Les syndicalistes s'insurgent contre la franchise médicale plafonnée à 50€ par an. Ils arguent notamment de l'injustice que cette franchise soit la même pour tous.
Tant qu'on y est pourquoi pas ne réclament-ils pas le litre de gazole ou le kilo de sucre à prix variable selon les revenus?
Cette contestation n'est pas sérieuse.

Par ailleurs, outre le côté pécuniaire dans les recettes de l'état, cette franchise est psychologiquement salutaire. C'était l'esprit du ticket modérateur mis en place lors de la création de notre système d'assurance maladie. Ce ticket modérateur bien mis à mal par les mutuelles et par les exonérations.

Il est essentiel que chacun ressente que la santé a un coût. Le seul garde-fou à mettre en place est que personne ne se voie interdire l'accès aux soins faute de moyens. Et c'est en France que ce garde-fou est le mieux installé.

Le tiers-payant empoisonne la relation médecin-malade. Ne le payant plus, le patient considère le soignant comme un employé des Postes. L'efficacité même de la thérapeutique s'en ressent dans cette perversion de la relation médecin-malade.

Je me souviens d'un patient, arrivé très en retard à ma consultation, et me demandant de me dépêcher car il avait rendez-vous avec son notaire et que, lui, il ne pouvait pas le faire attendre.

Quand un patient trouve normal de mettre du fric dans les accessoires de sa bagnole ou son antenne satellite, mais surtout pas dans sa santé, c'est que le système est complètement perverti.