1er
octobre, le 13 heures de Jean-Pierre Pernaut se penchait sur la chute des prix
des maisons et des appartements à Rennes. Comme il se doit, le reportage
montrait un agent immobilier et son client en train de visiter un appartement.
On peut y voir Guillaume Alexandre acheteur en quête d'un bien immobilier suivi
par son négociateur Pedro Vallejo. Le reportage met en avant la difficulté
d'acheter car les vendeurs ne baissent pas leur prix.
Après
quelques recherches sur Internet, on se rend compte que le Guillaume Alexandre,
est en fait agent immobilier à l'agence Rennes Sud.
<http://kermarrec.artwai.fr/achat/appartement/rennes-sud/num-A12316>
Bien sûr,
vous me direz, qu'un agent immobilier peut lui aussi se porter acquereur.
Mais alors que penser de son négociateur qui est en fait tout simplement son
responsable d'agence
<http://www.ouest-france.fr/2007/09/26/rennes/Kermarrec-s-installe-dans-le-Blosne-52092958.html>
?
Un bien
beau reportage bidonné de TF1 pris la main dans le sac.
Comment sont payés ces "acteurs" ? touchent-il une indemnité
d'intermittents du spectacle, ou sont-ils payés pour un travail
d'agent-immobilier ?
Quelle conclusion peut-on donner à ce reportage ?
A l'image de la communication sur la hausse des prix, on apprend ici que celle
sur la baisse des prix est aussi bidonnée.
Comment peuvent-ils prétendre que le marché immobilier est sain, alors qu'il y
a manifestement tromperie ?
Si notre presse est capable de fabriquer de faux reportages sur ce type
d'information, comment alors appréhender ceux dont les sujets sont un peu plus
sensibles ?
Que penser de tous les autres reportages que cette chaine et les autres
peuvent nous montrer ?
À votre
avis ? Sommes nous sous-informés ou tout simplement désinformés ?
Ces reportages ont encore de beaux jours
devant eux. Voyez plutôt le résultat du sondage suivant datant du 3 Octobre
2008:
La télévision est considérée comme le média qui
informe le mieux (61 %), loin devant la radio et la presse écrite (34%chacun).
Merci de faire suivre, et évitez vraiment les informations de TF1...







