oldgaffer

Billets et humeurs d'un médecin marin et écrivain

27 octobre 2008

Ecologie de rêve

Hop ! Un texte bien vert ! De la même couleur que les conneries que nous serinent les politiques de la même couleur et les journaleux toujours aussi remarquables ! Une partie des items ci-dessous ont pour source le coup de gueule d'un ingénieur EDF suite à un JT de 20 h sur TF1. On nous prend ici encore pour des cons.

On nous  a textuellement dit sur les étranges lucarnes :

Au lieu de laisser nos appareils en veille, éteignons les, on économise 15%.
Faux. 2 à 3% maxi.

Remplaçons nos ampoules traditionnelles par des ampoules basse consommation. Jusqu'à 35% d'économies.
Faux. 5% maxi, et encore. Ou alors vous vivez dans la maison héritée de votre grand père, il n'y a ni frigo, ni télé ni électroménager de quelque sorte.

Une fois que nous aurions fait ces 50% d'économies, on pourrait se contenter de panneaux solaires pour ce qui reste...
Vrai !!!!  A condition de pouvoir installer 140m2 de panneaux. Ne tombez pas dans ce panneau, il vous en coûterait près de 90000 €, si vous avez la place bien sûr.
Au fait, ces panneaux solaires si écologiques, ça coûte combien de CO2 pour les fabriquer? Et sait-on traiter les panneaux en fin de vie avec tous leurs métaux lourds?

Les éoliennes permettent d'avoir de l'énergie propre.

Ce n'est pas si évident que ça...

Comme je l'ai dit ici il y a déjà pas mal de temps, et n'en déplaise à H. qui a cru bon de me contredire à l'époque, l'éolienne est une farce attrape-nigaud :

  • Pour économiser le CO2 nécessaire à la fabrication d'une éolienne, il faut plusieurs années de rotation rapide des pales!
  • Il faut plus de 1300 éoliennes tournant en permanence dans un vent fort pour égaler la production d'une centrale nucléaire (2 MW contre 2600), soit, compte tenu des vents, des rendements et des pannes, plus de 10000 éoliennes !
  • Figurez-vous qu'en Picardie, dès qu'il fait froid, il n'en tourne plus qu'une sur six. Elles sont paralysées par le froid, et celle qui tourne tourne activement, mûe par de l'électricité pour que personne ne se scandalise de voir toutes les éoliennes immobiles par grand vent !
  • Le prix du KWh est 4 à 5 fois celui de l'atome.
  • Quand à leur aspect décoratif...

La liste de la connerie écologique (ça devient presque un pléonasme) est encore longue. Les biocarburants dont j'ai déjà parlé sont un piège à cons majeur avec de fort relents d'intérêts financiers des déforesteurs et autres magouilleurs spéculateurs.

Quant à la connerie des journaleux, c'est un mètre étalon en la matière pour paraphraser Jean Gabin dans "le Cave se rebiffe". La miss Evelyne Météo-TF1 nous a même conseillé un soir de ne pas trop pousser le chauffage dans nos voitures, pour préserver la planète. Le chauffage étant directement produit par la chaleur du moteur, il ne coûte rien en énergie ni en gaz à effet de serre. La chaleur du moteur est dirigée dans l'habitacle au lieu d'être évacuée à l'extérieur, c'est tout. Mettre le chauffage aide même au refroidissement et peut éviter au moteur d'avoir à recourir au ventilateur pour évacuer la chaleur, car là ça consomme.


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23 octobre 2008

Acomplia

Zut alors. Ils viennent de retirer l'Acomplia du marché. Moi j'aimais bien, même si ce n'était pas miraculeux j'ai perdu quelques kilos...

Je rachète ( pas cher) toutes les boîtes d'occase à vendre !


Au passage c'est une illustration de ce que je dis ci-dessous. Sanofi Aventis est certainement très loin d'avoir amorti son investissement sur ce produit, qui ne sera pas génériqué !

post scriptum : ouf ! les boîtes demandées au labo comme échantillons ont été expédiées avant le retrait du marché !

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22 octobre 2008

Génériques attrape-couillons suite

J'ai reçu plusieurs mails de lecteurs me demandant d'expliciter pourquoi les génériques sont un danger de santé publique.
Pour ceux qui ont la flemme d'aller chercher le texte très détaillé que j'ai écrit ici même le 15 novembre 2005, "Génériques attrape-couillons", je résumerai ainsi :

Les génériques ne sont pas la même chose que le médicament qu'ils copient pour plusieurs raisons :
Ils ne sont soumis à aucune étude et aucun contrôle d'efficacité ou de tolérance, celles faites pour le médicament copié suffisent.
Ils ne copient que le principe actif, ils font fi de la galénique, c'est à dire la façon de construire le médicament autour du principe actif.
Nous n'avons aucune certitude sur la quantité réelle de produit actif, ce n'est pas vérifié !
Nous n'avons aucune certitude sur l'innocuité de l'excipient.

Actuellement il s'avère que les génériques venus d'orient sont particulièrement suspects.

Une autre raison dont je ne comprends pas que les pouvoirs publics n'en aient pas conscience, est d'ordre économique. Un  laboratoire qui fait de la recherche y consacre souvent 20% de son chiffre d'affaires. Il doit protéger son médicament par un brevet dès le début des études. La commercialisation, quand elle intervient, ne le fait que huit à dix ans plus tard. Le médicament n'est plus protégé que pour cinq à sept ans avant d'être copié.

De plus, la recherche coûte très cher, et il arrive souvent qu'après dix ans et dix milliards (mettez la monnaie de votre choix, ça ne change pas grand chose) d'efforts, on jette le bébé et l'eau du bain à la poubelle, le médicament n'apportant pas le bénéfice thérapeutique escompté, ou bien ayant des effets secondaires rédhibitoires. La recherche implique des investissements colossaux avec des prises de risque énormes.

Donc, les laboratoires chinois et indiens, qui ne font progresser aucune recherche, n'engendrent aucun progrès, copient sans vergogne les médicaments qui ne sont plus protégés, et eux ne prennent aucun risque ni ne font aucun investissement sérieux.

A terme, nous verrons des laboratoires européens fermer, ruinés par ce pillage, pour peu qu'ils traversent une période creuse sans nouveau médicament rentable.

Les vampires généricards tuent la recherche et le progrès médical.

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21 octobre 2008

Génériques suite

Tout le monde connaît ici mon combat contre les médicaments génériques qui présentent un danger de santé publique.

Les américains se protègent et regardent de plus près que les français ce qu'il y a dans les génériques.

L'US Food Administration et la Federal Drug Agency viennent d'interdire 30 médicaments génériques de marque RANBASSY, fabriqués en Inde.

Il s'avère que des anomalies  ont été constatées dans les processus de stérilisation des produits et dans le nettoyage des équipements de fabrication.

Il y a deux ans que la FDA signale à RANBASSY qu'ils ne respectent pas les GLP (Good Laboratory Practices) mais les indiens n'en ont rien à cirer, ils inondent l'occident de leurs produits véreux.

En France on s'en fout, du moment que c'est moins cher et que la sécu fait des économies...

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20 octobre 2008

Pluie interdite à bord

Je suis mort de rire devant le courrier des lecteurs de la revue Bateaux de ce mois. Je partage le grand éclat de rire d'une lectrice, navigatrice tourdumondiste, qui apprend qu'elle vit dans l'illégalité la plus complète en récupérant de l'eau de pluie à bord lors de ses traversées, et surtout en la buvant et même en se lavant ! Toute récupération d'eau de pluie était interdite par la loi française, et ceci jusqu'au décret du 29 août dernier qui tolère cette récupération pour des usages domestiques extérieurs, et à la rigueur, à titre expérimental, pour le lavage du linge.

Mais interdiction de la boire (il n'est pas défendu de boire de l'eau de mer par contre) et de se laver avec !!!

Le motif invoqué par le décret (attention, grosse secousse de rire garantie, asseyez-vous et tenez-vous les côtes) :

"...une eau de pluie est une eau de pluie non traitée."

Là, l'argument est massue, effectivement, ça doit être dangereux...

Nos législateurs s'amusent bien de temps en temps... Comme quoi il y a des fonctionnaires qui travaillent, et ne sont pas nés de la dernière pluie.


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19 octobre 2008

F1 suspense conservé

Il faudra comme l'an dernier attendre le GP du Brésil pour connaître le champion du monde.

Hamilton impérial et dominateur, Raikkonen le seul à pouvoir le suivre - sans pouvoir en faire plus - et Massa à la ramasse attendant que Raikkonen serre le frein à main pour récupérer la deuxième place.

Une course chiante, il faut le dire. Le seul évènement intéressant, c'est le dépassement de Bourdais sur Coultard.

Un résultat amusant : Hamilton est exactement dans la même situation que l'an dernier, 7 points d'avance sur son rival, qui est désormais Massa et non Raikkonen.

D'un point de vue statique, on peut se dire que la situation est identique. D'un point de vue dynamique, c'est différent : Hamilton est en phase ascendante, il arrivera au Brésil sur une victoire et non comme l'an dernier sur un jeu d'enfant dans le bac à sable. Je ne vois pas - sauf casse mécanique - qui peut l'empêcher de terminer dans les cinq premiers au Brésil.

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15 octobre 2008

Témoignage

Certains vont encore me demander pourquoi je diffuse ce genre de "choses".

Je n'ai pas d'autre réponse que le texte lui-même. Je n'en connais pas l'auteur. Nous avons juste une connaissance commune qui m'a transmis ce témoignage par mail.

Je m'appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. A Genève je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m'occupe également du festival "De bouche à  oreille".

Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d'Avignon pour y découvrir des spectacles du " in " et du "off". Notre compagnie s'y est d'ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j'ai assisté à de nombreux spectacles.

Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d'une représentation d'une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l'ombre du Palais des Papes,en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d'acrobates.

A la fin de leur numéro, je m'avance pour mettre une pièce dans leurchapeau lorsque j'entends le son d'un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine, (j'y ai monté plusieurs spectacles et ai eu l'occasion d'y faire des tournées), je m'apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni. (Sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l'Ouest.)

A peine commencent-ils à jouer qu'un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subit des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d'année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j'étais plus âgé, que l'on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j'avais le droit de m'exprimer face à ce qui me semblait une injustice. J'aborde donc un des C.R.S et lui demande : « Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? » Réponse immédiate.
« Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes!
« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »
Regard incrédule. « Tes papiers ! »
« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »
« Mets-lui les menottes ! »
« Mais vous n'avez pas le droit de… »
Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.
« Tu vas voir si on n'a pas le droit.»
Et brusquement la scène a dérapé.

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma  fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé choqués alors qu'ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière  comme un poulet désarticulé et m'enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m'ont relevé et m'ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m'a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J'ai hurlé :
« Vous n'avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »
« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »
Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.

La foule horrifiée s'écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s'indignent,sifflent, mais personne n'ose interrompre cette interpellation d'une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu'à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l'horloge 500 m . plus bas. Là,  ils me jettent dans le véhicule, je tente de m'asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l'autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer. « S'il vous plait, n'appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »

« C'est pour ma sécurité. » Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu'au commissariat de St Roch.

Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j'ai l'mpression d'avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m'extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

Je vous passe les détails de l'interrogatoire que j'ai subi dans un état lamentable.
Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la  femme qui posait les questions.
« Vous êtes de quelle nationalité ? » « Suisse. »
« Vous êtes un sacré fouteur de merde »
« Vous n'avez pas le droit de m''nsulter »
« C'est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)
C'est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resterons gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l'on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS.
Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d'inhumanité plus sournoise. Je demande que l'on m'ôte les menottes qui m'ont douloureusement entaillé les poignets et que l'on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j'aurais  mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu'ici onne peut pas s'exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m'enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite.
Fouille intégrale. On me retire ce que j'ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
« Enlevez vos vêtements ! » J'ai tellement mal que je n'y arrive presque pas.
« Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d'oreille ! »J'essaye de l'ôter sans y parvenir.
« Je ne l'ai pas enlevée depuis des années. Elle n'a plus de fermoir. »
« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l'enlever, c'est tout ! »
Je force en tirant sur le lob de l'oreille, la boucle lâche.
« Baissez la culotte ! »
Je m'exécute. Après la fouille ils m'amènent dans une petite cellule de garde à vue. 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque
L'attente commence. Pas d'eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillé  de tâches de sang, d'urine et d'excréments. Un méchant néon est allumé en permanence.

Le temps s'étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m'empêche de dormir. J'ai l'mpression d'avoir le coeur qui pulse dans ma main. D'ailleurs alors que j'écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

J'écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m'est arrivé est  tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien  pires que ce que j'ai enduré. Je sais aussi que si j'étais noir ou arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C'est pour cela que j'écris et porte plainte. Car j'estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous le couvert de l'uniforme laissent libre cour à leurs plus bas instincts.
(Évidemment il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui  me semblent beaucoup trop fréquents.)

Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d'un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un  état de droit.  J'ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu'un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dansmes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l'envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d'action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu'augmenter l'insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d'une partie de la population (Des jeunes en particulier.) face à la Police. En polarisant ainsi la population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L'écriture et la parole. Durant les 16h qu'a duré ma détention. (Avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue.) Je n'ai vu dans les cellules que des gens d'origine africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d'aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d'une demi heure, personne ne venait. Il c'est mis à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit. »Qu'est ce qu'il y a ? » « J'ai besoin d'aller aux chiottes. » « Y a une coupure d'eau. » Mais j'ai besoin. » « Y a pas d'eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pigé. » Mon voisin qui n'est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu'il est malade, qu'il va faire ses besoins dans la cellule.  « Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »  Les coups redoublent. Une voix féminine lance d'un air moqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. » Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s'occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. « Hee bien, ils vous ont pas raté.C'est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu'on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. » J'aimerais la croire.

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m'ont interpelé. J'apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l'émeute et violence envers des dépositaires de l'autorité publique. C'est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontément ? Je raconte ma version des faits à l'officier. Je sens que sans vouloir l'admettre devant moi, il se rend compte qu'ils ont commis une gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement  libéré. J'erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je  trouve un avocat qui me dit d'aller tout de suite à l'hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d'attente, je lis un journal qui m'apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l'éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch j'ai pu lire qu'il allait être rénové pour 19 millions d'Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l'éducation. Pas de commentaires.

Je n'écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m'indigner. La plupart des Français auxquels j'ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d'autant plus choquant.

Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m'indigner face à l'injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C'est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n'en sommes bien évidement heureusement pas encore là.) Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d'écrire leur version des faits qui corroborent tous ce que j'ai dis. Ils certifient tous que je n'ai proféré aucunes insultes ni n'ai commis aucune violence. Les témoignages soulignent l'incroyable brutalité de l'intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J'ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d'énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n'ai pu en rassembler qu'une douzaine. J'espère toujours que peut être quelqu'un ai photographié ou même filmé la scène et que je parvienne à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c'est passé.

Après 5 jours soudain, un monsieur africain m'a abordé, c'était l'un des musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n'avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d'être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m'a dit qu'il habitait Grenoble, qu'il avait 3 enfants et qu'il était français. Qu'il viendrait témoigner pour moi.Qu'il s'appelait Moussa Sanou.
« Sanou , c'est un nom de l'ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »
« Oui. » Nous nous sommes sourit et je l'ai salué dans sa langue en Dioula.
Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l'auteur Mozambicain Mia Couto s'appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Je suis content d'avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore. La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.
Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race c'est moi. »
Invité à s'expliquer il ajouta
« Ma race c'est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité.
Chaque homme est une race, monsieur le policier. »

Patrick Mohr 28 juillet 2008

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Actualités

Je regarde les cours de la bourse plus ou moins distraitement. Quand j'étais gamin j'avais un jeu du même genre. On appelait ça le yoyo, le truc en bois du Japon avec la ficelle du même métal comme disaient les Charlots. Sauf que ça coûtait moins cher et qu'on s'amusait plus.

Sarko devrait être mis sous tutelle. Si on l'écoute, ça va être grave. Une Marseillaise sifflée, et le match doit être annulé. Déjà il s'arroge un droit qui appartient à l'autorité sportive, pas à l'État, ensuite, j'imagine 50000 spectateurs priés d'évacuer un stade où le spectacle est annulé. Sachant qu'en fout'bôle sur 50000 spectateurs il y a 49999 connards (oui, toi je ne compte pas), vaut mieux ne pas avoir garé sa voiture pas loin du stade. Mais Sarko mettra certainement 49999 flics à chaque stade.

Domenech maintenu. On veut vraiment la perdre cette coupe du monde, et même ne pas y être admis. Remarquez, vaut mieux économiser avant en n'y allant pas que dépenser en perspective d'une victoire probable comme en Corée et se faire virer comme des malpropres. On parle des Golden Parachutes (avec l'accent SVP), mais les fout'böleures qui se font virer comme ça, ils ne l'ont pas le golden parachute? Sans parler de celui de l'entraîneur. En cette période économique fastueuse, on ne va pas chipoter sur quelques millions d'euros par ci par là.

Les grands représentants syndicaux ont brillé ces jours derniers, à propos du plan de sauvetage voté par l'Assemblée, ils se sont indignés qu'on puisse mettre tant d'argent sur la table et ne pas répondre à d'autres revendications. Je me demande s'ils sont vraiment cons ou s'ils ont fait semblant. Quand on se porte caution, on ne met pas d'argent sur la table.

GP de F1 en Chine dimanche. Que vont inventer les commissaires pour favoriser Massa? Même la presse italienne, acquise entièrement à Ferrari, a jugé discutable la pénalité infligée à Bourdais lors de son accrochage avec Massa au Japon.

Il reste encore quelques coureurs du Tour de France qui n'ont pas été contrôlés positifs. Soit ils sont très forts pour tricher mieux que les autres, soit ils n'ont pas trouvé de pharmacie ouverte. Au fait, on teste quand en France les échantillons sanguins des sprinters jamaïcains?

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14 octobre 2008

La Crise

Dans la forêt de mails qui inonde tout un chacun - si tant est qu'une forêt puisse inonder, c'est en général l'inverse - j'ai trouvé le texte suivant, qui m'apparaît pertinent :

Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui
essayent encore de comprendre ......
_
Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de
Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses
fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue
durée. Vu qu’elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa
fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du
"calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, quant à
lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des
actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant
les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs
recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles
financiers imbitables.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché
actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses
de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les
garanties sont totalement inconnues de tous..... 
(c’est à dire, les ardoises  des ivrognes de Mme Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s’il
s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers
de 80 pays.

Jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet de
Bertincourt n’ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme. Ginette fait faillite.

Et le monde entier paye la dette

.

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12 octobre 2008

Ferrari encore la honte et Loeb le Seigneur

Je n'ai pas regardé la F1 ce week end, juste les résumés aux infos. Tant mieux. J'aurais encore été en colère. J'ai vu et revu à chaque bulletin d'info l'accrochage entre Bourdais et Massa. Là encore, je repose la question. Combien Ferrari paie pour que son adversaire soit pénalisé alors que c'est la Ferrari qui est en grand tort?

Dommage pour Bourdais, mais je ne crois pas qu'on ait voulu pénaliser Bourdais. On a voulu donner à Massa une chance imméritée de se rapprocher de Hamilton.

En Rallye, Loeb est plus ahurissant que jamais. Deux fois consécutives, Hirvonen grâce à des consignes d'équipe, arrive sur le podium alors qu'il n'aurait jamais dû y être, et Loeb plane à des années-lumière plus haut.

Admettons que par accident Loeb n'accède pas au titre cette année. A la place d'Hirvonen j'aurais honte de l'accepter, comme j'aurais déjà honte d'être là où je suis, deuxième, parce que les copains se sont arrêtés pour me laisser passer.

Loeb est LE grand champion dans toute sa plénitude. Rien ne lui fait défaut. Il a le talent avec lequel il écrase tout le monde - avoir battu Hirvonen à la régulière sur son terrain en Finlande est là pour l'attester, de même que quand il fut et reste le seul non scandinave à avoir gagné le rallye de Suède - mais il a aussi l'éthique. Personne ne lui a jamais offert une place qu'il n'a pas conquise à la force de son volant, lui.

Et la perle sur la couronne, c'est ce Rallye de Grand Bretagne, le seul qu'il n'a pas encore a son palmarès, qu'il a volontairement perdu, laissant la victoire à Peter Solberg, parce qu'il ne voulait pas arroser une victoire et un titre à la fin d'un rallye endeuillé par la mort d'un copilote.

Ce que, en formule 1, ni Schumacher, ni Senna n'ont été parce qu'ils auraient été incapables de cette éthique, Loeb l'est en rallye : un Seigneur.

Posté par oldgaffer à 14:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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